Archives de Tag: Musée sans Musée

Sleurs et le futur musée : pas au Citroën, plutôt rénover

Elke Sleurs (N-VA), la secrétaire d’Etat à la Politique scientifique, responsable entre autres des ESF, établissements scientifiques fédéraux (les grands musées, etc.) a envoyé lundi soir sa “Note de politique 2015”, intitulée “La Politique scientifique passe la vitesse supérieure”. On attendait un exposé plus précis, établissement par établissement, des annonces sur les procédures de nominations urgentes, etc. Mais la note reste souvent générale et Elke Sleurs renvoie la balle à 2015 avec des éléments plus précis qui seront pris sur la base d’une concertation entamée avec chaque ESF :
“J’ai déjà lancé la concertation avec les ESF afin de fixer leurs priorités. J’évaluerai les résultats de ce questionnaire en 2015 et l’implémenterai si nécessaire”.Le Futur musée. La question épineuse de l’implantation du futur nouveau musée d’Art moderne est abordée. On sait que la Région bruxelloise le veut au garage Citroën, près du Canal ; l’ancien ministre Stefaan De Clerck, président de Proximus, lançait la piste du palais de justice ; l’ancien bâtiment Vanderborght est aussi en piste. Mais Elke Sleurs balaie pour l’instant ces pistes “des médias” et privilégie celle de la rénovation des salles du musée actuel des Beaux-Arts (elle doit pour cela avoir l’appui de Jan Jambon, N-VA, responsable de la Régie des bâtiments). Elle écrit, sans citer le Citroën : “Le problème d’un musée d’Art moderne, contemporain et actuel, est connu de tous. Le musée existant a été fermé et vidé de son contenu en 2011. Cette décision était injustifiée : les artistes ont soudainement perdu une scène importante et le public, une collection appréciée. Plusieurs pistes sont aujourd’hui envisagées et avancées dans les médias : mais pour moi, celles d’autres bâtiments, considérés comme des enveloppes plus importantes que les collections qu’ils sont censés abriter, ne sont pas une priorité. Elles ne reposent pas sur une recherche préparatoire fondée de l’investissement initial et des coûts d’exploitation ultérieurs. C’est pourquoi on examine de quelle façon la collection d’art moderne des musées royaux des Beaux-Arts de Belgique pourrait de nouveau être intégrée dans ses bâtiments”.Le ministre- président de la Région bruxelloise, Rudi Vervoort (PS), a réagi: “Nous mettrons sur pied un Musée d’art moderne et contemporain, le long du canal, avec ou sans le fédéral”, nous a-t-il dit.

(…)

Réservé aux ABONNÉS.  http://www.lalibre.be/culture/politique/sleurs-et-le-futur-musee-pas-au-citroen-plutot-renover-5487030035707696bb016700

GUY DUPLAT. La Libre.  09 décembre 2014 

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Le mythique collectionneur flamand s’expose

(…) Le Tri Postal à Lille, près de la gare de Lille Europe, propose une formidable exposition de 150 œuvres contemporaines choisies parmi les 4000 œuvres de 18 collectionneurs venus de la seule grande région de Courtrai. Les immenses espaces du Tri Postal sont propices à ces œuvres souvent de grandes dimensions. On y retrouve Francis Alÿs, Michael Borremans, Gerhard Richter, Joseph Beuys, Louise Bourgeois, Thomas Schütte, Mike Kelley, Paul McCarthy, Dan Graham, Wim Delvoye, et tant d’autres (80 artistes) (lire ci-contre). Impressionnant. Comme pourrait être le musée d’art contemporain que nous n’avons pas. (…)

Les premiers exemples

Pourquoi tant de collectionneurs en Flandre et quelles sont leurs caractéristiques ? Il n’y a pas de réponses simples. Certes, la Flandre a une vielle tradition d’art et de collections depuis les Primitifs et Rubens. La Flandre catholique compte aussi bien plus de collectionneurs que les Pays-Bas protestants où on répugne à afficher sa richesse mais où fleurissent de très grands musées publics que la Belgique n’a pas. À part le Smak, sous l’impulsion de Jan Hoet, l’État a très peu investi dans l’art contemporain et quasi rien à Bruxelles et Liège.

