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Elke Sleurs et son big bang des institutions culturelles

Elke Sleurs, secrétaire d’Etat N-VA à la politique scientifique a expliqué vendredi (NDLR 11 décembre 2015) pour la première fois sa politique. Elle est en charge des 10 établissements scientifiques fédéraux, les ESF: les musées des Beaux-Arts, Tervuren, Sciences naturelles, Cinquantenaire, Irpa et la Bibliothèque royale, Archives, IRM, Observatoire, IAS. Elle a profité pour cela de la remise du rapport Els Witte (professeur à la VUB) sur les ESF.

Dans la longue polémique sur l’avenir du musée d’Art moderne fermé depuis près de 5 ans, Elke Sleurs a été très claire. Pas question de replacer ces collections d’Art moderne, dans l’ex-garage Citroën acquis par la Région bruxelloise et qui n’est, dit-elle, « absolument pas adéquat pour un musée m’ont dit les bouwmeesters et les experts. Un garage n’est pas un musée ». Pas question non plus comme le prévoyait le précédent gouvernement, de les placer dans les ex-magasins Vanderborght que la ville de Bruxelles va d’ailleurs revendre. Plus question non plus, de les replacer dans le nouveau Musée fin-de-siècle comme elle l’avait elle-même évoqué.

Elle veut rouvrir, dit-elle, le musée d’Art moderne dans 3000 m2 actuellement inoccupés. Ce sont des bâtiments de la rue de la Régence qui seront rénovés par la Régie des bâtiments. Il semble que cela suffise et ne nuirait pas aux projets des départements d’Art ancien du musée. De manière ironique, Sleurs souligne qu’elle, pourtant N-VA, se bat pour garder au fédéral, les collections !

Faire comme Bozar

Plus généralement, Sleurs veut autonomiser chaque institution (le total contraire de la politique du gouvernement précédent et de Philippe Mettens, le chef de l’administration de la Politique scientifique, évincé par Sleurs qui voulait les centraliser).

Suivant l’exemple de Bozar qui a le statut d’une société anonyme de droit public à finalité sociale, elle veut donner à chacune la personnalité juridique et les regrouper ensuite en « cluster » (groupes d’institutions mais sans expliquer encore quels seront ces « clusters »). Il y aura un conseil d’administration autonome par « cluster » qui négociera un contrat de gestion spécifique avec l’Etat. Ces C.A. seraient ouverts à d’autres partenaires comme les Régions et Communautés.

Cogestion dans le futur ?

Elke Sleurs a aussi évoqué l’avenir institutionnel de ces ESF. Elle veut les maintenir sous cette législature, dans le statut fédéral actuel. Même si, dit-elle, elles possèdent un know-how qui n’est que partiellement utilisé faute d’accord plus étroit avec les Communautés. Mais pour la prochaine législature, elle, et donc la N-VA, ne ferme aucune porte.

Elle réfute qu’il y aurait un danger de diviser les collections des musées entre les Communautés comme cela s’est passé avec la bibliothèque de l’UCL en 1968. Les collections resteront bien entières. Mais, dit-elle, ces institutions fédérales pourraient à l’avenir, être directement cogérées par les entités fédérées (ce que celles-ci refusent nettement).

Notons enfin que le rapport Els Witte commandé par les Académies flamandes et non pas par Elke Sleurs, fait un résumé du débat sur les ESF en étant particulièrement assassin contre Michel Draguet, le directeur du musée des Beaux-Arts, citant surtout, à charge, les attaques venues de la N-VA contre lui. Els Witte évoque d’ailleurs à demi-mot, le vrai feuilleton qui oppose dans ces dossiers la Région bruxelloise et le PS, au fédéral et à la N-VA.

 

GUY DUPLAT. La Libre.   vendredi 11 décembre 2015.

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Chambre des Représentants – 17/12/2014

Monica De Coninck (sp.a): La Belgique se retrouve avec plusieurs orphelins dont la secrétaire d’État Sleurs est la mère et le ministre Reynders, le père, illégitime ou non. Ces deux parents abandonnent leurs enfants. Ils se querellent à propos de leur éducation, sans doute sont-ils hargneux en raison des économies qu’ils doivent réaliser. L’un des deux parents veut réduire l’argent de poche des enfants, l’autre veut le maintien de la pension alimentaire réduite. Les orphelins ne sont pas seuls, ils ont les Régions et Communautés pour oncles et tantes qui leur donnent de temps en temps un peu d’argent. Mais les oncles et les tantes ont eux-mêmes déjà suffisamment d’enfants et ne veulent pas trop se mêler de cette histoire.

