Musée sans musée

Suite à un appel lancé par l’artiste Bernard Villers le 18 février 2011, un groupe d’artistes, de galeristes, de commissaires d’expositions, de collectionneurs, d’enseignants, d’amateurs et d’historiens d’art,  se mobilise contre la fermeture du Musée d’Art moderne .

Plusieurs actions ont été menées, à commencer par une pétition et des rassemblements au Musée, les premiers mercredis du mois à 13 h.

La presse, les institutions et associations culturelles, le milieu de  l’enseignement et le monde politique relaient nos préoccupations et revendications.

Nous voulons
– le redéploiement permanent de l’art des XXe et XXIe siècles, dès maintenant, quelles que soient les options futures
– un large débat public avec tous les partenaires concernés.

La fermeture du musée d’art moderne de Bruxelles n’a pas laissé indifférent : les milieux politiques, ceux des affaires et de la finance et le monde culturel belge bougent.

On nous annonce :
– Un nouveau musée d’art moderne et contemporain dans 20 ans : Bravo !
– Une solution intermédiaire dès 2012 (!) dans les anciens établissements Vanderborght (à partager avec la Monnaie). Ceux-ci abriteraient un «laboratoire» qui préfigurerait le futur musée d’art moderne et contemporain. Encore bravo !

Nous sommes vigilants et le resterons tant que ces projets ne se transformeront pas en réalités concrètes. Notre demande n’a pas changé : nous voulons un redéploiement permanent de nos collections du XX° et du XXI° siècle.

Nous sommes aussi sceptiques. Nous constatons en effet que les musées publics européens sont de plus en plus soumis à des pressions politiques et marchandes (collectionneurs, marché de l’art, tourisme, sous-traitants… ). Cette double dépendance entrave la liberté et oriente les options des directeurs de musée. La situation actuelle des MRBAB (Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique), tant dans leurs infrastructures que dans la présentation des collections permanentes d’art ancien et d’art moderne, s’inscrit dans un contexte assez général de transformation, voire de dérive. Les musées sont tentés de donner la priorité à l’évènement aux dépens de leurs fonctions de conservation des oeuvres et d’exposition du patrimoine au public.
Le débat est là. Poursuivons-le !


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