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Elke Sleurs et son big bang des institutions culturelles

Elke Sleurs, secrétaire d’Etat N-VA à la politique scientifique a expliqué vendredi (NDLR 11 décembre 2015) pour la première fois sa politique. Elle est en charge des 10 établissements scientifiques fédéraux, les ESF: les musées des Beaux-Arts, Tervuren, Sciences naturelles, Cinquantenaire, Irpa et la Bibliothèque royale, Archives, IRM, Observatoire, IAS. Elle a profité pour cela de la remise du rapport Els Witte (professeur à la VUB) sur les ESF.

Dans la longue polémique sur l’avenir du musée d’Art moderne fermé depuis près de 5 ans, Elke Sleurs a été très claire. Pas question de replacer ces collections d’Art moderne, dans l’ex-garage Citroën acquis par la Région bruxelloise et qui n’est, dit-elle, « absolument pas adéquat pour un musée m’ont dit les bouwmeesters et les experts. Un garage n’est pas un musée ». Pas question non plus comme le prévoyait le précédent gouvernement, de les placer dans les ex-magasins Vanderborght que la ville de Bruxelles va d’ailleurs revendre. Plus question non plus, de les replacer dans le nouveau Musée fin-de-siècle comme elle l’avait elle-même évoqué.

Elle veut rouvrir, dit-elle, le musée d’Art moderne dans 3000 m2 actuellement inoccupés. Ce sont des bâtiments de la rue de la Régence qui seront rénovés par la Régie des bâtiments. Il semble que cela suffise et ne nuirait pas aux projets des départements d’Art ancien du musée. De manière ironique, Sleurs souligne qu’elle, pourtant N-VA, se bat pour garder au fédéral, les collections !

Faire comme Bozar

Plus généralement, Sleurs veut autonomiser chaque institution (le total contraire de la politique du gouvernement précédent et de Philippe Mettens, le chef de l’administration de la Politique scientifique, évincé par Sleurs qui voulait les centraliser).

Suivant l’exemple de Bozar qui a le statut d’une société anonyme de droit public à finalité sociale, elle veut donner à chacune la personnalité juridique et les regrouper ensuite en « cluster » (groupes d’institutions mais sans expliquer encore quels seront ces « clusters »). Il y aura un conseil d’administration autonome par « cluster » qui négociera un contrat de gestion spécifique avec l’Etat. Ces C.A. seraient ouverts à d’autres partenaires comme les Régions et Communautés.

Cogestion dans le futur ?

Elke Sleurs a aussi évoqué l’avenir institutionnel de ces ESF. Elle veut les maintenir sous cette législature, dans le statut fédéral actuel. Même si, dit-elle, elles possèdent un know-how qui n’est que partiellement utilisé faute d’accord plus étroit avec les Communautés. Mais pour la prochaine législature, elle, et donc la N-VA, ne ferme aucune porte.

Elle réfute qu’il y aurait un danger de diviser les collections des musées entre les Communautés comme cela s’est passé avec la bibliothèque de l’UCL en 1968. Les collections resteront bien entières. Mais, dit-elle, ces institutions fédérales pourraient à l’avenir, être directement cogérées par les entités fédérées (ce que celles-ci refusent nettement).

Notons enfin que le rapport Els Witte commandé par les Académies flamandes et non pas par Elke Sleurs, fait un résumé du débat sur les ESF en étant particulièrement assassin contre Michel Draguet, le directeur du musée des Beaux-Arts, citant surtout, à charge, les attaques venues de la N-VA contre lui. Els Witte évoque d’ailleurs à demi-mot, le vrai feuilleton qui oppose dans ces dossiers la Région bruxelloise et le PS, au fédéral et à la N-VA.

 

GUY DUPLAT. La Libre.   vendredi 11 décembre 2015.

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A Bruxelles, le Musée d’art moderne est fermé depuis 4 ans.

COMMUNIQUE de MsM/MzM – 8 février 2015

Le mouvement citoyen Musée sans Musée/Museum zonder Museum existe depuis quatre ans. Il est né de l’indignation suscitée par la mise au placard arbitraire – en février 2011 – des collections d’art moderne et contemporain au sein des Musées royaux des Beaux-Arts à Bruxelles.

Enseignants, artistes, travailleurs de la culture et autres nombreux citoyens et citoyennes jugent cette fermeture insensée et contraire à toutes les missions qui incombent aux MRBAB : la conservation, la présentation et la médiation la plus large des œuvres qui lui ont été confiées.

La fermeture du Musée d’art moderne prive depuis quatre ans tous les publics d’une collection de grande qualité. Nous pensons particulièrement aux jeunes, élèves de l’enseignement obligatoire ou étudiants en arts, contraints de s’en remettre aux institutions muséales provinciales ou étrangères. Situation indigne à l’heure où les institutions culturelles, ici et ailleurs, rivalisent d’inventivité pour mettre leur patrimoine à la portée des publics les plus divers.

MsM/MzM conteste aussi, avec vigueur, la logique récente des « musées pastilles » : Musée Magritte, Musée Fin-de-siècle (appellation désolante). Nous souhaitons que la réintégration envisagée des collections 20e et 21 e siècles dans les salles du Musée s’accompagne de la restauration d’un récit muséal cohérent, pertinent voire audacieux. C’est l’exigence première d’une institution culturelle publique de ne pas inféoder toute sa politique muséale à des visées plus commerciales que scientifiques. Les centres privés d’art contemporain se multiplient à Bruxelles. Cette émergence serait plus positive si elle complétait une offre muséale publique de qualité.

Madame Elke Sleurs est la cinquième personne en charge de la politique scientifique depuis 2011. Ses prédécesseurs n’ont pas dépassé la déclaration d’intention. La Secrétaire d’Etat insiste sur la nécessaire participation des Etablissements scientifiques fédéraux aux efforts d’assainissement budgétaire. Mais pour MSM/MZM, les MRBAB ont surtout un urgent besoin de réinvestissement muséal : gestion des bâtiments, rénovation, modernisation, qualité des services au public, etc.

Les éléments qui filtrent vont, nous semble-t-il, dans le sens de nos préoccupations.

MsM/MzM rappelle ses demandes, inchangées depuis février 2011. Elles concernent essentiellement le Musée d’art moderne, même si ce dossier est loin d’être le seul à être en souffrance aux MRBAB.

  • la réouverture rapide du Musée d’art moderne c’est-à-dire la présentation au public et dans les meilleures conditions muséales, des collections soustraites à son regard depuis 2011.
  • La mise en œuvre rapide d’une solution temporaire de qualité dans l’attente de la réinstallation définitive.
  • Une réflexion de fond – colloque ou consultations – à conduire avec toutes les parties susceptibles d’y contribuer (y compris hors de l’institution) sur les enjeux d’un musée d’art moderne national à Bruxelles. Y associer un travail sur la prospective : poursuite de la logique des « musées dans le Musée » ou mise en oeuvre d’une autre cohérence ?
  • L’information précise et continue de l’opinion publique quant aux évolutions du dossier : une manière de sensibiliser celle-ci aux questions de politique culturelle. Un devoir donc, pour le politique.

Les récents débats autour des restrictions budgétaires dans le champ culturel ont permis de redire combien l’activité culturelle, outre qu’elle génère du sens et du lien – et ce n’est pas un détail dans le contexte actuel – est aussi, par ses retombées, une source puissante d’activité économique. Un musée dont la majeure partie des œuvres se trouve dans les réserves ne peut évidemment pas prétendre à cette dynamique.

Nous plaidons donc pour une solution qui, avant février 2016, soit 5 ans après sa fermeture, rende au Musée d’art moderne la place qui lui est due au sein des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.

Pour MSM-MZM,

Les milliers de personnes qui ont signé la pétition remise au ministre P. Magnette le 1er février 2011, celles qui ont participé régulièrement aux manifestations aux Musées et parmi elles de nombreux étudiants en art, celles qui suivent l’actualité du Musée d’art moderne via les blogs de Musée sans Musée et de Museum zonder Museum et via facebook…

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NOTE DE POLITIQUE GÉNÉRALE. 2015

CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS DE BELGIQUE, 8 décembre 2014, NOTE DE POLITIQUE GÉNÉRALE. La Politique scientifique

LA POLITIQUE SCIENTIFIQUE PASSE LA VITESSE SUPÉRIEURE

Introduction

La politique scientifique englobe la recherche scientifique fondamentale et appliquée, mais également les collections d’objets d’art et d’histoire naturelle, les artefacts, livres et documents. Une politique scienti- fique bien étayée peut former un moteur du pays et, par une collaboration internationale énergique, susciter une réelle dynamique. Les points d’action d’une telle politique scientifique globale dynamique en 2015 comprennent entre autres: devenir un acteur entreprenant à l’échelle nationale, mais également régionale et internationale; nouer des alliances avec d ’autres établissements scientifiques, le monde de l’enseignement et des entreprises; organiser une concurrence constructive entre les différents acteurs scientifiques; opter résolument pour le développement du talent et les industries créatives et favoriser l’intégration active des instituts dans leur environnement.