Heureusement, les enfants – et je vise par-là bien entendu les établissements culturels et scientifiques – s’en sont bien tirés au cours des dernières décennies. Nombre d’entre eux, comme Bozar, La Monnaie, les Musées royaux d’Art et d’Histoire (MRAH) et les Musées royaux des Beaux-Arts (MRBA) se sont transformés de vilains petits canards en magnifiques cygnes. Ils doivent néanmoins vivre selon leurs moyens et leurs possessions font souvent l’objet de disputes conjugales.

J’appelle la secrétaire d’État et le ministre à prendre l’initiative dans le cadre d’une tactique de négociation confédérale adulte. Pourquoi ne pas organiser une table ronde avec l’ensemble des autorités, des villes et des directeurs des établissements concernés? À défaut, des collections d’art prestigieuses resteront reléguées dans des caves humides.

Le gouvernement bruxellois souhaite loger la collection qui dépérit actuellement dans une cave humide dans un show-room automobile transformé, mais la secrétaire d’État estime que cette collection doit être intégrée dans les bâtiments existants. Actuellement, ceux-ci abritent toutefois le musée Magritte et un musée art déco. En outre, aucun budget n’est disponible pour la transformation des bâtiments situés au Mont des Arts. (NDLR : ce paragraphe contient plusieurs erreurs)

Le ministre Reynders a fait une exception pour Bozar qui devra moins économiser mais pour autant, il n’y pas de quoi se réjouir. Dans une ville internationale comme Bruxelles, ce type d’institution culturelle doit précisément recevoir plus de moyens. Si l’on veut qu’elles soient plus efficaces, il faut y investir davantage. (…)

La secrétaire d’État Sleurs se montre plus sévère encore que le ministre Reynders dans les économies qu’elle impose aux établissements scientifiques fédéraux.

Le dossier de la collaboration est transféré, pour une ouverture prudente, aux Archives du Royaume. La secrétaire d’État Sleurs entend également atteindre la norme ICOM pour les musées. (NDLR : La norme ICOM ?) Elle nourrit donc de grandes ambitions, mais où sont les moyens pour les réaliser?

Plaiderions-nous soudain, nous les socialistes, pour des institutions artistiques élitaires? Pas du tout. La démocratisation et le rajeunissement de l’art et de la culture sont, précisément, l’œuvre des socialistes et des libéraux. L’art et la culture apportent la lumière lorsque les temps se font obscurs. J’espère que nos institutions se verront offrir l’occasion de continuer à s’épanouir.

Nous sommes opposés à ces économies et n’approuvons pas ce budget. (Applaudissements sur les bancs du sp.a)

Fabienne Winckel (PS): Les auditions de la secrétaire d’État en commission ont démontré, comme nous le lisions déjà entre les lignes, qu’en ce qui concerne la culture et la politique scientifique, l’excellence n’a pas sa place au fédéral.

Les contradictions entre les intentions et les mesures concrètes annoncées sont criantes. Première contradiction: le gouvernement pratique la concertation a posteriori en annonçant unilatéralement une réorganisation des salles du Musée Royal des Beaux-Arts sans même en avertir son directeur. Où est la concertation quand la note de politique générale d’un vice-Premier ministre annonce un musée d’art moderne au bâtiment Vanderborght alors que la note de la secrétaire d’État réintègre ce musée rue de la Régence?

Autre contradiction : Mme Sleurs insinue que les précédentes majorités ont suscité la méfiance du secteur. C’est oublier que la politique spatiale internationale a toujours été élaborée dans un cadre soutenu par les industriels du secteur ou que deux musées publics d’envergure internationale sont nés ces dernières années grâce à des partenariats avec le secteur privé. Vos annonces fracassantes, Madame la Secrétaire d’État, ont en revanche déjà suscité une grande méfiance.

Madame la Secrétaire d’État, combien de musées comptez-vous ouvrir et combien de musées comptez-vous fermer?

Troisième contradiction: des restructurations qui coûteront et affaibliront. Sans aucune analyse, vous supprimez unilatéralement le SPPPolitique scientifique, peu importe les certifications ISO 9000 et les économies d’échelle réalisées au bénéfice des établissements scientifiques fédéraux.

Quatrième contradiction: une indépendance scientifique sous tutelle politique. Vous semblez douter de l’indépendance des établissements scientifiques fédéraux mais, dans le même temps vous dites que « vous financerez des projets des établissements scientifiques fédéraux uniquement si ceux-ci sont conformes à l’accord de gouvernement ». Où est l’indépendance avec vous?

Cinquième contradiction: des ambitions volontairement floues. Après vous avoir entendue, il est impossible de comprendre quels sont les objectifs que vous visez réellement. Par exemple, vous dites soutenir la recherche fondamentale, mais en même temps vous supprimez des centaines de postes de chercheurs.

