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Cinq ans sans musée d’Art moderne… C’est assez!

 

Nous plaidons pour la mise en œuvre d’une solution qui rende rapidement aux collections des XX et XXIes siècles la place qui leur est due au sein des musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. L’attente a assez duré.

Une opinion de Sabine de Ville (présidente de Culture et Démocratie ASBL), Georges Vercheval (directeur honoraire du musée de la Photographie à Charleroi) et Bernard Villers (artiste). 


Cinq ans après la fermeture arbitraire et scandaleuse du musée d’Art moderne, il n’est pas trop tôt pour se mettre enfin à réparer cet outrage à l’intelligence et à la démocratie. Le musée d’Art moderne de Bruxelles est fermé depuis le 1er février 2011 par la seule volonté de son directeur. Confiscation pure et simple du patrimoine ! Cinq ans de relégation en réserves des collections d’art moderne par la décision d’un seul homme sinon d’un homme seul, sans concertation aucune, ni avec le monde de l’art ni avec les responsables politiques concernés.

Le mépris dans lequel est tenu le public, pourtant propriétaire de ce patrimoine, est inacceptable. L’absence d’une solution qui permette de présenter ces collections dans de bonnes conditions l’est tout autant. Nous actons, avec une indignation intacte, le cinquième anniversaire de la disparition des collections d’art moderne pour lesquelles l’architecte Roger Bastin avait conçu, au centre de la capitale, un intéressant projet architectural et un ingénieux puits de lumière.

Nous n’avons pas l’intention de nous taire 

Musée sans musée/Museum zonder museum (MSM/MZM) est né en 2011, dès l’annonce de la fermeture du musée. Ce collectif citoyen réunit des artistes, des enseignant (e) s, des étudiant (e) s et des citoyen (nes) s. Indignés par la fermeture sine die du musée d’Art moderne, nous avons entrepris dès 2011 de protester sous des formes multiples : communiqués, pétition, blogs (1), manifestations et performances dans le hall ou devant le musée. Nous n’avons pas l’intention de nous taire, pas plus en 2016 qu’en 2011 et nous continuons à contester tant l’incroyable décision du directeur de l’institution que l’immobilisme coupable des autorités politiques et administratives.

Contrairement aux déclarations de son directeur, l’art moderne et contemporain a existé et il existe bien en Belgique (2). Les collections des musées royaux des Beaux-Arts de Belgique témoignent d’un pan important de l’histoire de l’art belge et international et les œuvres soustraites à nos regards sont, pour beaucoup, de grande qualité.

Pour une culture commune 

Cinq ans, c’est un cycle d’enseignement primaire ou secondaire ou un cycle d’enseignement supérieur. Les jeunes privés de contact avec le « récit artistique » sur lequel éprouver leur sensibilité et leur imaginaire, former leur esprit critique et leur expertise esthétique, ont le droit, comme tous les publics, de rencontrer ces œuvres dans une muséographie digne du XXIe siècle. Le Conseil supérieur de l’enseignement supérieur artistique s’était prononcé dès mars 2011 : « Rien ne remplace la fréquentation réelle des œuvres d’art et certainement pas leur reproduction. Que les œuvres du musée d’Art moderne des musées royaux des Beaux-Arts de Belgique soient inaccessibles est particulièrement dommageable pour les étudiants des Ecoles supérieures des Arts. » Les musées, comme les autres institutions culturelles, ont un rôle crucial à jouer dans l’appréhension d’une culture commune et/ou partagée. Enjeu crucial aujourd’hui, faut-il vraiment le rappeler ?

L’espace déserté par les collections d’art moderne accueille désormais un « Musée Fin de siècle Museum » (entendre musée du XIXe siècle) voulu par le directeur et supposé attractif pour le public touristique, cible désormais privilégiée des musées des Beaux-Arts. Le « Musée Magritte Museum » illustre cette logique scientifiquement regrettable et économico-centrée au point de multiplier « les musées dans le musée », orientation que nous dénonçons énergiquement depuis des années. Le récit muséal est rompu, morcelé en séquences prédéfinies et closes. Autant de sections et de tarifications distinctes. Désolante politique muséale inféodée à l’événement et aux séductions du marketing culturel.