A. — LES ÉTABLISSEMENTS SCIENTIFIQUES FÉDÉRAUX

1. Recherche

Par notre politique, nous renforcerons la position des Établissements Scientifiques Fédéraux (ESF). Ils seront le moteur de la politique scientifique. Nous nous engageons fortement au profit de la recherche fondamentale. Les ESF, à leur tour, doivent pouvoir affirmer leur statut d’organismes modernes et d’inter- locuteurs crédibles.

La collaboration entre les ESF améliorera leur efficience et leur performance, mais renforcera également leur expertise scientifique ainsi que leur savoir destiné au grand public. L’exposition en cours aux Musées Royaux d’Art et d’Histoire, consacrée à l’art rupestre de la grotte de Lascaux, est un bel exemple de col- laboration entre cet ESF, l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique et un partenaire privé étranger. L’exposition présente les collections archéologiques et atteste des connaissances scientifiques des deux établissements. On s’efforcera de développer le par- tage des connaissances dans le même état d’esprit. Les ESF deviendront des plates-formes de rencontres et d’échanges d’informations entre établissements scientifiques et autres institutions.

J’ai déjà lancé la concertation avec les ESF afin de fixer leurs priorités. J’évaluerai les résultats de ce questionnaire en 2015 et l’implémenterai si nécessaire.

2. Numérisation

Les musées fédéraux détiennent de vrais trésors scientifiques et culturels. Mais tant qu’ils ne sont pas consultables sur Internet, ils sont pour ainsi dire inexis- tants pour l ’ensemble de la société.

L’implémentation du programme Digit 03 sera poursuivie, de façon à accélérer le processus de numérisa- tion des collections fédérales. Il facilite la consultation et garantit surtout la protection d’œuvres et de pièces fra- giles ou anciennes. Je songe notamment aux nombreux manuscrits et enluminures précieux de la Bibliothèque Royale de Belgique.

Le système Open Access vise à mettre en ligne les publications scientifiques afin qu’elles soient consultables plus facilement et par le plus grand nombre. En cas d’évaluation positive, le projet pilote sera encore étendu en 2015 à d’autres ESF, pour que leurs publications puissent également être mises en valeur et les résultats de recherches diffusés de façon plus ciblée.

3. Collaboration internationale

Les ESF contribuent au rayonnement international de notre patrimoine scientifique et culturel. L’Institut Royal du Patrimoine Artistique se profile comme un acteur international qui collabore également avec les instituts des autres niveaux de politique en Belgique. Le projet de restauration de l’Agneau Mystique illustre parfaitement l’encadrement efficace mené par des spécialistes nationaux et internationaux. Le processus de restauration au musée des Beaux-Arts de Gand est en outre visible par le grand public, ce qui crée une plus-value éducative, mais aussi publicitaire.

Les ESF qui ont une fonction muséale lanceront des projets d’exposition s’appuyant sur leurs propres collections, dont la spécificité et la haute qualité sont reconnues. Ces projets artistiques belges doivent également pouvoir être exposés par des musées étrangers. Cela renforcera l’image des ESF et permettra de réaliser des économies financières. Des colloques consacrés à des sujets pour lesquels les chercheurs des ESF sont réputés mettront le travail scientifique des chercheurs des différents ESF en valeur à l’échelle internationale. (…)

4. Activités pour le public

La recherche fondamentale et la recherche appliquée ont une valeur économique, mais également sociétale. Elles aboutissent à des réalisations qui améliorent à la fois la cohésion et les conditions de vie matérielles de la société. Les sciences humaines jouent ici un rôle de premier plan: elles renforcent l’être intérieur au niveau sensoriel, intellectuel et émotionnel.

Les Établissements Scientifiques Fédéraux doivent assumer des missions sociales et légales. L’ouverture au public en est une, et non des moindres. Les groupes plus précaires doivent continuer à pouvoir compter sur cette attention spécifique.

Cette ouverture au public peut prendre différents visages. Communication, promotion, marketing, contacts avec la presse et relations publiques, éducation, diffusion d’informations, muséologie, accueil, tourisme, événements: autant de domaines qui en font partie. Ils amènent le visiteur à réfléchir sur le patrimoine, la nature, l’art et la culture, dans un esprit d’humanisation et de création de sens. Ces deux notions sont étroitement imbriquées à la fois dans l’enseignement, la recherche et la société. Les ESF détiennent à ce niveau les connaissances requises. J’inciterai les ESF en 2015 à poursuivre leur ouverture au public, dans un cadre budgétaire plus restreint. Les grands événements publics de qualité permettent aux initiatives plus modestes de continuer à vivre. Avec les directeurs des ESF, je veillerai à ce que les moyens disponibles à des fins éducatives soient affectés de façon rationnelle. Le questionnement critique quant à la finalité des activités doit être permanent.

5. Patrimoine immobilier

Les bâtiments hébergeant les différents Établissements Scientifiques Fédéraux sont des témoins de l’histoire et de la grandeur de notre pays, mais leur état actuel est souvent déplorable. Le patrimoine classé doit être restauré aussi rapidement que possible. Nous avons l’obligation de protéger ce patrimoine pour les générations actuelles et ultérieures, afin de pouvoir à nouveau exposer et conserver sans risque les œuvres d’art, documents, objets de sciences naturelles et autres. Ainsi épargnés des contrariétés, les visiteurs et les membres du personnel pourront consacrer leur attention aux pièces d’exposition de valeur. Une première réunion avec le ministre chargé de la Régie des Bâtiments, consacrée à cette problématique, a déjà eu lieu.

L’accord de gouvernement stipule en outre que “La rénovation et l’entretien des infrastructures de valeur existantes ont priorité sur les nouvelles initiatives.”

Le problème d’un musée d’art moderne, contemporain et actuel est connu de tous. Le musée existant a été fermé et vidé de son contenu en 2011. Cette décision était injustifiée: les artistes ont soudainement perdu une scène importante et le public, une collection appréciée. Plusieurs pistes sont aujourd’hui envisagées et avan- cées dans les médias: mais pour moi, celles d’autres bâtiments, considérés comme des enveloppes plus importantes que les collections qu’ils sont censés abriter, ne sont pas une priorité. Elles ne reposent pas sur une recherche préparatoire fondée de l’investissement initial et des coûts d ’exploitation ultérieurs. C ’est pourquoi on examine de quelle façon la collection d’art moderne des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique pourrait de nouveau être intégrée dans ses bâtiments.

La préservation du patrimoine architectural de valeur ne va pas sans rénovation ni modernisation. Le Musée Royal d’Afrique Centrale en est un excellent exemple. Cet établissement prépare impatiemment sa réouverture en 2017, après des années de préparation fertile. Cet institut renommé a développé une vision claire pour traduire ses idées envers le grand public. Il montre qu’un ESF est en mesure de mener à bien un projet complexe par le biais d’une méthode bien planifiée.

L’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique procède à la rénovation systématique de ces salles en suivant une vision bien établie.

6. Situation financière et perspectives

Décidée à continuer d’assumer ses engagements financiers envers la politique scientifique, l’autorité fédé- rale ne peut néanmoins cacher qu’il faudra se montrer plus parcimonieux envers les moyens publics. Je suis malgré tout convaincue que des mesures judicieuses permettront d’améliorer la qualité et l’efficacité de la recherche et de l’ouverture au public.

En faisant une nouvelle fois confiance au secteur privé, je compte à nouveau encourager sa participation au financement de la politique scientifique. Par des accords administratifs, les ESF seront entraînés à prendre des initiatives en ce sens. Dans ce cadre, je veux valoriser le mécénat par un positionnement plus constructif des autorités fédérales et des ESF.