J’en viens à la sixième et dernière contradiction: une communautarisation qui ne dit pas son nom. Chers collègues libéraux, ce que vous avez contribué à construire est aujourd’hui détruit sous vos yeux. (…)

Plus subtil, les établissements scientifiques fédéraux sont isolés les uns des autres, pour faciliter leur communautarisation future. Je ne vois pas d’autre explication à ces mesures d’affaiblissement. Au fond, de la part de la N-VA, c’est compréhensible: l’excellence, quand elle est belge, peut être gênante. (Applaudissements sur les bancs des socialistes)

 

01.33 Elke Sleurs, secrétaire d’État (en néerlandais): S’agissant de la Politique scientifique, nous nourrissons de réelles ambitions bien que nous serons contraints d’aligner les dépenses sur les moyens. Au moment de mon entrée en fonction, j’ai immédiatement interrogé par écrit l’ensemble des établissements scientifiques fédéraux à propos des projets qu’ils jugent prioritaires. La plupart des institutions nous ont déjà répondu et nous vérifierons individuellement avec chacune d’entre elles quelles sont leurs priorités et quels sont les postes pour lesquels une efficacité accrue pourrait permettre la réalisation d’économies.

L’accès du public aux collections est un objectif à long terme.

(…)  Je suis en effet partisane de l’indépendance. Mais je n’ai jamais dit que je voulais supprimer les conseils scientifiques. L’autonomie des établissements peut être renforcée par le biais du crowd funding, du mécénat ou du parrainage médiatique. L’autonomie n’est pas de la communautarisation.

Nous n’allons pas soutenir les administrations mais le personnel. Nous allons nous occuper d’urgence de l’insertion du personnel dans les ESF.

Laurette Onkelinx (PS): En termes de concertation avec les établissements scientifiques, discutez-vous directement avec les responsables ou envoyez-vous un courrier pour demander des informations avant de trancher? Avec la Région de Bruxelles-Capitale, comment et avec qui se déroulent les concertations? Y a-t-il un accord avec la Région?

Elke Sleurs, secrétaire d’État (en français): Comme je l’ai dit en commission, je veux déterminer comment rassembler toutes les collections en un seul lieu. Pour l’instant, 3 000 m2 d’exposition sont libres. Je n’ai pas dit qu’on allait en finir avec la collection du Musée Fin de Siècle.

Laurette Onkelinx (PS): Pouvez-vous revenir sur vos déclarations pour exécuter loyalement l’accord conclu entre le fédéral et la Région?

Elke Sleurs, secrétaire d’État (en néerlandais): Les deux pistes de réflexion seront appréciées sur la base de leurs avantages. Pour l’heure, nous examinons la possibilité de retour de la collection d’art moderne.

 

http://www.lachambre.be/doc/PCRA/pdf/54/ap023.pdf

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« Pas touche aux collections fédérales d’art moderne »

« Le fédéral s’occupe légitimement de valoriser ses collections d’art moderne, que Bruxelles se concentre sur l’art contemporain s’il veut se distinguer », dit le nouveau président du MR, Olivier Chastel.  

  • Le Parti socialiste défend la création d’un musée d’art moderne et contemporain dans les garages Citroën à Bruxelles, le fédéral dit que les collections doivent rester au fédéral. Qu’en pensez-vous ?

Ce débat-là est un très bon exemple de la stigmatisation des ministres fédéraux par le Parti socialiste et singulièrement des ministres de la N-VA. La secrétaire d’Etat Elke Sleurs ne fait qu’appliquer l’accord de gouvernement : elle veut valoriser les musées existant, elle veut réaménager ceux qui doivent l’être. Elle veut mener une gestion en bon père de famille. Elle veut aussi sortir des caves les collections d’art moderne du fédéral. Le fait de vouloir sortir les collections d’art moderne existant, ce n’est pas de la foutaise ! Elle défend les musées fédéraux, ressort des caves des collections et va les mettre à profit de tout le monde.

  • Mais la Région bruxelloise veut les récupérer pour les mettre dans le nouveau musée Citroën…

Mais si Bruxelles veut se distinguer sur la scène culturelle, c’est une bonne idée de réfléchir à un musée, mais un musée d’art contemporain. Comme le Guggenheim ou le musée Vuitton à Paris. Qu’on ne se trompe pas de cible : c’est de l’art contemporains, pas d’amalgame. Sur Bruxelles, on mérite un musée d’art contemporain, mais au niveau de l’art moderne, ça le fédéral va ressortir les collections et les exposer via les musées royaux. Le fédéral s’en occupe. Je pense qu’on entretient une confusion entre l’art moderne et l’art contemporain. Sur l’art contemporain, le fédéral peut éventuellement voir si on peut aider la Région bruxelloise, c’est a Didier Reynders a examiner cela. Mais que la Région bruxelloise voit aussi si elle a des sponsors privés. ON sait qu’il faut s’adosser à un sponsor privé pour ce genre de conception nouvelle d’art contemporain. On ne va pas prendre les toiles du fédéral pour un nouveau projet contemporain à Bruxelles : le fédéral s’occupe déjà de cela.