Faut-il évoquer ici l’état tout aussi inacceptable des collections d’art ancien ? « Rappelons donc une fois de plus que les toitures des musées percent en divers endroits, que des travaux lourds menés dans plusieurs salles (jadis dévolues aux collections des XV et XVIes siècles) sont à l’arrêt depuis des années sans annonce de reprise des chantiers, que l’éclairage est déficient, que la moquette est souillée et râpée, que la présentation des œuvres est surannée mais surtout honteusement lacunaire (les esquisses de Rubens mises en réserves pour cause de ruissellements et l’inestimable collection de sculpture aux oubliettes par indifférence envers ce patrimoine) et que les circuits proposés au visiteur sont devenus totalement incohérents, le tout accompagné d’une hausse du prix d’entrée et de l’obligation d’achat de tickets supplémentaires pour avoir accès aux pseudo Musées Magritte et Fin de siècle… » (3). Nous disons halte à la gestion désastreuse du patrimoine public !

Incompréhensible somnolence 

A Londres, à Amsterdam, à Paris, à Lille ou à Lens, pour n’évoquer que des lieux muséaux proches, l’heure est à l’ouverture, à l’énergie et à l’inventivité muséales. Et à la fréquentation ! La somnolence qui caractérise les musées royaux des Beaux-Arts de Belgique n’en est que plus incompréhensible et moins justifiable. Les cinq ministres qui se sont succédé en cinq ans ont fait mine de se préoccuper du dossier. Les déclarations d’intention ont abondé mais aucun d’entre eux n’a proposé une solution qui puisse être mise en œuvre rapidement. Manque de temps, manque de vision, manque de détermination ? Les solutions prévoyant de transplanter les collections d’art moderne dans différents lieux de la capitale leur paraissent peu réalisables sur le plan muséographique et/ou trop lourdes sur le plan financier.

Assez tergiversé ! 

L’actuelle secrétaire d’Etat, Mme Elke Sleurs, vient de rendre publiques ses intentions à propos des établissements dont elle a la charge . Elle veut installer la collection d’art moderne dans les extensions des bâtiments de la rue de la Régence où 3 000 m² sont actuellement inoccupés qui demandent une rénovation lourde. Il semble que cela suffise et que cela ne nuise pas aux projets des départements d’Art ancien du musée. Alors assez tergiversé !

Si, faute de mieux, cette orientation est retenue, nous exigeons qu’elle soit rapidement mise en œuvre. Il est plus que temps de rendre aux citoyens de ce pays et aux citoyens européens, la pleine jouissance des collections d’art moderne et d’art contemporain. Les responsables politiques et scientifiques des musées royaux des Beaux-Arts, établissements publics, s’honoreraient d’assumer mieux et sans délai leurs obligations au regard de la démocratie et de la participation culturelles.

(1) museesansmusee.wordpress.com et museumzondermuseum.wordpress.com 

(2) Draguet : « Il n’y a pas d’art moderne en Belgique », titrait « L’Echo » le 30 novembre 2013. 

(3) Denis Coekelberghs, dans « La Tribune de l’Art », samedi 22 février 2014. 

Des centaines d’autres personnes participent activement au collectif Musée sans Musée/Museum zonder Museum. 

La Libre. CONTRIBUTION EXTERNE Publié le mardi 19 janvier 2016 à 16h17 – Mis à jour le mercredi 20 janvier 2016 à 12h49

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A Bruxelles, le Musée d’art moderne est fermé depuis 4 ans.

COMMUNIQUE de MsM/MzM – 8 février 2015

Le mouvement citoyen Musée sans Musée/Museum zonder Museum existe depuis quatre ans. Il est né de l’indignation suscitée par la mise au placard arbitraire – en février 2011 – des collections d’art moderne et contemporain au sein des Musées royaux des Beaux-Arts à Bruxelles.

Enseignants, artistes, travailleurs de la culture et autres nombreux citoyens et citoyennes jugent cette fermeture insensée et contraire à toutes les missions qui incombent aux MRBAB : la conservation, la présentation et la médiation la plus large des œuvres qui lui ont été confiées.

La fermeture du Musée d’art moderne prive depuis quatre ans tous les publics d’une collection de grande qualité. Nous pensons particulièrement aux jeunes, élèves de l’enseignement obligatoire ou étudiants en arts, contraints de s’en remettre aux institutions muséales provinciales ou étrangères. Situation indigne à l’heure où les institutions culturelles, ici et ailleurs, rivalisent d’inventivité pour mettre leur patrimoine à la portée des publics les plus divers.

MsM/MzM conteste aussi, avec vigueur, la logique récente des « musées pastilles » : Musée Magritte, Musée Fin-de-siècle (appellation désolante). Nous souhaitons que la réintégration envisagée des collections 20e et 21 e siècles dans les salles du Musée s’accompagne de la restauration d’un récit muséal cohérent, pertinent voire audacieux. C’est l’exigence première d’une institution culturelle publique de ne pas inféoder toute sa politique muséale à des visées plus commerciales que scientifiques. Les centres privés d’art contemporain se multiplient à Bruxelles. Cette émergence serait plus positive si elle complétait une offre muséale publique de qualité.