Les canaux de financement traditionnels, comme le sponsoring et le sponsoring médiatique, devraient idéalement évoluer vers des partenariats structurels durables basés sur le long terme. La confiance mutuelle peut être mieux soutenue et en sortir renforcée.

Une forme plus modeste de collecte de fonds, comme la méthode de crowdfunding, ouvre des opportunités pour impliquer davantage le grand public au fonctionne- ment des Établissements Scientifiques Fédéraux. Une étude du bureau de consultance KPMG du 27 novembre dernier en a d’ailleurs révélé le potentiel.

7. Le SPP Politique Scientifique et les Établissements Scientifiques Fédéraux

Supprimer le Service Public de Programmation Politique Scientifique ne signifie nullement rogner sur la recherche scientifique, bien au contraire.

Nous voulons tisser une relation de confiance entre les autorités fédérales et leurs instituts scientifiques. En ce sens, nous supprimons des structures adminis- tratives superflues et évoluons vers des organisations modernes et transparentes. Par les accords administratifs conclus à cet effet, nous accordons l’autonomie nécessaire en échange d ’objectifs clairement définis. Nous faisons ainsi confiance au management pour mener une politique rationnelle. En outre, l’expertise du personnel sera pleinement estimée et mise en valeur.

Un dialogue avec les directeurs généraux des Établissements Scientifiques Fédéraux nous permettra de dresser l’état de leur fonctionnement, leurs ambitions, leurs besoins et leurs préoccupations. La spécificité de chaque ESF sera respectée. Ils auront la possibilité de devenir des instituts du XXIe siècle et d’optimaliser leur ancrage sociétal. Nous attendons surtout de chaque direction des efforts pour résoudre ensemble les problèmes, faire prospérer chaque établissement et en améliorer la performance. C’est une nette rupture avec le passé.

(…)

Conclusion

La politique scientifique fédérale se trouve devant de grands défis. Des choix clairs exprimés dans cette note de politique permettront, avec le soutien de tous les ac- teurs, d’opérer à court terme le revirement nécessaire. Il doit être clair pour chacun que la politique scientifique est une priorité pour ce gouvernement.

La secrétaire d’État à la Politique Scientifique, Elke SLEURS

 

http://www.dekamer.be/FLWB/PDF/54/0588/54K0588036.pdf

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L. Onkelinx, 4e ministre d’un Musée d’art moderne fermé

Musée sans Musée a écrit à Madame Onkelinx, le 1er octobre 2014

 

Madame la Ministre,

Vous êtes depuis peu et sans doute pour peu de temps encore, chargée de la Politique scientifique.

Vous êtes donc la ministre de tutelle des “musées fédéraux”, parmi lesquels les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.

Vous savez qu’au sein des Musées royaux se trouve un Musée d’art moderne fermé. Votre tutelle s’exerce donc sur un musée fermé ; de même, son directeur dirige un musée qu’il a pris l’initiative de fermer.

C’était en février 2011.

Depuis cette date, vous êtes la quatrième ministre en charge de la politique scientifique.

Depuis cette date, le public n’a accès qu’à une maigre sélection d’oeuvres des collections des 20e et 21e siècles.

Depuis trois ans et demi, les élèves et étudiants n’ont d’autres possibilités que de visiter des expositions ou musées onéreux et/ou loin de Bruxelles. Les collections des MRBAB ne seront réalistement pas exposées dans leur ensemble avant 2 ou 3 ans. Enfants et jeunes resteront donc pendant un cycle entier d’étude sans contact sensible avec l’art de ce temps et des décennies précédentes.

Par la fermeture du Musée d’art moderne et l’occultation des collections, les Musées royaux ne remplissent pas leur mission de service public au service des publics. Ils dérogent à leurs missions essentielles de présentation des oeuvres et de leur médiation.

Depuis février 2011, le collectif Musée sans Musée déplore cette situation consternante. Il demande le redéploiement immédiat et permanent de l’art des 20e et 21e siècles, quelles que soient les options futures,
ainsi qu’un large débat avec tous les partenaires concernés.

Musée sans Musée sollicite de votre part, Madame la Ministre, d’affirmer clairement et fermement que les publics sont au centre de vos préoccupations et que l’accessibilité de l’ensemble des collections reste une priorité.

Veuillez croire, Madame la Ministre, à l’assurance de notre considération distinguée.

 

P.S.         Ce courrier et la réponse que vous voudrez bien lui apporter seront communiqués à la presse. Ils seront publiés sur museesansmusee.wordpress.com, sur museumzondermuseum.wordpress.com et sur www.facebook.com/msm.mzm.

 

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Réponses des partis politiques aux questions de MsM

MsM a interrogé les partis politiques à propos des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique et de la fermeture du Musée d’art moderne.   Cinq  partis francophones ont répondu. (Le PTB-Go a manifesté son intérêt mais n’a pas répondu, Vega non plus.) Les réponses des partis néerlandophones sont publiées sur le blog Museum zonder Museum.

Pour mémoire, le Musée d’art moderne a été fermé par son directeur en février 2011, dans une période où le gouvernement fédéral gérait les affaires courantes ; la tutelle sur la politique scientifique était alors exercée par Sabine Laruelle (MR). En décembre 2011, la politique scientifique fédérale revient au ministre Paul Magnette (PS) ; le secrétaire d’Etat Philippe Courard (PS) le remplace en janvier 2013.

La Régie des Bâtiments, ‘partenaire de référence de l’État fédéral concernant l’immobilier’ et donc acteur important de ce dossier, est – également depuis décembre 2011 – sous la tutelle du secrétaire d’Etat Servais Verherstraeten (CD&V).

Les questions établies par MsM ont été envoyées, début avril 2014 (plusieurs rappels), aux présidents des principaux partis politiques francophones et néerlandophones, ainsi qu’aux mandataires politiques qui ont manifesté un intérêt pour ces questions durant les trois dernières années. Ce document a également été adressé à Philippe Courard (PS) qui n’y a pas réagi pas plus qu’il n’a répondu aux courriers que MsM lui a adressés en 2013.

L’implantation envisagée d’un musée d’art moderne et/ou contemporain dans le garage Citroën, place Sainctelette, est évoqué dans les réponses. De quel musée s’agira-t-il ? La Région de Bruxelles-Capitale, présidée aujourd’hui par Rudi Vervoort (PS), le jour où elle sera devenue propriétaire des lieux, mettra-t-elle le bâtiment à disposition du Fédéral comme l’a fait récemment la Ville de Bruxelles avec le bâtiment Vanderborght ? La Région n’est dépositaire d’aucune collection ni d’art moderne ni d’art contemporain. Elle a reçu en dation la collection Gillion-Crowet d’Art nouveau dont l’installation  dans les salles des MRBAB fut un des prétextes de la fermeture du musée d’art moderne au profit d’un “musée fin-de-siècle”.

 

1. Musée

Un musée est « une institution permanente sans but lucratif ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine à des fins d’études, d’éducation et de délectation ».  Cette définition de l’ICOM fait référence dans la communauté internationale.

Fermeture du Musée d’art moderne, fermeture de la majorité des salles du Musée d’art ancien, tronçonnage des collections… : ces décisions arbitraires et unilatérales contreviennent aux missions d’un musée ; elles n’entrent pas dans le cadre d’une nécessaire autonomie de gestion et méritent dès lors un contrôle et, éventuellement, une sanction parlementaire.

Le terme musée ne sera plus utilisé pour désigner le futur Musée d’art moderne ! Il sera remplacé par l’appellation étrange de « Post Modern Lab » : une manière de diluer le sens et les missions qui lui sont dévolues.

Questions : les missions des musées fédéraux et des MRBAB en particulier ont-elles une place dans votre projet politique ?
– Si oui, quelles dispositions prendrez-vous pour qu’elles soient remplies de manière exemplaire ?
– Si ce n’est pas le cas, pourquoi ?

CDH [1]

Les MRBAB conservent une collection exceptionnelle de tableaux, sculptures et dessins, essentiellement des Pays-Bas méridionaux et belges, mais aussi d’autres pays surtout européens (Hollande, France, Italie, Espagne etc.). Il s’agit de la PLUS IMPORTANTE collection en la matière en Belgique, qui met le passé historique belge et européen en lumière au travers de chefs-d’œuvre qui constituent la fierté du patrimoine belge. Il s’agit en outre d’un patrimoine appartenant à tous les belges….. !. Il va donc de soi que ce patrimoine doit non seulement être protégé mais aussi valorisé. Il s’agit en outre d’un outil pédagogique extraordinaire non seulement pour comprendre son propre passé et présent, mais aussi pour comprendre les particularités de la culture européenne et comment celle-ci s’est enrichie au contact d’autres cultures.