Martin Buxant, L’Echo, 12 décembre 2014

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NOTE DE POLITIQUE GÉNÉRALE. 2015

CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS DE BELGIQUE, 8 décembre 2014, NOTE DE POLITIQUE GÉNÉRALE. La Politique scientifique

LA POLITIQUE SCIENTIFIQUE PASSE LA VITESSE SUPÉRIEURE

Introduction

La politique scientifique englobe la recherche scientifique fondamentale et appliquée, mais également les collections d’objets d’art et d’histoire naturelle, les artefacts, livres et documents. Une politique scienti- fique bien étayée peut former un moteur du pays et, par une collaboration internationale énergique, susciter une réelle dynamique. Les points d’action d’une telle politique scientifique globale dynamique en 2015 comprennent entre autres: devenir un acteur entreprenant à l’échelle nationale, mais également régionale et internationale; nouer des alliances avec d ’autres établissements scientifiques, le monde de l’enseignement et des entreprises; organiser une concurrence constructive entre les différents acteurs scientifiques; opter résolument pour le développement du talent et les industries créatives et favoriser l’intégration active des instituts dans leur environnement.

A. — LES ÉTABLISSEMENTS SCIENTIFIQUES FÉDÉRAUX

1. Recherche

Par notre politique, nous renforcerons la position des Établissements Scientifiques Fédéraux (ESF). Ils seront le moteur de la politique scientifique. Nous nous engageons fortement au profit de la recherche fondamentale. Les ESF, à leur tour, doivent pouvoir affirmer leur statut d’organismes modernes et d’inter- locuteurs crédibles.

La collaboration entre les ESF améliorera leur efficience et leur performance, mais renforcera également leur expertise scientifique ainsi que leur savoir destiné au grand public. L’exposition en cours aux Musées Royaux d’Art et d’Histoire, consacrée à l’art rupestre de la grotte de Lascaux, est un bel exemple de col- laboration entre cet ESF, l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique et un partenaire privé étranger. L’exposition présente les collections archéologiques et atteste des connaissances scientifiques des deux établissements. On s’efforcera de développer le par- tage des connaissances dans le même état d’esprit. Les ESF deviendront des plates-formes de rencontres et d’échanges d’informations entre établissements scientifiques et autres institutions.

J’ai déjà lancé la concertation avec les ESF afin de fixer leurs priorités. J’évaluerai les résultats de ce questionnaire en 2015 et l’implémenterai si nécessaire.

2. Numérisation

Les musées fédéraux détiennent de vrais trésors scientifiques et culturels. Mais tant qu’ils ne sont pas consultables sur Internet, ils sont pour ainsi dire inexis- tants pour l ’ensemble de la société.

L’implémentation du programme Digit 03 sera poursuivie, de façon à accélérer le processus de numérisa- tion des collections fédérales. Il facilite la consultation et garantit surtout la protection d’œuvres et de pièces fra- giles ou anciennes. Je songe notamment aux nombreux manuscrits et enluminures précieux de la Bibliothèque Royale de Belgique.

Le système Open Access vise à mettre en ligne les publications scientifiques afin qu’elles soient consultables plus facilement et par le plus grand nombre. En cas d’évaluation positive, le projet pilote sera encore étendu en 2015 à d’autres ESF, pour que leurs publications puissent également être mises en valeur et les résultats de recherches diffusés de façon plus ciblée.

3. Collaboration internationale

Les ESF contribuent au rayonnement international de notre patrimoine scientifique et culturel. L’Institut Royal du Patrimoine Artistique se profile comme un acteur international qui collabore également avec les instituts des autres niveaux de politique en Belgique. Le projet de restauration de l’Agneau Mystique illustre parfaitement l’encadrement efficace mené par des spécialistes nationaux et internationaux. Le processus de restauration au musée des Beaux-Arts de Gand est en outre visible par le grand public, ce qui crée une plus-value éducative, mais aussi publicitaire.

Les ESF qui ont une fonction muséale lanceront des projets d’exposition s’appuyant sur leurs propres collections, dont la spécificité et la haute qualité sont reconnues. Ces projets artistiques belges doivent également pouvoir être exposés par des musées étrangers. Cela renforcera l’image des ESF et permettra de réaliser des économies financières. Des colloques consacrés à des sujets pour lesquels les chercheurs des ESF sont réputés mettront le travail scientifique des chercheurs des différents ESF en valeur à l’échelle internationale. (…)

4. Activités pour le public

La recherche fondamentale et la recherche appliquée ont une valeur économique, mais également sociétale. Elles aboutissent à des réalisations qui améliorent à la fois la cohésion et les conditions de vie matérielles de la société. Les sciences humaines jouent ici un rôle de premier plan: elles renforcent l’être intérieur au niveau sensoriel, intellectuel et émotionnel.