Madame Elke Sleurs est la cinquième personne en charge de la politique scientifique depuis 2011. Ses prédécesseurs n’ont pas dépassé la déclaration d’intention. La Secrétaire d’Etat insiste sur la nécessaire participation des Etablissements scientifiques fédéraux aux efforts d’assainissement budgétaire. Mais pour MSM/MZM, les MRBAB ont surtout un urgent besoin de réinvestissement muséal : gestion des bâtiments, rénovation, modernisation, qualité des services au public, etc.

Les éléments qui filtrent vont, nous semble-t-il, dans le sens de nos préoccupations.

MsM/MzM rappelle ses demandes, inchangées depuis février 2011. Elles concernent essentiellement le Musée d’art moderne, même si ce dossier est loin d’être le seul à être en souffrance aux MRBAB.

  • la réouverture rapide du Musée d’art moderne c’est-à-dire la présentation au public et dans les meilleures conditions muséales, des collections soustraites à son regard depuis 2011.
  • La mise en œuvre rapide d’une solution temporaire de qualité dans l’attente de la réinstallation définitive.
  • Une réflexion de fond – colloque ou consultations – à conduire avec toutes les parties susceptibles d’y contribuer (y compris hors de l’institution) sur les enjeux d’un musée d’art moderne national à Bruxelles. Y associer un travail sur la prospective : poursuite de la logique des « musées dans le Musée » ou mise en oeuvre d’une autre cohérence ?
  • L’information précise et continue de l’opinion publique quant aux évolutions du dossier : une manière de sensibiliser celle-ci aux questions de politique culturelle. Un devoir donc, pour le politique.

Les récents débats autour des restrictions budgétaires dans le champ culturel ont permis de redire combien l’activité culturelle, outre qu’elle génère du sens et du lien – et ce n’est pas un détail dans le contexte actuel – est aussi, par ses retombées, une source puissante d’activité économique. Un musée dont la majeure partie des œuvres se trouve dans les réserves ne peut évidemment pas prétendre à cette dynamique.

Nous plaidons donc pour une solution qui, avant février 2016, soit 5 ans après sa fermeture, rende au Musée d’art moderne la place qui lui est due au sein des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.

Pour MSM-MZM,

Les milliers de personnes qui ont signé la pétition remise au ministre P. Magnette le 1er février 2011, celles qui ont participé régulièrement aux manifestations aux Musées et parmi elles de nombreux étudiants en art, celles qui suivent l’actualité du Musée d’art moderne via les blogs de Musée sans Musée et de Museum zonder Museum et via facebook…

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Chambre des Représentants – 17/12/2014

Monica De Coninck (sp.a): La Belgique se retrouve avec plusieurs orphelins dont la secrétaire d’État Sleurs est la mère et le ministre Reynders, le père, illégitime ou non. Ces deux parents abandonnent leurs enfants. Ils se querellent à propos de leur éducation, sans doute sont-ils hargneux en raison des économies qu’ils doivent réaliser. L’un des deux parents veut réduire l’argent de poche des enfants, l’autre veut le maintien de la pension alimentaire réduite. Les orphelins ne sont pas seuls, ils ont les Régions et Communautés pour oncles et tantes qui leur donnent de temps en temps un peu d’argent. Mais les oncles et les tantes ont eux-mêmes déjà suffisamment d’enfants et ne veulent pas trop se mêler de cette histoire.

Heureusement, les enfants – et je vise par-là bien entendu les établissements culturels et scientifiques – s’en sont bien tirés au cours des dernières décennies. Nombre d’entre eux, comme Bozar, La Monnaie, les Musées royaux d’Art et d’Histoire (MRAH) et les Musées royaux des Beaux-Arts (MRBA) se sont transformés de vilains petits canards en magnifiques cygnes. Ils doivent néanmoins vivre selon leurs moyens et leurs possessions font souvent l’objet de disputes conjugales.

J’appelle la secrétaire d’État et le ministre à prendre l’initiative dans le cadre d’une tactique de négociation confédérale adulte. Pourquoi ne pas organiser une table ronde avec l’ensemble des autorités, des villes et des directeurs des établissements concernés? À défaut, des collections d’art prestigieuses resteront reléguées dans des caves humides.