Le problème le plus urgent que rencontre les MRBAB aujourd’hui est constitué par l’état des bâtiments qui abritent ses collections d’exception. L’état dans lequel se trouvent ces bâtiments actuellement ne permet plus l’exposition de la collection et si cela continue, bientôt, même plus leur conservation ! Il y a donc urgence ! Une aile entière (appelée « extensions »), qui abritait jusque dans les années 1995 les collections du XVe, XVIe et XIXe siècles (le XIXe siècle fut ensuite déménagé dans ce qui constitue aujourd’hui le musée Magritte pour aménager dans les extensions des salles d’exposition temporaire), est fermée depuis 2005…. ! La régie des bâtiments y a procédé au désamiantage indispensable des « blocs techniques » (ce désiamantage est donc terminé contrairement à ce qu’on a pu lire dans la presse) mais a, depuis, laissé l’aile en l’état. Or la toiture devrait être restaurée et d’autres travaux concernant le circuit d’exposition devraient être menés.

De plus, concernant l’aile extensions, il est peut-être bon de préciser que cette aile devra de TOUTE FACON être restaurée. En outre, il faut se rendre compte qu’aujourd’hui, une partie des œuvres en réserve y sont stockées dans plusieurs salles climatisées (pour les autres, la clim devrait être remise aux normes). Donc, même si la restauration de cet aile coûte cher, cela sera toujours moins cher que de restaurer le Vanderborcht…

Si ces travaux sont menés prioritairement, le public aurait donc la possibilité de voir à nouveau exposés la quasi-totalité des chefs-d’œuvre d’art ancien ainsi qu’une majeure partie de la collection d’art moderne et contemporaine.

Notons donc que cette solution serait bien moins coûteuse que la rénovation du Vanderborcht pour en faire un musée provisoire…..

ECOLO [2][3]

Tout à fait ! Elles sont essentielles dans le projet d’Ecolo en matière de politique culturelle. Une société s’enrichit de la qualité de ses œuvres et de sa capacité d’avoir des outils scientifiques et pédagogiques de haute valeur.

Il est impératif pour Ecolo de maintenir la compétence au niveau fédéral et d’assurer un investissement fort à Bruxelles, Région Capitale.

Rénover les bâtiments, appliquer le livre blanc, promotionner les activités des musées, tout cela contribuera à l’enrichissement de la société, à l’amélioration de l’enseignement et au rayonnement de Bruxelles et de la Belgique, en tant que centre scientifique, culturel et artistique. Par ailleurs, les musées développent les métiers de la culture et de l’enseignement et sont des outils d’attractivité nationale, européenne et internationale, vu la valeur des collections et leur richesse.

En ce qui concerne plus spécifiquement les missions, Ecolo souhaite mettre en place « une nouvelle stratégie d’ensemble qui combine les approches culturelles, urbanistiques et environnementales ». L’identification, la conservation, la mise en valeur et la transmission du patrimoine culturel aux générations futures doivent constituer le cœur de cette stratégie qui visera à la protection et au déploiement de ces institutions.

FDF [4][5]

les FDF sont intervenus sur le plan parlementaire au cours de la présente législature afin de demander si une solution structurelle pouvait être trouvée pour les collections d’art moderne et contemporain du pays, preuve de notre intérêt pour cette question.

Plus fondamentalement, il s’agit d’un enjeu essentiel pour l’avenir des établissements scientifiques fédéraux dont la plupart constituent une vitrine pour le rayonnement international du pays et de Bruxelles.

Nous entendrons reprendre ce débat parlementaire dès la prochaine législature.

MR*

Oui.

Les missions des musées fédéraux et des MRBAB occupent évidemment une place importante dans le projet politique du MR.

Comme mesure immédiate, le MR propose de rouvrir le musée d’art moderne. Il reste suffisamment de place dans les MRBAB, du moins pour exposer les œuvres majeures.

Autre mesure importante : procéder à un audit de la gestion actuelle des MRBAB. En raison du morcellement des collections, tout a été brouillé. L’Etat a pour mission de présenter des collections généralistes pour permettre au public d’accéder à une connaissance générale.

Concernant les musées spécialisés conçus de façon à attirer un grand nombre de touristes (par exemple le Musée Magritte), il faudrait mettre en place des partenariats public-privé afin de drainer des fonds privés. A cet égard, il faut adapter la loi sur le mécénat et l’assouplir pour faciliter de tels partenariats. Cela se fait partout ailleurs (pensons au musée Van Gogh, aux châteaux de la Loire, etc.). A contrario, l’Etat doit financer les collections généralistes (comme il le fait, par exemple, pour le Rijksmuseum en Hollande). Il est regrettable que l’Etat, comme c’est le cas actuellement, gaspille ses ressources pour financer des musées spécialisés qui pourraient aisément être financés par le privé.

L’évolution actuelle est inquiétante. La déstructuration des musées existant et la perte du caractère universaliste des collections exposées (au détriment de la vocation de mise en contexte et en perspective du musée public destiné au moins autant aux citoyens qu’aux touristes) interpellent grandement le MR depuis des années. Par ailleurs, le MR désapprouve la perte du caractère scientifique des collections de musée au profit d’une conception accrocheuse et touristique (Magritte, la tapisserie bruxelloise, la miniature flamande, etc.) dans la même logique qui fait de Bruxelles la capitale des frites et des gaufres. Or, les Musées sont aussi et surtout des instituts de recherches qui mènent des centaines de projets de recherche. Le MR déplore l’évaporation, corrélative, de la conception qui justifie le caractère fédéral de ce type de collection. Il s’inquiète, à long terme, du risque de régionalisation de ces collections (sur le même modèle que la politique culturelle en Belgique).

Le MR entend défendre le caractère public, national et universaliste des collections belges. Un musée public est une institution pédagogique et fédératrice au service du citoyen et de l’usager culturel et pas exclusivement un instrument économique.

PS [6]

Les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique jouent un rôle crucial dans le rayonnement de la Belgique et de son patrimoine sur la scène internationale. Outre ce rôle de rayonnement, il est essentiel pour le PS que les Musées Royaux des Beaux-Arts puissent remplir leurs missions, nécessaires à la mise en place d’une politique culturelle complète, cohérente et moderne. Ces missions sont notamment la conservation, l’étude, mais également la diffusion du patrimoine, à des fins éducatives par exemple.

Pour permettre aux Musées Royaux des Beaux-Arts de remplir efficacement ses missions, le projet du PS propose par exemple de :
– accorder une visibilité accrue aux collections publiques, notamment par la mise en place d’expositions itinérantes en Wallonie et à Bruxelles et la mise à disposition des œuvres pour les opérateurs culturels reconnus (musées, centres d’art) en Wallonie et à Bruxelles afin de permettre une plus grande diffusion de ce patrimoine ;
– mettre à disposition des collections fédérales dans des infrastructures existantes ou sous la forme d’un « musée mobile » ;
– favoriser les partenariats avec les acteurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles (centres culturels, institutions d’enseignement, associations actives dans la médiation culturelle,…) dans l’objectif de pouvoir toucher un public plus large, d’accomplir des missions éducatives, ou encore dans l’optique d’un partage réciproque des expériences de chacun ;
– poursuivre la politique d’octroi de moyens fédéraux aux acteurs culturels fédéraux et lancer un master plan de rénovation des Musées royaux d’Art et d’Histoire, nécessaire à la bonne conservation et à la diffusion de leur patrimoine ;
– soutenir les Etablissements scientifiques fédéraux dans la poursuite de l’ensemble de leurs missions en tant que conservatoires et vitrines de notre patrimoine, en tant que prestataires de services publics scientifiques pour l’ensemble du pays et enfin en tant qu’acteurs de la recherche ;
– promouvoir les liens entre les Etablissements scientifiques fédéraux et les Universités, notamment en créant des formations post-masters et des doctorats avec les Etablissements. Le rôle d’éducation pouvant se décliner sous plusieurs forme : l’éducation artistique et culturelle pour les publics de tout âge, à l’école ou en dehors d’elle, mais également à destination d’un public plus spécialisé tels que les Universités.