Les Établissements Scientifiques Fédéraux doivent assumer des missions sociales et légales. L’ouverture au public en est une, et non des moindres. Les groupes plus précaires doivent continuer à pouvoir compter sur cette attention spécifique.

Cette ouverture au public peut prendre différents visages. Communication, promotion, marketing, contacts avec la presse et relations publiques, éducation, diffusion d’informations, muséologie, accueil, tourisme, événements: autant de domaines qui en font partie. Ils amènent le visiteur à réfléchir sur le patrimoine, la nature, l’art et la culture, dans un esprit d’humanisation et de création de sens. Ces deux notions sont étroitement imbriquées à la fois dans l’enseignement, la recherche et la société. Les ESF détiennent à ce niveau les connaissances requises. J’inciterai les ESF en 2015 à poursuivre leur ouverture au public, dans un cadre budgétaire plus restreint. Les grands événements publics de qualité permettent aux initiatives plus modestes de continuer à vivre. Avec les directeurs des ESF, je veillerai à ce que les moyens disponibles à des fins éducatives soient affectés de façon rationnelle. Le questionnement critique quant à la finalité des activités doit être permanent.

5. Patrimoine immobilier

Les bâtiments hébergeant les différents Établissements Scientifiques Fédéraux sont des témoins de l’histoire et de la grandeur de notre pays, mais leur état actuel est souvent déplorable. Le patrimoine classé doit être restauré aussi rapidement que possible. Nous avons l’obligation de protéger ce patrimoine pour les générations actuelles et ultérieures, afin de pouvoir à nouveau exposer et conserver sans risque les œuvres d’art, documents, objets de sciences naturelles et autres. Ainsi épargnés des contrariétés, les visiteurs et les membres du personnel pourront consacrer leur attention aux pièces d’exposition de valeur. Une première réunion avec le ministre chargé de la Régie des Bâtiments, consacrée à cette problématique, a déjà eu lieu.

L’accord de gouvernement stipule en outre que “La rénovation et l’entretien des infrastructures de valeur existantes ont priorité sur les nouvelles initiatives.”

Le problème d’un musée d’art moderne, contemporain et actuel est connu de tous. Le musée existant a été fermé et vidé de son contenu en 2011. Cette décision était injustifiée: les artistes ont soudainement perdu une scène importante et le public, une collection appréciée. Plusieurs pistes sont aujourd’hui envisagées et avan- cées dans les médias: mais pour moi, celles d’autres bâtiments, considérés comme des enveloppes plus importantes que les collections qu’ils sont censés abriter, ne sont pas une priorité. Elles ne reposent pas sur une recherche préparatoire fondée de l’investissement initial et des coûts d ’exploitation ultérieurs. C ’est pourquoi on examine de quelle façon la collection d’art moderne des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique pourrait de nouveau être intégrée dans ses bâtiments.

La préservation du patrimoine architectural de valeur ne va pas sans rénovation ni modernisation. Le Musée Royal d’Afrique Centrale en est un excellent exemple. Cet établissement prépare impatiemment sa réouverture en 2017, après des années de préparation fertile. Cet institut renommé a développé une vision claire pour traduire ses idées envers le grand public. Il montre qu’un ESF est en mesure de mener à bien un projet complexe par le biais d’une méthode bien planifiée.

L’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique procède à la rénovation systématique de ces salles en suivant une vision bien établie.

6. Situation financière et perspectives

Décidée à continuer d’assumer ses engagements financiers envers la politique scientifique, l’autorité fédé- rale ne peut néanmoins cacher qu’il faudra se montrer plus parcimonieux envers les moyens publics. Je suis malgré tout convaincue que des mesures judicieuses permettront d’améliorer la qualité et l’efficacité de la recherche et de l’ouverture au public.

En faisant une nouvelle fois confiance au secteur privé, je compte à nouveau encourager sa participation au financement de la politique scientifique. Par des accords administratifs, les ESF seront entraînés à prendre des initiatives en ce sens. Dans ce cadre, je veux valoriser le mécénat par un positionnement plus constructif des autorités fédérales et des ESF.

Les canaux de financement traditionnels, comme le sponsoring et le sponsoring médiatique, devraient idéalement évoluer vers des partenariats structurels durables basés sur le long terme. La confiance mutuelle peut être mieux soutenue et en sortir renforcée.

Une forme plus modeste de collecte de fonds, comme la méthode de crowdfunding, ouvre des opportunités pour impliquer davantage le grand public au fonctionne- ment des Établissements Scientifiques Fédéraux. Une étude du bureau de consultance KPMG du 27 novembre dernier en a d’ailleurs révélé le potentiel.