Le gouvernement bruxellois souhaite loger la collection qui dépérit actuellement dans une cave humide dans un show-room automobile transformé, mais la secrétaire d’État estime que cette collection doit être intégrée dans les bâtiments existants. Actuellement, ceux-ci abritent toutefois le musée Magritte et un musée art déco. En outre, aucun budget n’est disponible pour la transformation des bâtiments situés au Mont des Arts. (NDLR : ce paragraphe contient plusieurs erreurs)

Le ministre Reynders a fait une exception pour Bozar qui devra moins économiser mais pour autant, il n’y pas de quoi se réjouir. Dans une ville internationale comme Bruxelles, ce type d’institution culturelle doit précisément recevoir plus de moyens. Si l’on veut qu’elles soient plus efficaces, il faut y investir davantage. (…)

La secrétaire d’État Sleurs se montre plus sévère encore que le ministre Reynders dans les économies qu’elle impose aux établissements scientifiques fédéraux.

Le dossier de la collaboration est transféré, pour une ouverture prudente, aux Archives du Royaume. La secrétaire d’État Sleurs entend également atteindre la norme ICOM pour les musées. (NDLR : La norme ICOM ?) Elle nourrit donc de grandes ambitions, mais où sont les moyens pour les réaliser?

Plaiderions-nous soudain, nous les socialistes, pour des institutions artistiques élitaires? Pas du tout. La démocratisation et le rajeunissement de l’art et de la culture sont, précisément, l’œuvre des socialistes et des libéraux. L’art et la culture apportent la lumière lorsque les temps se font obscurs. J’espère que nos institutions se verront offrir l’occasion de continuer à s’épanouir.

Nous sommes opposés à ces économies et n’approuvons pas ce budget. (Applaudissements sur les bancs du sp.a)

Fabienne Winckel (PS): Les auditions de la secrétaire d’État en commission ont démontré, comme nous le lisions déjà entre les lignes, qu’en ce qui concerne la culture et la politique scientifique, l’excellence n’a pas sa place au fédéral.

Les contradictions entre les intentions et les mesures concrètes annoncées sont criantes. Première contradiction: le gouvernement pratique la concertation a posteriori en annonçant unilatéralement une réorganisation des salles du Musée Royal des Beaux-Arts sans même en avertir son directeur. Où est la concertation quand la note de politique générale d’un vice-Premier ministre annonce un musée d’art moderne au bâtiment Vanderborght alors que la note de la secrétaire d’État réintègre ce musée rue de la Régence?

Autre contradiction : Mme Sleurs insinue que les précédentes majorités ont suscité la méfiance du secteur. C’est oublier que la politique spatiale internationale a toujours été élaborée dans un cadre soutenu par les industriels du secteur ou que deux musées publics d’envergure internationale sont nés ces dernières années grâce à des partenariats avec le secteur privé. Vos annonces fracassantes, Madame la Secrétaire d’État, ont en revanche déjà suscité une grande méfiance.

Madame la Secrétaire d’État, combien de musées comptez-vous ouvrir et combien de musées comptez-vous fermer?

Troisième contradiction: des restructurations qui coûteront et affaibliront. Sans aucune analyse, vous supprimez unilatéralement le SPPPolitique scientifique, peu importe les certifications ISO 9000 et les économies d’échelle réalisées au bénéfice des établissements scientifiques fédéraux.

Quatrième contradiction: une indépendance scientifique sous tutelle politique. Vous semblez douter de l’indépendance des établissements scientifiques fédéraux mais, dans le même temps vous dites que « vous financerez des projets des établissements scientifiques fédéraux uniquement si ceux-ci sont conformes à l’accord de gouvernement ». Où est l’indépendance avec vous?

Cinquième contradiction: des ambitions volontairement floues. Après vous avoir entendue, il est impossible de comprendre quels sont les objectifs que vous visez réellement. Par exemple, vous dites soutenir la recherche fondamentale, mais en même temps vous supprimez des centaines de postes de chercheurs.

J’en viens à la sixième et dernière contradiction: une communautarisation qui ne dit pas son nom. Chers collègues libéraux, ce que vous avez contribué à construire est aujourd’hui détruit sous vos yeux. (…)

Plus subtil, les établissements scientifiques fédéraux sont isolés les uns des autres, pour faciliter leur communautarisation future. Je ne vois pas d’autre explication à ces mesures d’affaiblissement. Au fond, de la part de la N-VA, c’est compréhensible: l’excellence, quand elle est belge, peut être gênante. (Applaudissements sur les bancs des socialistes)

 

01.33 Elke Sleurs, secrétaire d’État (en néerlandais): S’agissant de la Politique scientifique, nous nourrissons de réelles ambitions bien que nous serons contraints d’aligner les dépenses sur les moyens. Au moment de mon entrée en fonction, j’ai immédiatement interrogé par écrit l’ensemble des établissements scientifiques fédéraux à propos des projets qu’ils jugent prioritaires. La plupart des institutions nous ont déjà répondu et nous vérifierons individuellement avec chacune d’entre elles quelles sont leurs priorités et quels sont les postes pour lesquels une efficacité accrue pourrait permettre la réalisation d’économies.