 

2. Débat

La disparition pure et simple des collections d’art moderne et les nombreux dysfonctionnements – fermeture massive de salles, incidents graves relatifs à la conservation, fermeture anticipée de l’exposition Van der Weyden – suscitent de légitimes réactions, voire de la colère, dans de larges secteurs de l’opinion publique. Elles ont été relayées par MsM, par la presse et par plusieurs parlementaires.

En 2012, le Ministre Paul Magnette, alors en charge de la Politique scientifique, a consulté des acteurs du monde de l’art (artistes, professeurs, conservateurs, journalistes, galeristes, collectionneurs, responsables d’associations, architectes, ministres en charge de la Culture, …) afin de connaître leur vision au sujet d’un « grand centre d’art moderne et contemporain ». Il avait promis de publier ces contributions.

Questions : l’avenir et la gestion des MRBAB et d’un Musée d’art moderne et contemporain à Bruxelles méritent-ils un débat public ?
– Si non, pourquoi ?
– Si oui, où, sous quelle forme et avec quels partenaires comptez-vous le mener ?

CDH

Dès lors qu’il s’agit d’une collection publique, un débat public en démocratie est toujours souhaitable.

Dans un premier temps il semble qu’un premier débat devrait être mené avec les professionnels du secteur.

Cependant, il est important, dans le débat, de distinguer la COLLECTION d’ART MODERNE et d’ART CONTEMPORAIN qui EXISTE mais qui n’est plus visible, et un MUSEE d’ART CONTEMPORAIN qui serait à construire.

Les collections des MRBAB pourraient, comme expliqués dans le point 1, être facilement visibles à nouveau moyennant la restauration de l’aile « extensions ». Mais il est vrai qu’elles y seraient à l’étroit. Penser à un futur musée n’est donc pas superflu !

Pour ce qui concerne la création d’un musée d’Art contemporain, c’est vraiment important : il n’y a pas une capitale en Europe digne de ce nom qui n’en possède pas ! En outre, la Belgique est réputée internationalement pour sa création contemporaine ; il est donc indigne de sa réputation que sa capitale ne possède pas véritable musée d’art contemporain.

Toutefois, il faut tenir compte du fait qu’il n’existe pas de ministère de la culture au niveau national. La question de savoir si nous voulons un musée d’art contemporain national, qui, à terme, pourrait aussi regrouper la collections d’art moderne et contemporain des MRBAB, doit donc prioritairement être posée, sachant que dans ce cas, il s’agira très vraisemblablement d’un musée co-géré par les deux communautés (ou futur quatre régions ?). Dans ce sens, elle pourrait servir de « laboratoire », en effet, pour la gestion des autres institutions scientifiques de l’état…

Créer un musée d’art contemporain doit se faire dans le cadre fédéral.

ECOLO

Bien sûr. Ce débat sera déjà utile pour la meilleure coordination des différents niveaux de pouvoir concernés, Fédéral et Région mais aussi éventuellement les communes.

Le secteur culturel et scientifique doit être concerté ainsi que le secteur de l’enseignement artistique et de l’enseignement général. Les plateformes culturelles sont des secteurs qui ont une vision sur la place d’un musée dans la ville et sur la gestion des MRBAB.

Notre programme prévoit donc que la stratégie d’ensemble susmentionnée « soit élaborée en relation avec les citoyens usagers de ces institutions, les équipes de professionnels et les acteurs des milieux culturels et scientifiques. »

Ce débat doit donc être public et suivi d’effets. Aussi, la politique muséale menée par le directeur des MRBA nous amène à demander plus des débats et d’évaluation de la note d’intention approuvée par le Gouvernement. Cette note doit être transmise au Parlement et doit faire l’objet d’une évaluation chaque année déposée devant ce même Parlement.

FDF

les FDF estiment que la création d’un grand centre d’art moderne et contemporain nécessite l’association de tous les acteurs du mode culturel et le partenariat public-privé pour sa création.

La création d’un musée d’art moderne mérite le plus large débat public possible.

MR

Oui.

L’avenir et la gestion des MRBAB et d’un Musée d’Art Moderne et contemporain à Bruxelles méritent évidemment un débat public. Comment solutionner ce problème. Le MR envisage deux options.

Soit, le fédéral passe un accord de coopération avec la Région bruxelloise et construit un nouveau musée (par exemple, le long du canal à l’emplacement de l’ancien garage Citroën Yser).

Soit on crée le musée d’art moderne dans les divers bâtiments du Mont des Arts avec l’avantage que le fédéral peut le faire tout seul. Cela va coûter mais, comme précisé plus haut, dans un premier temps, on peut déjà redéployer la collection dans les bâtiments existants.

 PS

Le PS pu obtenir, à la fin de cette législature, la réalisation d’une étude portant sur la rénovation des anciens magasins Vanderborght. Ce bâtiment est appelé à présenter les collections d’art moderne et contemporain qui se trouvent depuis trop longtemps dans les réserves des Musées Royaux des Beaux-Arts. A plus long terme, nous soutenons l’idée de créer, à Bruxelles, un grand Centre d’art moderne et contemporain. Ce projet plus ambitieux devra en effet faire l’objet d’un large débat avec de nombreux acteurs : artistes, historiens de l’art, architectes, conservateurs de musées, journalistes spécialisés,… Nous sommes également favorables à la tenue d’un débat public portant sur les différentes questions que pose un tel projet. Les associations que représentent les publics des Musées devront bien entendu être consultées.

 

3. Bâtiments, salles et collections

L’annonce de l’installation – provisoire et à une date non précisée – des collections d’art moderne dans le bâtiment Vanderborght ne dit rien des projets concernant le bâtiment des MRBAB sis rue de la Régence dont les salles sont majoritairement fermées pour diverses raisons et depuis des années. Elle ne dit rien non plus du sort qui sera fait aux collections d’art ancien massivement reléguées dans les réserves et non accessibles aux publics.

Les « extensions » du Musée d’Art ancien inaugurées en 1974, sont fermées depuis plus de dix ans. De coûteux travaux de désamiantage y ont été effectués mais ils sont à l’arrêt sans perspective annoncée de poursuite. Un condensé des œuvres du XVe au XIXe siècle est aujourd’hui exposé au public dans des conditions déplorables.

Question : à votre avis, un musée des Beaux-Arts au centre de Bruxelles, capitale régionale, nationale et européenne est-il un enjeu de politique culturelle, éducative, sociale, économique ?
– Si non, pourquoi ?
– Si oui, qu’allez-vous faire, concrètement, pour lui donner les moyens nécessaires afin de rencontrer de manière adéquate ces enjeux?

CDH

Les MRBAB conservent une collection exceptionnelle de tableaux, sculptures et dessins, essentiellement des Pays-Bas méridionaux et belges, mais aussi d’autres pays surtout européens (Hollande, France, Italie, Espagne etc.). Il s’agit de la PLUS IMPORTANTE collection en la matière en Belgique, qui met le passé historique belge et européen en lumière au travers de chefs-d’œuvre qui constituent la fierté du patrimoine belge. Il s’agit en outre d’un patrimoine appartenant à tous les belges….. !. Il va donc de soi que ce patrimoine doit non seulement être protégé mais aussi valorisé. Il s’agit en outre d’un outil pédagogique extraordinaire non seulement pour comprendre son propre passé et présent, mais aussi pour comprendre les particularités de la culture européenne et comment celle-ci s’est enrichie au contact d’autres cultures.

ECOLO

Comme précisé dans notre réponse à votre première question, notre réponse est sans conteste positive.

Préalablement à la création d’un nouveau musée, Ecolo demande la réintégration et le redéploiement de l’ensemble des collections d’arts moderne au sein des musées. Nous demandons aussi de déployer, aussi rapidement que possible, l’exposition de collections d’art contemporain dans les bâtiments existants dans le centre de Bruxelles.

Nous soutenons donc un projet de Musée des Beaux Arts et contemporain au centre de Bruxelles. Un accord devrait être trouvé pour que chaque institution concernée puisse y apporter sa part de financement. Des solutions de financement innovantes peuvent néanmoins voir le jour, à l’instar d’un Tax Shelter revu et corrigé comme pour le cinéma.

FDF

Un musée des Beaux-Arts au centre de Bruxelles est en mesure de contribuer à l’attractivité touristique et donc économique, culturelle et donc éducative de la capitale et est en mesure de faire rayonner cette attractivité aux citoyens du pays.

MR

Oui.