7. Le SPP Politique Scientifique et les Établissements Scientifiques Fédéraux

Supprimer le Service Public de Programmation Politique Scientifique ne signifie nullement rogner sur la recherche scientifique, bien au contraire.

Nous voulons tisser une relation de confiance entre les autorités fédérales et leurs instituts scientifiques. En ce sens, nous supprimons des structures adminis- tratives superflues et évoluons vers des organisations modernes et transparentes. Par les accords administratifs conclus à cet effet, nous accordons l’autonomie nécessaire en échange d ’objectifs clairement définis. Nous faisons ainsi confiance au management pour mener une politique rationnelle. En outre, l’expertise du personnel sera pleinement estimée et mise en valeur.

Un dialogue avec les directeurs généraux des Établissements Scientifiques Fédéraux nous permettra de dresser l’état de leur fonctionnement, leurs ambitions, leurs besoins et leurs préoccupations. La spécificité de chaque ESF sera respectée. Ils auront la possibilité de devenir des instituts du XXIe siècle et d’optimaliser leur ancrage sociétal. Nous attendons surtout de chaque direction des efforts pour résoudre ensemble les problèmes, faire prospérer chaque établissement et en améliorer la performance. C’est une nette rupture avec le passé.

(…)

Conclusion

La politique scientifique fédérale se trouve devant de grands défis. Des choix clairs exprimés dans cette note de politique permettront, avec le soutien de tous les ac- teurs, d’opérer à court terme le revirement nécessaire. Il doit être clair pour chacun que la politique scientifique est une priorité pour ce gouvernement.

La secrétaire d’État à la Politique Scientifique, Elke SLEURS

 

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Les collections d’art moderne et contemporain des MRBAB s’installeront dans les anciens magasins Vanderborght

Karine LALIEUX, Echevine de la Culture de la Ville de Bruxelles

Philippe COURARD, Secrétaire d’Etat à la Politique scientifique

Servais VERHERSTRAETEN, Secrétaire d’Etat à la Régie des bâtiments

Bruxelles, le 28 février 2014

COMMUNIQUE DE PRESSE

Les collections d’art moderne et contemporain des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique s’installeront dans les anciens magasins Vanderborght

Les anciens magasins Vanderborght accueilleront les collections d’art moderne et contemporain des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB), voici ce qu’ont le plaisir d’annoncer, ensemble, Karine LALIEUX, Echevine de la Culture de la Ville de Bruxelles, Philippe COURARD, Secrétaire d’Etat à la Politique scientifique, et Servais VERHERSTRAETEN, Secrétaire d’Etat à la Régie des bâtiments.

Le Conseil des Ministres a en effet approuvé ce matin le lancement des études pour la rénovation des anciens magasins Vanderborght dans l’optique d’y installer ces collections qui sommeillent dans les réserves des MRBAB depuis 2011 et la fermeture pour rénovation du bâtiment qui les abritait. Il devenait indispensable de trouver rapidement un lieu où le public pourra les retrouver.

Les anciens magasins Vanderborght sont idéalement situés, au bout des galeries du Roi et de la Reine. Ils forment le chaînon manquant dans le parcours qui mène de la Grand-Place, via les Galeries royales Saint-Hubert et la Cathédrale des Saints Michel et Gudule, vers BOZAR et le MIM, puis la Place royale. Avec ses quelque 7.000 mètres carrés et ses vastes réserves, il constitue un lieu permettant d’accueillir un grand nombre d’oeuvres et un public nombreux.

Concrètement, la Ville de Bruxelles, propriétaire du bâtiment, le met à disposition par le biais d’un bail emphytéotique de 30 ans et pour un euro symbolique. La Ville financera en outre les travaux de l’enveloppe extérieure du bâtiment. La Régie des Bâtiments prend dès à présent à sa charge les études préalables (750.000 euros). Les Musées investiront, eux, dans l’aménagement de la boutique, des salles, de la signalisation, du multimédia, dans l’installation de la protection des oeuvres d’art et dans la communication.

« Cette décision procède d’une collaboration intelligente entre le Gouvernement fédéral et la Ville de Bruxelles. C’est un jour important pour la Politique scientifique fédérale, pour les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, mais aussi plus généralement pour l’accès à la culture et pour l’économie de notre pays et de sa Capitale. », s’est réjoui Philippe Courard.

« Par d’importants efforts fournis, la Ville de Bruxelles permet de poser, aujourd’hui, la première pierre du futur Musée d’Art moderne et contemporain et je m’en réjouis. Cet accord renforcera, qui plus est, la collaboration entre les Musées de la Ville et les Musées fédéraux, au bénéfice de l’offre muséale bruxelloise, du rayonnement de la Ville et surtout, des visiteurs. », commente Karine Lalieux.