L’accès du public aux collections est un objectif à long terme.

(…)  Je suis en effet partisane de l’indépendance. Mais je n’ai jamais dit que je voulais supprimer les conseils scientifiques. L’autonomie des établissements peut être renforcée par le biais du crowd funding, du mécénat ou du parrainage médiatique. L’autonomie n’est pas de la communautarisation.

Nous n’allons pas soutenir les administrations mais le personnel. Nous allons nous occuper d’urgence de l’insertion du personnel dans les ESF.

Laurette Onkelinx (PS): En termes de concertation avec les établissements scientifiques, discutez-vous directement avec les responsables ou envoyez-vous un courrier pour demander des informations avant de trancher? Avec la Région de Bruxelles-Capitale, comment et avec qui se déroulent les concertations? Y a-t-il un accord avec la Région?

Elke Sleurs, secrétaire d’État (en français): Comme je l’ai dit en commission, je veux déterminer comment rassembler toutes les collections en un seul lieu. Pour l’instant, 3 000 m2 d’exposition sont libres. Je n’ai pas dit qu’on allait en finir avec la collection du Musée Fin de Siècle.

Laurette Onkelinx (PS): Pouvez-vous revenir sur vos déclarations pour exécuter loyalement l’accord conclu entre le fédéral et la Région?

Elke Sleurs, secrétaire d’État (en néerlandais): Les deux pistes de réflexion seront appréciées sur la base de leurs avantages. Pour l’heure, nous examinons la possibilité de retour de la collection d’art moderne.

 

http://www.lachambre.be/doc/PCRA/pdf/54/ap023.pdf

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NOTE DE POLITIQUE GÉNÉRALE. 2015

CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS DE BELGIQUE, 8 décembre 2014, NOTE DE POLITIQUE GÉNÉRALE. La Politique scientifique

LA POLITIQUE SCIENTIFIQUE PASSE LA VITESSE SUPÉRIEURE

Introduction

La politique scientifique englobe la recherche scientifique fondamentale et appliquée, mais également les collections d’objets d’art et d’histoire naturelle, les artefacts, livres et documents. Une politique scienti- fique bien étayée peut former un moteur du pays et, par une collaboration internationale énergique, susciter une réelle dynamique. Les points d’action d’une telle politique scientifique globale dynamique en 2015 comprennent entre autres: devenir un acteur entreprenant à l’échelle nationale, mais également régionale et internationale; nouer des alliances avec d ’autres établissements scientifiques, le monde de l’enseignement et des entreprises; organiser une concurrence constructive entre les différents acteurs scientifiques; opter résolument pour le développement du talent et les industries créatives et favoriser l’intégration active des instituts dans leur environnement.

A. — LES ÉTABLISSEMENTS SCIENTIFIQUES FÉDÉRAUX

1. Recherche

Par notre politique, nous renforcerons la position des Établissements Scientifiques Fédéraux (ESF). Ils seront le moteur de la politique scientifique. Nous nous engageons fortement au profit de la recherche fondamentale. Les ESF, à leur tour, doivent pouvoir affirmer leur statut d’organismes modernes et d’inter- locuteurs crédibles.

La collaboration entre les ESF améliorera leur efficience et leur performance, mais renforcera également leur expertise scientifique ainsi que leur savoir destiné au grand public. L’exposition en cours aux Musées Royaux d’Art et d’Histoire, consacrée à l’art rupestre de la grotte de Lascaux, est un bel exemple de col- laboration entre cet ESF, l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique et un partenaire privé étranger. L’exposition présente les collections archéologiques et atteste des connaissances scientifiques des deux établissements. On s’efforcera de développer le par- tage des connaissances dans le même état d’esprit. Les ESF deviendront des plates-formes de rencontres et d’échanges d’informations entre établissements scientifiques et autres institutions.

J’ai déjà lancé la concertation avec les ESF afin de fixer leurs priorités. J’évaluerai les résultats de ce questionnaire en 2015 et l’implémenterai si nécessaire.

2. Numérisation

Les musées fédéraux détiennent de vrais trésors scientifiques et culturels. Mais tant qu’ils ne sont pas consultables sur Internet, ils sont pour ainsi dire inexis- tants pour l ’ensemble de la société.

L’implémentation du programme Digit 03 sera poursuivie, de façon à accélérer le processus de numérisa- tion des collections fédérales. Il facilite la consultation et garantit surtout la protection d’œuvres et de pièces fra- giles ou anciennes. Je songe notamment aux nombreux manuscrits et enluminures précieux de la Bibliothèque Royale de Belgique.