Comment trouver les moyens nécessaires ? Grâce à une réforme de la loi sur le mécénat, par un élargissement et un approfondissement du mécanisme de tax shelter, en créant une « Fondation pour les Arts » favorisant les dons aux particuliers, en développant le mécénat par des compléments de financements publics (ex. pour chaque Euro obtenu auprès d’un mécène, les pouvoirs publics en donnent deux ou trois) et par d’autres propositions de financement alternatif énumérés dans le programme culture du Mouvement Réformateur.

L’argument selon lequel « l’Etat n’a pas les moyens » ne tient pas la route. Le Musée d’Histoire Naturelle a été entièrement refait. Le Musée de Tervuren fait actuellement l’objet d’une immense restauration. En réalité, cette triste situation n’est pas la résultante d’un échec de l’Etat. Elle procède d’un échec du gestionnaire des MRBAB. Plutôt que de créer des musées spécialisés avec de l’argent public, il aurait fallu financer ces derniers avec des fonds privés et affecter les moyens publics  à ce musée d’art moderne.

PS

Il s’agit en effet d’un projet recouvrant ces quatre dimensions. L’aspect culturel et éducatif est évident, mais il est important de souligner le fait qu’un Musée est aussi un acteur économique important, créateur d’effets directs et indirects. Au-delà des emplois directement générés par l’Institution, un Musée fait appel à de nombreux fournisseurs et attire des touristes qui, bien entendu, irriguent de nombreux secteurs économiques. La création d’un Musée est donc un investissement, tant sur les plans culturel et éducatif que sur les plans social et économique.

 

4. Education, formation, médiation culturelle

Le Musée d’art moderne est fermé depuis 2011 et les collections qui doivent être installées au Vanderborght ne seront pas accessibles au public avant deux ou trois ans. Un jeune entré dans l’enseignement primaire, secondaire ou supérieur en 2011 terminera son cycle d’études sans avoir eu de contact, à Bruxelles, avec les collections des XXe et XXIe siècles.

En outre, le saucissonnage des collections en autant de soi-disant « nouveaux musées » induit un coût d’entrée largement majoré qui le rend difficilement accessible à certains publics.

Question : le musée, comme institution culturelle, a-t-il sa place selon vous dans les politiques d’éducation et de formation ?
– Si non, pourquoi ?
– Si oui, qu’avez-vous inscrit dans votre programme pour assurer aux enfants du fondamental et aux jeunes du secondaire et du supérieur, un accès cognitif et matériel effectif aux collections des musées et en ce cas précis, aux collections des MRBAB, y compris les collections d’art moderne et contemporain ?

CDH 

Incontestablement. Le projet du cdH veut renforcer d’une part le lien école-culture pour que la culture soit partie intégrante du parcours scolaire, ce qui siginifie à la fois amener l’art et la culture dans l’école mais aussi, en sens inverse, amener les élèves à pénétrer dans les lieux de cultures, les musées en particulier. Un autre point sur lequel le cdH insiste – dans son programme – est l’accès à la culture non seulement pour les jeunes mais à tous les publics, à travers notamment de l’éducation permanente et les dispositifs de pass culture pour les moins de 25 ans. Positionner les musées comme lieu de construction, d’expression, de rencontre et d’interaction des identités culturelles doit concourir à construire des réponses plus fortes sur le plan de la cohésion sociale. Ils font parties intégrantes du parcours par lequel les hommes et les femmes peuvent construire et s’approprier la culture, qui éclaire le sens de leur existence.

ECOLO

Oui, comme d’autres institutions culturelles par ailleurs. C’est pourquoi nous avons élaboré des propositions visant à renforcer la place de la culture à l’école.

Nous proposons notamment d’adapter le décret culture-école, de mieux promouvoir les initiatives de partenariat entre la culture et l’école afin de créer un effet levier et sensibiliser les enseignants à organiser des projets avec les opérateurs culturels, d’étendre les partenariats privilégiés entre les opérateurs culturels et les écoles, d’impulser la création d’un programme de « classe d’arts » et de journées centrées autour de la visite de musées et institutions culturelles, …

Nous souhaitons par ailleurs renforcer les missions éducatives et de recherche des musées.

FDF

Il va de soi qu’une large médiatisation devrait être entreprise si une nouvelle institution culturelle de cette envergure devait voir le jour à Bruxelles.

Dans ce cadre, en vue d’y faire participer le maximum d’élèves , de l’enseignement fondamental à l’enseignement supérieur, il serait indispensable de mettre au service de celle-ci les compétences pédagogiques les plus avancées en terme de nouvelles technologies et d’interactivité.

MR

Oui.

Le musée, comme institution culturelle a évidemment sa place dans les politiques d’éducation et de formation. Favoriser l’éducation artistique revient à moyen terme à augmenter la demande culturelle. Outre les objectifs d’émancipation par la culture, développer l’éducation aux arts et à la culture peut, à moyen et long terme, œuvrer au refinancement de la culture.[1] Si divers programmes d’action entretiennent des liens avec les publics jeunes et les écoles (le théâtre pour l’enfance et la jeunesse, le muséobus, le programme  « spectacle à l’école », l’opération « ouvrir mon quotidien », etc.), le service spécifique « Culture-Enseignement » disposait en 2012 d’un budget de 721.000 €, soit 0,093 % du budget culturel. Il faut porter l’objectif ambitieux d’augmenter le montant « Culture-Enseignement » à 1% du budget culturel. L’objectif « 1% culture-enseignement » permettra de donner une réelle ampleur à certains programmes actuellement ponctuels et à développer de nouvelles initiatives.

Exemple de nouvelle initiative : un programme « 1 Artiste- 1 Œuvre ». Chaque classe, de la maternelle au secondaire, pourra accueillir chaque année un artiste pour réaliser une animation autour d’une œuvre artistique qu’elle soit littéraire, plastique, théâtrale, musicale, audiovisuelle, etc. Ces animations seront réalisées grâce à des collaborations entre les écoles, les centres culturels, les académies, les écoles supérieures des arts, etc.

[1] cf. Ginsburgh, Champarnaud et Michel.  “Can public arts education replace arts subsidization?”,  http://www.ecares.org/ecare/personal/ginsburgh/papers/156.champarnaud.pdf

PS

L’éducation artistique et culturelle constitue une des priorités du programme culture du PS. En effet, selon l’Observatoire des politiques culturelles, 41 % de la population vivant en FWB ne participent pas ou participent peu à la vie culturelle au sens large. L’appartenance sociale, l’âge et le niveau d’études sont identifiés comme des facteurs de différentiation dans la nature et l’intensité des pratiques culturelles individuelles. Aussi, le développement de la créativité, l’éducation culturelle et artistique à l’école ou en dehors d’elle (y compris, dans ce cas, à destination d’un public adulte) est fondamentale pour favoriser l’accès à la culture.

Dans cette optique, le programme du PS propose notamment d’encourager la conclusion de partenariats entre les établissements scolaires et le Gouvernement de la FWB :
– garantissant à l’élève l’accès, au cours de son parcours scolaire, à la culture et aux différentes formes de la création et de l’expression artistique ;
– assurant, dans le cadre du cursus scolaire de tout élève, une fréquentation des activités et des services offerts par les institutions culturelles (musées, centres d’art, centres culturels, bibliothèques, théâtres) du bassin scolaire de l’établissement ;
– favorisant l’émancipation de l’élève en l’aidant à développer sa créativité, son imaginaire et sa sensibilité, notamment en lui proposant des activités artistiques et culturelles hebdomadaires basées sur la réaction en tant que telle (et non l’imitation ou la reproduction) s’inscrivant dans un processus de construction du savoir.
– Initiant l’élève aux activités culturelles et artistiques par la pratique de celles-ci.

Notre programme propose également de diversifier et d’inscrire dans les conventions et contrats-programmes les synergies et partenariats entre le monde scolaire et les opérateurs culturels : centres culturels, bibliothèques publiques, centres dramatiques et chorégraphiques, centres d’expression et de créativité, centres d’art, musées, cinémas, maisons du conte, etc

 

5. Préfiguration

L’avenir du Musée d’art moderne et contemporain, et de ses collections, nécessite une réflexion dépassionnée et rigoureuse. Dans l’intérêt de tous. Pour ce faire, comme cela se pratique généralement, le gouvernement devrait confier une mission de préfiguration – pragmatique, inventive et documentée – à une personnalité reconnue tant en matière de politique muséale qu’en matière d’art contemporain. Cette mission exploratoire mettra en place un groupe de travail international et mènera la concertation et les consultations indispensables (cfr question n°1).