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Le ministre P. Magnette a consulté les « acteurs du monde de l’art »

Madame,  Monsieur,

Les collections d’art moderne et contemporain des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB) ne sont plus que partiellement accessibles au public. En tant que Ministre en charge des grands musées fédéraux, je tente, en collaboration avec la Régie des Bâtiments, de trouver une solution provisoire permettant, à court terme, d’exposer à nouveau une grande partie de ces œuvres.

A plus long terme, il me semble que Bruxelles mérite qu’on y bâtisse un grand centre d’art moderne et contemporain. L’impact culturel, d’abord, mais aussi touristique et économique d’un tel projet me paraît justifier largement un tel investissement.

Comme je l’ai annoncé dans la presse, je souhaite consulter des acteurs du monde de l’art (artistes, professeurs, conservateurs, journalistes, galeristes, collectionneurs, responsables d’associations, architectes, ministres en charge de la Culture, …) afin de connaître leur vision d’un tel projet. Il m’a semblé que votre avis pourrait nous éclairer.

Pourriez-vous donc, en deux pages maximum (texte, dessin[1], …), me faire part de la façon dont vous envisagez un tel centre ? Parmi les questions pour lesquelles votre avis me serait précieux figurent celles-ci:

– outre les collections d’art moderne et contemporain des MRBAB, que devrait-on exposer en un tel lieu ?

– quel équilibre faut-il atteindre entre les collections permanentes et les expositions temporaires ?

– quelles activités devraient s’y dérouler ?

– quels partenariats pourraient être noués ?

– comment assurer une complémentarité entre cette institution et les structures existantes ?

– où, dans la Région de Bruxelles-Capitale, un tel bâtiment devrait-il idéalement se situer ?

J’ai l’intention de publier, sous une forme encore à définir, les contributions que je recevrai (par courrier ET par mail aux adresses mentionnées au bas de ce courrier). Ensemble, elles constitueront une importante source d’inspiration pour tous les concepteurs du projet.

D’avance, je vous remercie de votre intérêt pour ce projet et pour le rôle que vous jouerez dans sa réalisation.

Cordialement,

Paul MAGNETTE

[1] Les textes, dessins et autres artefacts que je recevrai seront, après publication, rassemblés dans un dossier que je verserai aux archives des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique

(Juillet 2012)

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Sénat 10/10/2012 : Collection d’art moderne – Destination

Question écrite n° 5-6902 de Bert Anciaux (sp.a) du 24 août 2012 au ministre des Entreprises publiques, de la Politique scientifique et de la Coopération au développement, chargé des Grandes Villes

Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB) – Collection d’art moderne – Destination

Question n° 5-6902 du 24 août 2012 : (Question posée en néerlandais)

Selon un article du journal « De Morgen », la collection d’art moderne des MRBAB sera bientôt hébergée au Dexia Art Center. Un nouveau bâtiment est prévu à plus long terme. Le journal tire ses informations de sources proches du dossier.

Cette nouvelle m’étonne. En réponse à une question écrite (5-5696), on affirmait que la collection d’art moderne devrait bientôt occuper une aile plus vaste (appelée « extension ») des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB) dès les travaux achevés par la Régie des Bâtiments. J’en avais déduit que les travaux battaient déjà leur plein. Par ailleurs, une étude des MRBAB indique que le Dexia Art Center ne répond pas aux conditions requises pour abriter un musée d’art moderne.

1. Le ministre peut-il confirmer l’information selon laquelle la collection d’art moderne sera (momentanément) abritée par le Dexia Art Center ? Qui a pris la décision ? Comment et en fonction de quels arguments l’a-t-on décidé ? Quand pense-t-on procéder au transfert et à l’ouverture ?

2. Comment cette décision se concilie-t-elle avec l’affirmation antérieure que la collection serait hébergée dans une aile des MRBAB ? Pourquoi a-t-on renoncé à ce projet ?

3. Comment cette décision se concilie-t-elle avec l’étude des MRBAB concluant que le Dexia Art Center ne répond pas aux conditions requises pour abriter un musée d’art moderne ? Quels sont les motifs mentionnés dans l’étude et comment pense-t-on y remédier ?

4. L’article affirme qu’un nouveau bâtiment sera bientôt érigé. Quelles sont les possibilités et les idées envisagées ?

Réponse du Ministre, le 10 octobre 2012 :

L’honorable membre trouvera ci-après la réponse à sa question.

En prenant mes responsabilités ministérielles, je me suis directement impliqué dans ce dossier, et décidé d’affecter à l’Art moderne et contemporain une surface d’exposition suffisamment importante afin que le public puisse de nouveau avoir accès à une grande partie de ces œuvres, sans devoir attendre dix à quinze ans la création d’un nouveau musée.