(…) Philiep Libeert  juge qu’il n’y a « aucune vision en Belgique » et que, s’il doit un jour donner des œuvres, ce sera à la Tate. Lieven Declerck a déjà réglé tout et légué sa collection à ses enfants. Aucun musée belge ne pourra plus acquérir des collections pareilles. Raison de plus pour voir à Lille ce que Tanguy Eeckhout appelle « cette audace mentale, ce sentiment qu’ils ont de vivre pleinement l’aventure du monde de l’art avec la découverte de nouveaux talents (devenus entre-temps des vedettes) et d’être les premiers à acquérir leurs œuvres ».

 

Passions secrètes, collections privées flamandes, au Tri Postal à Lille, jusqu’au 4 janvier.  Infos: http://www.lille3000.eu

Le mythique collectionneur flamand s’expose.

GUY DUPLAT,  La Libre, vendredi 10 octobre 2014.

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L. Onkelinx, 4e ministre d’un Musée d’art moderne fermé

Musée sans Musée a écrit à Madame Onkelinx, le 1er octobre 2014

 

Madame la Ministre,

Vous êtes depuis peu et sans doute pour peu de temps encore, chargée de la Politique scientifique.

Vous êtes donc la ministre de tutelle des “musées fédéraux”, parmi lesquels les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.

Vous savez qu’au sein des Musées royaux se trouve un Musée d’art moderne fermé. Votre tutelle s’exerce donc sur un musée fermé ; de même, son directeur dirige un musée qu’il a pris l’initiative de fermer.

C’était en février 2011.

Depuis cette date, vous êtes la quatrième ministre en charge de la politique scientifique.

Depuis cette date, le public n’a accès qu’à une maigre sélection d’oeuvres des collections des 20e et 21e siècles.

Depuis trois ans et demi, les élèves et étudiants n’ont d’autres possibilités que de visiter des expositions ou musées onéreux et/ou loin de Bruxelles. Les collections des MRBAB ne seront réalistement pas exposées dans leur ensemble avant 2 ou 3 ans. Enfants et jeunes resteront donc pendant un cycle entier d’étude sans contact sensible avec l’art de ce temps et des décennies précédentes.

Par la fermeture du Musée d’art moderne et l’occultation des collections, les Musées royaux ne remplissent pas leur mission de service public au service des publics. Ils dérogent à leurs missions essentielles de présentation des oeuvres et de leur médiation.

Depuis février 2011, le collectif Musée sans Musée déplore cette situation consternante. Il demande le redéploiement immédiat et permanent de l’art des 20e et 21e siècles, quelles que soient les options futures,
ainsi qu’un large débat avec tous les partenaires concernés.

Musée sans Musée sollicite de votre part, Madame la Ministre, d’affirmer clairement et fermement que les publics sont au centre de vos préoccupations et que l’accessibilité de l’ensemble des collections reste une priorité.

Veuillez croire, Madame la Ministre, à l’assurance de notre considération distinguée.

 

P.S.         Ce courrier et la réponse que vous voudrez bien lui apporter seront communiqués à la presse. Ils seront publiés sur museesansmusee.wordpress.com, sur museumzondermuseum.wordpress.com et sur www.facebook.com/msm.mzm.

 

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« Bruxelles a quasi acheté le futur musée d’art moderne »

COLLEYN MATHIEU. La Libre. 03 septembre 2014. 

 

Commentaire de MsM :

1. Inscrire – au crayon – que l’ouverture est prévue en 2017… 

2. Retenir que « Tout est encore à discuter ».

3. Savoir que la finalisation de ce projet dépendra de la bonne entente entre la Région et le fédéral

4. Observer que  l’objectif est de développer le tourisme dans la capitale… 

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Musées d’Art moderne au Citroën: pas sûr…

ARTS VISUELS

On sait que la Région bruxelloise veut installer le musée d’Art moderne, fermé depuis trois ans, au magnifique garage Citroën près du Canal. Mais aucune étude de faisabilité et de coût n’a encore été faite. On sait que le Kaaitheater proche, il y a quelques années, a voulu d’étendre vers le Citroën mais se heurta à un passif lourd de sols pollués par 80 ans de garage (huiles).

A la Région et au Musée des Beaux-Arts, on n’est au courant de rien et, si souci il y a, ce serait à charge de Citroën. Il y a aussi la difficulté de concevoir un musée derrière ces immenses baies vitrées du show-room.