Le Musée d’art moderne a été fermé sans alternative, il revient à d’autres d’en concevoir l’avenir.

Question : Estimez-vous que la création d’un Musée d’art moderne et contemporain est suffisamment importante pour faire l’objet d’une étude préalable approfondie ?
– Si non, pourquoi ?
– Si oui, proposerez-vous ou soutiendrez-vous une mission de préfiguration indépendante ?

CDH

Sans AUCUN doute.A partir du moment où l’on restaure l’aile fermée depuis 2005 dans laquelle les collections d’art moderne retrouveraient provisoirement leur place, on peut en effet se donner le temps et les moyens de concevoir un musée d’art contemporain digne d’une capitale européenne.

Le cdH soutient le projet récemment adopté par le gouvernement bruxellois de développer ce projet dans le cadre du bâtiment Citroën situé dans le quartier du canal. Le site, au cœur de la ville, dans un quartier en plein renouveau possède une réelle valeur patrimoniale et de nombreux atouts pour réussir le projet.

Par définition, la création d’un musée d’art contemporain doit s’inscrire dans une démarche architecturale forte. Etant donné que l’art contemporain ne peut se penser en terme d’art national (c’est un art fondamentalement réfractaire à cette définition), il va de soi que la création de ce musée devra faire l’objet d’un appel à projet international.

ECOLO

Oui

FDF

Les FDF soutiendront une mission de préfiguration indépendante en vue de la création d’un Musée d’art moderne et contemporain.

MR

Oui.

Encore une fois, nul besoin d’attendre cette préfiguration. On peut rouvrir une partie des collections sans attendre. Néanmoins, le MR estime qu’il faut rester prudent face aux regards extérieurs et autres visées grandioses et déconnectées du réel. Il estime que le problème se situe plutôt au niveau de la direction actuelle des MRBAB. Une réflexion générale, c’est bien. Mais il faut aussi changer les choses de l’intérieur. Nos établissements scientifiques abritent de nombreux scientifiques qui ont des idées mais que, malheureusement, on n’écoute pas toujours…

PS

Il nous paraît évident qu’un tel projet ne peut voir le jour sans une solide étude préalable. Cette étude devra porter sur des questions comme : l’importance des expositions temporaires par rapport aux collections permanentes, la présence ou non d’ateliers d’artistes, les liens à entretenir avec d’autres musées et institutions culturelles, les liens que l’Institution devra nouer avec les opérateurs privés (collectionneurs, galeristes,…), la promotion internationale, la différenciation avec des Institutions similaires situées à l’étranger, la mobilité vers et autour du bâtiment, l’accessibilité aux différents types de publics, la scénographie, la politique tarifaire, les possibilités de mécénat et de sponsoring, les caractéristiques du bâtiment,… Un benchmark international devra être mené afin d’identifier, dans tous ces domaines, les meilleures pratiques et de les adapter aux réalités de notre pays et de la collection.

Nous sommes d’avis que cette étude devra être conduite par les Musées royaux des Beaux-arts mais pensons qu’il pourrait être en effet souhaitable de faire appel à de la consultance extérieure.


[1] Reçu le 12/5/14

[2] Reçu le 29/4/14

[3] “ Vous rappelez l’essentiel de vos revendications : le redéploiement immédiat et permanent de l’art des XXème et XXIème siècle et un large débat public avec tous les partenaires concernés. Nous avons connaissance de celles-ci et nous les partageons depuis longtemps. Vous avez pu prendre connaissance de ces positions dans le cadre du travail parlementaire mené – tant au niveau fédéral que bruxellois – et dans le cadre du dialogue qui existe d’ores et déjà entre Ecolo et Musée sans musée.

Notre programme politique prend donc bien entendu ces enjeux en compte. Vous trouverez nos propositions en matière de redynamisation des institutions scientifiques et culturelles fédérales ci-joint : http://www.ecolo.be/?proposition-redynamiser-les-5483.”

[4] Reçu le 28/4/14

[5] « La société doit faire face à des défis planétaires mais le citoyen se retrouve souvent seul et insécurisé face à des questions qui le dépassent. Derrière un profond besoin de sécurité, se cache un intense besoin de compréhension et donc de culture. Les réponses tant économiques que sociales et écologiques aux problèmes actuels de notre société ne seront efficaces que si elles sont culturellement admises.

La mondialisation, l’emprise de la télévision, de la diffusion par Internet et la crise économique ont largement influencé le monde de la culture ces dernières années. Si l’ouverture et l’accessibilité constituent des éléments positifs, il appartient toutefois au monde politique de veiller à ce que ces éléments n’entraînent pas une standardisation, un appauvrissement culturel, singulièrement à l’égard de nos racines culturelles, principalement francophones.

Elle permet à l’homme de se connaître, de se réaliser, de créer, de s’émerveiller, de communiquer, d’ouvrir son esprit et de critiquer. Elle est un facteur essentiel d’épanouissement et de socialisation. Elle renforce la participation des citoyens à la société, la qualité de la vie associative, la prévention des problèmes sociaux et de l’exclusion. Culture, démocratie et liberté sont intimement liées.

Alors que les enjeux sociétaux auxquels le secteur culturel doit contribuer à apporter réponse sont essentiels, la crise économique a, depuis 2008, durement touché le monde de la culture puisque c’est bien souvent en ce domaine qu’ont lieu les coupes les plus drastiques. A travers l’Europe, les budgets consacrés à la culture ont subi une cure d’amaigrissement. En Belgique, où les subventions étatiques constituent presque l’unique source de financement, de nombreuses dotations ont étégelées en 2012. Au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les subventions n’ont pas été indexées et les budgets relatifs aux budgets d’équipement et d’infrastructures ont été touchés.

Le financement de la création artistique doit être maintenu équitablement par l’Etat via un soutien récurrent et adéquat, et ce,en mettant l’accent sur des mesures visantà augmenter laconnaissance et la diffusion autour des projets subventionnés.  Or, la politique de subventionnement est souvent ressentie comme enjeu trop partisan et clientéliste, un fait du Prince qui se serait arrogé le pouvoir de la gérer.  Il faut dès lors se reposer la question de la manière dont sont sélectionnés certains projets et dont sont utilisées certaines subventions. Il y a également lieu de développer des formes alternatives de financement de l’activité artistique. »

* Reçu le 14/5/2014

[6] Reçu le 30/4/14

 

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La culture se décide à tous les niveaux

Tour d’horizon des enjeux culturels hors de la Communauté française.

La politique culturelle n’est pas qu’une affaire de Communauté française et flamande. Les Régions, par exemple, peuvent jouer un rôle plus que subsidiaire.

(…)

Région bruxelloise

La Région bruxelloise est particulière. C’est la seule capitale qui n’a pas de compétence directement culturelle. Et il lui faut des périphrases (le rayonnement de Bruxelles, etc.) pour soutenir la culture. De nombreuses associations bruxelloises plaident pour que la Région reçoive demain des compétences culturelles à côté de celles des deux Communautés. De quoi soutenir des initiatives bicommunautaires, voire multicommunautaires. Car comme le montre le spectacle actuel au Kunsten, « 100 % Bruxelles », la Région est fortement multilingue et multiculturelle.

Gouvernement fédéral

 (…)

Les pôles

Mais le dossier culturel fédéral le plus emblématique fut celui des institutions culturelles et scientifiques restées fédérales. Si « le biculturel » s’en est bien sorti (rayonnement de Bozar, Monnaie, etc.), l’avenir des grands musées (Beaux-Arts, Cinquantenaire, Tervuren, etc.), de la Bibliothèque royale, les Archives, etc., fut un des sujets lancinants de la législature. Si ces établissements firent un grand travail scientifique et culturel, si Tervuren s’est lancé dans une très grande rénovation, la question de leur statut n’est pas réglée. Le président de l’administration de la politique scientifique, Philippe Mettens (PS) et le directeur du musée des Beaux-Arts, Michel Draguet ont travaillé à ce que ces institutions se regroupent, forment des « pôles » avec synergies et directions communes, pour mieux résister disaient-ils, aux restrictions budgétaires et aux risques communautaires. Mais ce projet fut arrêté par le secrétaire d’Etat Philippe Courard qui a constaté que les oppositions restaient extrêmement vives et Michel Draguet partisan « d’un pôle Art » entre Beaux-Arts, Cinquantenaire et Irpa s’est replié sur le seul musée des Beaux-Arts. Un autre courant prône tout au contraire, davantage d’autonomie de chaque institution avec des discussions volontaires entre elles pour mutualiser des coûts. Le dossier sera sur la table du prochain gouvernement. On le lit dans le programme du CD&V qui est ouvertement pour le second courant, prône de détacher ces établissements de la politique scientifique et de leur donner une plus grande autonomie, comme en a Bozar) et d’y associer davantage, via leurs conseils d’administration, le fédéral et les communautés.