Le système Open Access vise à mettre en ligne les publications scientifiques afin qu’elles soient consultables plus facilement et par le plus grand nombre. En cas d’évaluation positive, le projet pilote sera encore étendu en 2015 à d’autres ESF, pour que leurs publications puissent également être mises en valeur et les résultats de recherches diffusés de façon plus ciblée.

3. Collaboration internationale

Les ESF contribuent au rayonnement international de notre patrimoine scientifique et culturel. L’Institut Royal du Patrimoine Artistique se profile comme un acteur international qui collabore également avec les instituts des autres niveaux de politique en Belgique. Le projet de restauration de l’Agneau Mystique illustre parfaitement l’encadrement efficace mené par des spécialistes nationaux et internationaux. Le processus de restauration au musée des Beaux-Arts de Gand est en outre visible par le grand public, ce qui crée une plus-value éducative, mais aussi publicitaire.

Les ESF qui ont une fonction muséale lanceront des projets d’exposition s’appuyant sur leurs propres collections, dont la spécificité et la haute qualité sont reconnues. Ces projets artistiques belges doivent également pouvoir être exposés par des musées étrangers. Cela renforcera l’image des ESF et permettra de réaliser des économies financières. Des colloques consacrés à des sujets pour lesquels les chercheurs des ESF sont réputés mettront le travail scientifique des chercheurs des différents ESF en valeur à l’échelle internationale. (…)

4. Activités pour le public

La recherche fondamentale et la recherche appliquée ont une valeur économique, mais également sociétale. Elles aboutissent à des réalisations qui améliorent à la fois la cohésion et les conditions de vie matérielles de la société. Les sciences humaines jouent ici un rôle de premier plan: elles renforcent l’être intérieur au niveau sensoriel, intellectuel et émotionnel.

Les Établissements Scientifiques Fédéraux doivent assumer des missions sociales et légales. L’ouverture au public en est une, et non des moindres. Les groupes plus précaires doivent continuer à pouvoir compter sur cette attention spécifique.

Cette ouverture au public peut prendre différents visages. Communication, promotion, marketing, contacts avec la presse et relations publiques, éducation, diffusion d’informations, muséologie, accueil, tourisme, événements: autant de domaines qui en font partie. Ils amènent le visiteur à réfléchir sur le patrimoine, la nature, l’art et la culture, dans un esprit d’humanisation et de création de sens. Ces deux notions sont étroitement imbriquées à la fois dans l’enseignement, la recherche et la société. Les ESF détiennent à ce niveau les connaissances requises. J’inciterai les ESF en 2015 à poursuivre leur ouverture au public, dans un cadre budgétaire plus restreint. Les grands événements publics de qualité permettent aux initiatives plus modestes de continuer à vivre. Avec les directeurs des ESF, je veillerai à ce que les moyens disponibles à des fins éducatives soient affectés de façon rationnelle. Le questionnement critique quant à la finalité des activités doit être permanent.

5. Patrimoine immobilier

Les bâtiments hébergeant les différents Établissements Scientifiques Fédéraux sont des témoins de l’histoire et de la grandeur de notre pays, mais leur état actuel est souvent déplorable. Le patrimoine classé doit être restauré aussi rapidement que possible. Nous avons l’obligation de protéger ce patrimoine pour les générations actuelles et ultérieures, afin de pouvoir à nouveau exposer et conserver sans risque les œuvres d’art, documents, objets de sciences naturelles et autres. Ainsi épargnés des contrariétés, les visiteurs et les membres du personnel pourront consacrer leur attention aux pièces d’exposition de valeur. Une première réunion avec le ministre chargé de la Régie des Bâtiments, consacrée à cette problématique, a déjà eu lieu.

L’accord de gouvernement stipule en outre que “La rénovation et l’entretien des infrastructures de valeur existantes ont priorité sur les nouvelles initiatives.”

Le problème d’un musée d’art moderne, contemporain et actuel est connu de tous. Le musée existant a été fermé et vidé de son contenu en 2011. Cette décision était injustifiée: les artistes ont soudainement perdu une scène importante et le public, une collection appréciée. Plusieurs pistes sont aujourd’hui envisagées et avan- cées dans les médias: mais pour moi, celles d’autres bâtiments, considérés comme des enveloppes plus importantes que les collections qu’ils sont censés abriter, ne sont pas une priorité. Elles ne reposent pas sur une recherche préparatoire fondée de l’investissement initial et des coûts d ’exploitation ultérieurs. C ’est pourquoi on examine de quelle façon la collection d’art moderne des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique pourrait de nouveau être intégrée dans ses bâtiments.