A suivre. Et on reparle de regarder d’abord du côté des salles vides du musée, rue de la Régence, attendant les travaux de la Régie des bâtiments.

Musées d’Art moderne au Citroën: pas sûr….

GUY DUPLAT – La Libre – 02 septembre 2014.

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L’inconnu

L’inconnu

Cela reste toujours le brouillard pour la réouverture réclamée de toute part, du musée d’Art moderne. On a maintenant deux lieux d’implantation annoncés pour le même projet dont aucun n’est idéal: dans les anciens établissements Vanderborght (coût : dix millions d’euros) ou dans le magasin Citroën, magnifique « bateau » Art deco près du Canal, à Bruxelles. C’est ce lieu que privilégie la Région bruxelloise, mais il faut encore faire des études de faisabilité pour implanter un musée dans un show-room, et chiffrer les coûts. En attendant, on maintient les « deux fers au feu ».

Inconnue toujours, pour l’avenir même des musées fédéraux. On sait que la version « hard » du plan de Philippe Mettens (le président de l’administration de la politique scientifique) d’un « Pôle Art » à direction unique et fusion des collections a été rejeté par l’ancien secrétaire d’Etat à la Politique scientifique, Philippe Courard, jugeant l’idée de « Pôle » en butte à trop d’oppositions internes et externes. En attendant, on a nommé un nouveau directeur ad interim au Cinquantenaire, Eric Gubel, et on attend les nominations de directeurs définitifs au Cinquantenaire et à l’Irpa (le patrimoine artistique). Mais surtout, on attend ce que la future coalition « suédoise », si elle se fait, dira de l’avenir de nos institutions culturelles fédérales. Ces dernières années, le ministre de tutelle et le directeur de l’administration étaient tous deux PS. Que se passera-t-il demain avec peut –être un ministre flamand ? Le CD&V et la NV-A ont déjà annoncé qu’ils voulaient, au lieu de « Pôles », au contraire, accorder une plus large autonomie aux institutions et les lier davantage aux politiques culturelles des Communautés. Un dossier à suivre.

« Toutes les expos de l’automne à ne pas rater« 

GUY DUPLAT, La Libre,   mercredi 27 août 2014 

 

Le 20 août 2013, on lisait 

Nouveaux musées

Du côté des nouveaux lieux à découvrir, l’événement de l’automne sera l’ouverture, enfin, du « Musée fin de siècle », au musée des Beaux-Arts à Bruxelles, dans l’ancien musée d’Art moderne. Prévue initialement pour le 7 mai 2013, cette ouverture, pour des raisons budgétaires et techniques, a été reportée au 6 décembre. Par contre, cela reste toujours le brouillard pour la réouverture, réclamée de toutes parts, du musée d’Art moderne. On ne sait pas encore si le projet de l’installer dans les anciens établissements Vanderborght pourra bien se faire (coût : dix millions d’euros). Inconnue aussi pour l’avenir de ce musée : y aura-t-il un nouveau musée d’Art moderne et contemporain ? Et où ?

Inconnue toujours, avec le lancement, sans cesse reporté, des appels à candidatures pour la direction des musées regroupés par « pôles ». Le dossier, controversé, sera à nouveau sur la table du gouvernement en septembre.

« Nouveaux musées.  »

DUPLAT GUY, La Libre,  mardi 20 août 2013

 

MsM : Pas de doute, on y voit beaucoup plus clair !! 

 

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Michel Draguet: « Cet art moderne doit être exposé au grand jour »

MOMA à New York, Beaubourg à Paris, SFMOMA à San Francisco : le musée d’Art moderne est l’un des phares d’une capitale, d’une métropole. C’est une question de rayonnement : « Le Guggenheim a donné une fierté aux habitants de Bilbao. Une vie est née alors qu’auparavant Bilbao n’était vue que comme victime du franquisme. »

Ces propos sont de Michel Draguet, l’homme qui, le 1er février 2011, a fermé le musée d’Art moderne de Bruxelles… Avec l’idée de mieux mettre cet art en évidence. A n’y rien comprendre ? Dirigeant les musées royaux des Beaux-Arts de Belgique depuis bientôt dix ans, Michel Draguet est passionné d’art moderne. Dans « Les origines de l’art abstrait », sa thèse de doctorat à l’ULB, il s’est concentré sur l’avant-garde russe et sa manière d’abstraire du réel une autre figuration. « Ces artistes ont ouvert un sans objet. Cela relevait de ce qu’on appelle une culture de la transformation du réel, une culture de gauche. »

La tentation totalitaire

Puis est apparue une critique de la modernité. Les avant-gardes ont alors été vues comme des mouvements totalitaires, à l’image de Kasimir Malevitch excluant Marc Chagall de l’Ecole artistique de Vitebsk (Biélorussie) pour imposer un mouvement dont le nom parle de lui-même : le Suprématisme. De l’autre bord, le Futurisme italien embrassa le fascisme. « Il y a une tentation du totalitarisme comme dans les religions révélées » , relève Michel Draguet.