Le musée d’Art moderne

Un autre point de crispation de la législature est le dossier du musée d’Art moderne, fermé il y a trois ans, en pleines affaires courantes, quand on négociait « un impossible » gouvernement, pour y placer le nouveau musée fin de siècle ouvert en décembre. Cette affaire, ajoutée à la fermeture en catastrophe de l’exposition van der Weyden pour cause de fuites d’eau, a fragilisé le directeur Michel Draguet. La solution évoquée de rouvrir en 2016 le musée d’Art moderne dans les anciens établissements Vanderborght rénovés (près de la Grand-Place) reste contestée et n’est pas encore assurée. Ne faut-il pas d’abord rénover d’urgence les salles fermées du musée d’Art ancien ? Et qu’en sera-t-il du souhait de la Région bruxelloise de créer un musée d’Art moderne et contemporain dans le garage Citroën de la place de l’Yser ? Qui va payer ? Quelles collections y mettre ? Faut-il maintenir l’idée de ces doubles travaux (installation provisoire au Vanderborght, définitive au Citroën) ou faut-il fusionner les deux projets ? Ou remettre le musée d’Art moderne à la rue de la Régence ?

Guy Duplat, La Libre,  mardi 06 mai 2014 

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Questions aux Président(e)s de partis politiques

Quelques questions aux Président(e)s de partis politiques, aux mandataires et aux candidats, à propos des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique et de la fermeture du Musée d’art moderne.

Les élections du 25 mai sont proches. Votre parti fera peut-être partie coalition gouvernementale. Dans le cas contraire, vous serez dans l’opposition où vous aurez à cœur de faire entendre votre voix ! Quel que soit le cas de figure, nous aimerions avoir votre avis, dès à présent.

La déclaration gouvernementale devra, en effet, aborder la situation des institutions scientifiques fédérales. Dans ce cadre, la question des musées fédéraux, qui sont à la fois un patrimoine et des instruments de culture vivante, est une priorité. Les électeurs aimeraient connaître les propositions de votre parti concernant la situation déplorable des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique et la fermeture – depuis février 2011 – du Musée d’art moderne.

A cette occasion, le collectif Musée sans Musée rappelle l’essentiel de ses revendications :

–        le redéploiement immédiat et permanent de l’art des XXe et XXIe siècles

–        un large débat public avec tous les partenaires concernés.

 

Quelles réponses apportez-vous aux questions suivantes ?

1. Musée

Un musée est « une institution permanente sans but lucratif ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine à des fins d’études, d’éducation et de délectation ».  Cette définition de l’ICOM fait référence dans la communauté internationale.

Fermeture du Musée d’art moderne, fermeture de la majorité des salles du Musée d’art ancien, tronçonnage des collections… : ces décisions arbitraires et unilatérales contreviennent aux missions d’un musée ; elles n’entrent pas dans le cadre d’une nécessaire autonomie de gestion et méritent dès lors un contrôle et, éventuellement, une sanction parlementaire.

Le terme musée ne sera plus utilisé pour désigner le futur Musée d’art moderne ! Il sera remplacé par l’appellation étrange de « Post Modern Lab » : une manière de diluer le sens et les missions qui lui sont dévolues.

Questions : les missions des musées fédéraux et des MRBAB en particulier ont-elles une place dans votre projet politique ?

– Si oui, quelles dispositions prendrez-vous pour qu’elles soient remplies de manière exemplaire ?

– Si ce n’est pas le cas, pourquoi ?

 

2. Débat

La disparition pure et simple des collections d’art moderne et les nombreux dysfonctionnements – fermeture massive de salles, incidents graves relatifs à la conservation, fermeture anticipée de l’exposition Van der Weyden – suscitent de légitimes réactions, voire de la colère, dans de larges secteurs de l’opinion publique. Elles ont été relayées par MsM, par la presse et par plusieurs parlementaires.

En 2012, le Ministre Paul Magnette, alors en charge de la Politique scientifique, a consulté des acteurs du monde de l’art (artistes, professeurs, conservateurs, journalistes, galeristes, collectionneurs, responsables d’associations, architectes, ministres en charge de la Culture, …) afin de connaître leur vision au sujet d’un « grand centre d’art moderne et contemporain ». Il avait promis de publier ces contributions.

Questions : l’avenir et la gestion des MRBAB et d’un Musée d’art moderne et contemporain à Bruxelles méritent-ils un débat public ?

– Si non, pourquoi ?

– Si oui, où, sous quelle forme et avec quels partenaires comptez-vous le mener ?

 

3. Bâtiments, salles et collections

L’annonce de l’installation – provisoire et à une date non précisée – des collections d’art moderne dans le bâtiment Vanderborght ne dit rien des projets concernant le bâtiment des MRBAB sis rue de la Régence dont les salles sont majoritairement fermées pour diverses raisons et depuis des années. Elle ne dit rien non plus du sort qui sera fait aux collections d’art ancien massivement reléguées dans les réserves et non accessibles aux publics.

Les « extensions » du Musée d’Art ancien inaugurées en 1974, sont fermées depuis plus de dix ans. De coûteux travaux de désamiantage y ont été effectués mais ils sont à l’arrêt sans perspective annoncée de poursuite. Un condensé des œuvres du XVe au XIXe siècle est aujourd’hui exposé au public dans des conditions déplorables.

Question : à votre avis, un musée des Beaux-Arts au centre de Bruxelles, capitale régionale, nationale et européenne est-il un enjeu de politique culturelle, éducative, sociale, économique ?

– Si non, pourquoi ?

– Si oui, qu’allez-vous faire, concrètement, pour lui donner les moyens nécessaires afin de rencontrer de manière adéquate ces enjeux?

 

4. Education, formation, médiation culturelle

Le Musée d’art moderne est fermé depuis 2011 et les collections qui doivent être installées au Vanderborght ne seront pas accessibles au public avant deux ou trois ans. Un jeune entré dans l’enseignement primaire, secondaire ou supérieur en 2011 terminera son cycle d’études sans avoir eu de contact, à Bruxelles, avec les collections des XXe et XXIe siècles.

En outre, le saucissonnage des collections en autant de soi-disant « nouveaux musées » induit un coût d’entrée largement majoré qui le rend difficilement accessible à certains publics.

Question : le musée, comme institution culturelle, a-t-il sa place selon vous dans les politiques d’éducation et de formation ?

– Si non, pourquoi ?

– Si oui, qu’avez-vous inscrit dans votre programme pour assurer aux enfants du fondamental et aux jeunes du secondaire et du supérieur, un accès cognitif et matériel effectif aux collections des musées et en ce cas précis, aux collections des MRBAB, y compris les collections d’art moderne et contemporain ?

 

5. Préfiguration

L’avenir du Musée d’art moderne et contemporain, et de ses collections, nécessite une réflexion dépassionnée et rigoureuse. Dans l’intérêt de tous. Pour ce faire, comme cela se pratique généralement, le gouvernement devrait confier une mission de préfiguration – pragmatique, inventive et documentée – à une personnalité reconnue tant en matière de politique muséale qu’en matière d’art contemporain. Cette mission exploratoire mettra en place un groupe de travail international et mènera la concertation et les consultations indispensables (cfr question n°1).

Le Musée d’art moderne a été fermé sans alternative, il revient à d’autres d’en concevoir l’avenir.

Question : Estimez-vous que la création d’un Musée d’art moderne et contemporain est suffisamment importante pour faire l’objet d’une étude préalable approfondie ?

– Si non, pourquoi ?

– Si oui, proposerez-vous ou soutiendrez-vous une mission de préfiguration indépendante ?

 

‘Musée sans Musée’ publiera vos réponses et les communiquera aux médias. Il vous en remercie.

2 avril 2014

 

 

 

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