La préservation du patrimoine architectural de valeur ne va pas sans rénovation ni modernisation. Le Musée Royal d’Afrique Centrale en est un excellent exemple. Cet établissement prépare impatiemment sa réouverture en 2017, après des années de préparation fertile. Cet institut renommé a développé une vision claire pour traduire ses idées envers le grand public. Il montre qu’un ESF est en mesure de mener à bien un projet complexe par le biais d’une méthode bien planifiée.

L’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique procède à la rénovation systématique de ces salles en suivant une vision bien établie.

6. Situation financière et perspectives

Décidée à continuer d’assumer ses engagements financiers envers la politique scientifique, l’autorité fédé- rale ne peut néanmoins cacher qu’il faudra se montrer plus parcimonieux envers les moyens publics. Je suis malgré tout convaincue que des mesures judicieuses permettront d’améliorer la qualité et l’efficacité de la recherche et de l’ouverture au public.

En faisant une nouvelle fois confiance au secteur privé, je compte à nouveau encourager sa participation au financement de la politique scientifique. Par des accords administratifs, les ESF seront entraînés à prendre des initiatives en ce sens. Dans ce cadre, je veux valoriser le mécénat par un positionnement plus constructif des autorités fédérales et des ESF.

Les canaux de financement traditionnels, comme le sponsoring et le sponsoring médiatique, devraient idéalement évoluer vers des partenariats structurels durables basés sur le long terme. La confiance mutuelle peut être mieux soutenue et en sortir renforcée.

Une forme plus modeste de collecte de fonds, comme la méthode de crowdfunding, ouvre des opportunités pour impliquer davantage le grand public au fonctionne- ment des Établissements Scientifiques Fédéraux. Une étude du bureau de consultance KPMG du 27 novembre dernier en a d’ailleurs révélé le potentiel.

7. Le SPP Politique Scientifique et les Établissements Scientifiques Fédéraux

Supprimer le Service Public de Programmation Politique Scientifique ne signifie nullement rogner sur la recherche scientifique, bien au contraire.

Nous voulons tisser une relation de confiance entre les autorités fédérales et leurs instituts scientifiques. En ce sens, nous supprimons des structures adminis- tratives superflues et évoluons vers des organisations modernes et transparentes. Par les accords administratifs conclus à cet effet, nous accordons l’autonomie nécessaire en échange d ’objectifs clairement définis. Nous faisons ainsi confiance au management pour mener une politique rationnelle. En outre, l’expertise du personnel sera pleinement estimée et mise en valeur.

Un dialogue avec les directeurs généraux des Établissements Scientifiques Fédéraux nous permettra de dresser l’état de leur fonctionnement, leurs ambitions, leurs besoins et leurs préoccupations. La spécificité de chaque ESF sera respectée. Ils auront la possibilité de devenir des instituts du XXIe siècle et d’optimaliser leur ancrage sociétal. Nous attendons surtout de chaque direction des efforts pour résoudre ensemble les problèmes, faire prospérer chaque établissement et en améliorer la performance. C’est une nette rupture avec le passé.

(…)

Conclusion

La politique scientifique fédérale se trouve devant de grands défis. Des choix clairs exprimés dans cette note de politique permettront, avec le soutien de tous les ac- teurs, d’opérer à court terme le revirement nécessaire. Il doit être clair pour chacun que la politique scientifique est une priorité pour ce gouvernement.

La secrétaire d’État à la Politique Scientifique, Elke SLEURS

 

http://www.dekamer.be/FLWB/PDF/54/0588/54K0588036.pdf

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Sleurs et le futur musée : pas au Citroën, plutôt rénover