De là, selon lui, le désamour pour l’art moderne. A Bruxelles, le trait est vite tiré : un musée d’Art moderne est décidé en 1962 et inauguré en 1984. Des travaux ont été réalisés en 1989, et puis rien d’autre qu’une lente décrépitude.

A son arrivée, il y a neuf ans, Michel Draguet a vu les choses autrement. Pour lui, l’ancien musée, où le XXe siècle se trouvait au niveau – 8, était « le reflet du déficit d’amour pour la question de la modernité. Cet art moderne doit être exposé au grand jour ».

Début 2011, le musée d’Art moderne a été vidé pour travaux, avant de devenir, fin 2013, le musée Fin-de-Siècle. Celui-ci couvre la période de 1869 à 1914, « le moment de la modernité en Belgique ». En 2009, était né le musée Magritte, « qui pose le problème du rapport de la vie à l’œuvre » , la question biographique.

Reste la question, toujours brûlante, de l’art moderne – de 1914 à nos jours – et de son implantation dans le paysage bruxellois. Michel Draguet est clair là-dessus : « Le politique gère ces questions. Le musée est l’exécution d’une décision issue de la représentativité du peuple » , dit-il. A partir de là, les idées fusent, comme celle d’une construction nouvelle au-dessus de la partie à ciel ouvert des tunnels routiers passant sous le Cinquantenaire. Deux problèmes étaient résolus en un : la pollution du site par la circulation automobile et la visibilité européenne de l’art moderne.

Solutions toutes faites

D’autres solutions existent, toutes faites, comme celle des anciens magasins Vanderborght, en centre-ville, au bout des Galeries de la Reine. Construits entre 1932 et 1935, ils offrent une superficie de 7 000 m², comparable à celle de l’ancienne implantation du musée. Mais cela heurte l’une des idées de Michel Draguet : « Notre collection tient dans le Vanderborght, sans pouvoir donner la mesure d’une belle interdisciplinarité. »

La question de la superficie serait résolue par la proposition de la Région bruxelloise : l’immeuble Citroën, place de l’Yser, offre en l’état actuel une superficie de 16 500 m². Inauguré en 1934, il est, lui aussi, de par son architecture moderniste, une sorte de mise en abyme du futur contenu, l’art d’après-1914.

Car un musée n’est pas qu’un bâtiment, mais surtout une idée. « Le musée est un espace de méditation spirituelle et de questionnement à travers les œuvres d’art, dit Michel Draguet. Dans mon musée imaginaire, Marcel Broodthaers a une place importante. Il est le premier grand témoin du basculement de l’art vers le discours. Suite à quoi une autre logique a pris le pas : celle du marché ! »

La logique de l’inspecteur des Finances

Entre-temps, les musées royaux des Beaux-Arts sont devenus une entreprise : « L’inspecteur des Finances fonctionne avec une logique économique. » Sur une dotation annuelle de 4,9 millions d’euros, l’institution doit économiser un demi-million. « Et, pour entrer dans un lieu quel qu’il soit, on doit avoir 375 000 visiteurs. C’est notre réalité. Est-ce logique de demander cela à une institution culturelle ? », s’interroge Michel Draguet.

Un directeur qui ne cache pas son inquiétude face à l’arrivée d’une nouvelle majorité fédérale très droitière, généralement peu favorable à la culture. « Je viens d’une université où l’on pratique le libre examen, où l’on ne juge pas avec des a priori. Mais j’ai ma propre éthique, ma vision des choses. Un musée est un endroit d’émerveillement, fédérateur par nature. Nous ne travaillons pas contre, nous n’avons pas un discours de rejet. »

La Libre – DOMINIQUE SIMONET – mardi 05 août 2014.

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