Elke Sleurs (N-VA), la secrétaire d’Etat à la Politique scientifique, responsable entre autres des ESF, établissements scientifiques fédéraux (les grands musées, etc.) a envoyé lundi soir sa “Note de politique 2015”, intitulée “La Politique scientifique passe la vitesse supérieure”. On attendait un exposé plus précis, établissement par établissement, des annonces sur les procédures de nominations urgentes, etc. Mais la note reste souvent générale et Elke Sleurs renvoie la balle à 2015 avec des éléments plus précis qui seront pris sur la base d’une concertation entamée avec chaque ESF :
“J’ai déjà lancé la concertation avec les ESF afin de fixer leurs priorités. J’évaluerai les résultats de ce questionnaire en 2015 et l’implémenterai si nécessaire”.Le Futur musée. La question épineuse de l’implantation du futur nouveau musée d’Art moderne est abordée. On sait que la Région bruxelloise le veut au garage Citroën, près du Canal ; l’ancien ministre Stefaan De Clerck, président de Proximus, lançait la piste du palais de justice ; l’ancien bâtiment Vanderborght est aussi en piste. Mais Elke Sleurs balaie pour l’instant ces pistes “des médias” et privilégie celle de la rénovation des salles du musée actuel des Beaux-Arts (elle doit pour cela avoir l’appui de Jan Jambon, N-VA, responsable de la Régie des bâtiments). Elle écrit, sans citer le Citroën : “Le problème d’un musée d’Art moderne, contemporain et actuel, est connu de tous. Le musée existant a été fermé et vidé de son contenu en 2011. Cette décision était injustifiée : les artistes ont soudainement perdu une scène importante et le public, une collection appréciée. Plusieurs pistes sont aujourd’hui envisagées et avancées dans les médias : mais pour moi, celles d’autres bâtiments, considérés comme des enveloppes plus importantes que les collections qu’ils sont censés abriter, ne sont pas une priorité. Elles ne reposent pas sur une recherche préparatoire fondée de l’investissement initial et des coûts d’exploitation ultérieurs. C’est pourquoi on examine de quelle façon la collection d’art moderne des musées royaux des Beaux-Arts de Belgique pourrait de nouveau être intégrée dans ses bâtiments”.Le ministre- président de la Région bruxelloise, Rudi Vervoort (PS), a réagi: “Nous mettrons sur pied un Musée d’art moderne et contemporain, le long du canal, avec ou sans le fédéral”, nous a-t-il dit.

(…)

Réservé aux ABONNÉS.  http://www.lalibre.be/culture/politique/sleurs-et-le-futur-musee-pas-au-citroen-plutot-renover-5487030035707696bb016700

GUY DUPLAT. La Libre.  09 décembre 2014 

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L. Onkelinx, 4e ministre d’un Musée d’art moderne fermé

Musée sans Musée a écrit à Madame Onkelinx, le 1er octobre 2014

 

Madame la Ministre,

Vous êtes depuis peu et sans doute pour peu de temps encore, chargée de la Politique scientifique.

Vous êtes donc la ministre de tutelle des “musées fédéraux”, parmi lesquels les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.

Vous savez qu’au sein des Musées royaux se trouve un Musée d’art moderne fermé. Votre tutelle s’exerce donc sur un musée fermé ; de même, son directeur dirige un musée qu’il a pris l’initiative de fermer.

C’était en février 2011.

Depuis cette date, vous êtes la quatrième ministre en charge de la politique scientifique.

Depuis cette date, le public n’a accès qu’à une maigre sélection d’oeuvres des collections des 20e et 21e siècles.

Depuis trois ans et demi, les élèves et étudiants n’ont d’autres possibilités que de visiter des expositions ou musées onéreux et/ou loin de Bruxelles. Les collections des MRBAB ne seront réalistement pas exposées dans leur ensemble avant 2 ou 3 ans. Enfants et jeunes resteront donc pendant un cycle entier d’étude sans contact sensible avec l’art de ce temps et des décennies précédentes.

Par la fermeture du Musée d’art moderne et l’occultation des collections, les Musées royaux ne remplissent pas leur mission de service public au service des publics. Ils dérogent à leurs missions essentielles de présentation des oeuvres et de leur médiation.

Depuis février 2011, le collectif Musée sans Musée déplore cette situation consternante. Il demande le redéploiement immédiat et permanent de l’art des 20e et 21e siècles, quelles que soient les options futures,
ainsi qu’un large débat avec tous les partenaires concernés.

Musée sans Musée sollicite de votre part, Madame la Ministre, d’affirmer clairement et fermement que les publics sont au centre de vos préoccupations et que l’accessibilité de l’ensemble des collections reste une priorité.

Veuillez croire, Madame la Ministre, à l’assurance de notre considération distinguée.

 

P.S.         Ce courrier et la réponse que vous voudrez bien lui apporter seront communiqués à la presse. Ils seront publiés sur museesansmusee.wordpress.com, sur museumzondermuseum.wordpress.com et sur www.facebook.com/msm.mzm.

 

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« Bruxelles a quasi acheté le futur musée d’art moderne »

COLLEYN MATHIEU. La Libre. 03 septembre 2014. 

 

Commentaire de MsM :

1. Inscrire – au crayon – que l’ouverture est prévue en 2017… 

2. Retenir que « Tout est encore à discuter ».

3. Savoir que la finalisation de ce projet dépendra de la bonne entente entre la Région et le fédéral

4. Observer que  l’objectif est de développer le tourisme dans la capitale… 

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