Parallèlement aux consultations menées auprès des acteurs de monde de l’art, une étude est en cours sur les implications, surtout financières, des choix d’implantation possibles. Il est apparu que cinq à sept millions seraient nécessaires pour un redéploiement provisoire du Musée d’Art moderne dans les « Extensions », soit un financement à perte puisque que ces salles devront ensuite subir, comme prévu, de très importants travaux de rénovation.

En accord avec la Régie des Bâtiments, je me suis alors tourné vers le Dexia Art Center, ex-établissement Vanderborght, près de la Grand-Place. Si cet espace doit finalement être retenu pour y installer le ModernLab, en préfiguration du futur musée d’art moderne et contemporain, un partenariat avec la Ville de Bruxelles, propriétaire des lieux, sera conclu afin de pouvoir procéder aux investissements minimum nécessaires (sécurité, électricité, etc.), répondant aux exigences d’un musée d’art moderne.

Une telle opération est conforme aux projets de redéploiement des collections des établissements scientifiques fédéraux, tel que prévus dans le nouveau contrat d’administration 2012-2015 de la Politique scientifique fédérale.

 

A la suite de cette réponse, le Sénateur Bert Anciaux a demandé des explications complémentaires. Question n°5-2569 du 23/10/2012

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Sénat : le Ministre Magnette répond à une question de Bert Anciaux (sp.a)

Question écrite n° 5-6902  (posée en néerlandais) de Bert Anciaux (sp.a) du 24 aôut 2012 au ministre des Entreprises publiques, de la Politique scientifique et de la Coopération au développement, chargé des Grandes Villes :

Selon un article du journal « De Morgen », la collection d’art moderne des MRBAB sera bientôt hébergée au Dexia Art Center. Un nouveau bâtiment est prévu à plus long terme. Le journal tire ses informations de sources proches du dossier.

Cette nouvelle m’étonne. En réponse à une question écrite (5-5696), on affirmait que la collection d’art moderne devrait bientôt occuper une aile plus vaste (appelée « extension ») des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB) dès les travaux achevés par la Régie des Bâtiments. J’en avais déduit que les travaux battaient déjà leur plein. Par ailleurs, une étude des MRBAB indique que le Dexia Art Center ne répond pas aux conditions requises pour abriter un musée d’art moderne.

1. Le ministre peut-il confirmer l’information selon laquelle la collection d’art moderne sera (momentanément) abritée par le Dexia Art Center ? Qui a pris la décision ? Comment et en fonction de quels arguments l’a-t-on décidé ? Quand pense-t-on procéder au transfert et à l’ouverture ?

2. Comment cette décision se concilie-t-elle avec l’affirmation antérieure que la collection serait hébergée dans une aile des MRBAB ? Pourquoi a-t-on renoncé à ce projet ?

3. Comment cette décision se concilie-t-elle avec l’étude des MRBAB concluant que le Dexia Art Center ne répond pas aux conditions requises pour abriter un musée d’art moderne ? Quels sont les motifs mentionnés dans l’étude et comment pense-t-on y remédier ?

4. L’article affirme qu’un nouveau bâtiment sera bientôt érigé. Quelles sont les possibilités et les idées envisagées ?

Réponse (du ministre) reçue le 10 octobre 2012 :

L’honorable membre trouvera ci-après la réponse à sa question.

En prenant mes responsabilités ministérielles, je me suis directement impliqué dans ce dossier, et décidé d’affecter à l’Art moderne et contemporain une surface d’exposition suffisamment importante afin que le public puisse de nouveau avoir accès à une grande partie de ces œuvres, sans devoir attendre dix à quinze ans la création d’un nouveau musée.

Parallèlement aux consultations menées auprès des acteurs de monde de l’art, une étude est en cours sur les implications, surtout financières, des choix d’implantation possibles. Il est apparu que cinq à sept millions seraient nécessaires pour un redéploiement provisoire du Musée d’Art moderne dans les « Extensions », soit un financement à perte puisque que ces salles devront ensuite subir, comme prévu, de très importants travaux de rénovation.

En accord avec la Régie des Bâtiments, je me suis alors tourné vers le Dexia Art Center, ex-établissement Vanderborght, près de la Grand-Place. Si cet espace doit finalement être retenu pour y installer le ModernLab, en préfiguration du futur musée d’art moderne et contemporain, un partenariat avec la Ville de Bruxelles, propriétaire des lieux, sera conclu afin de pouvoir procéder aux investissements minimum nécessaires (sécurité, électricité, etc.), répondant aux exigences d’un musée d’art moderne.

Une telle opération est conforme aux projets de redéploiement des collections des établissements scientifiques fédéraux, tel que prévus dans le nouveau contrat d’administration 2012-2015 de la Politique scientifique fédérale.

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Sénat 27/3/2012 : La fermeture de la section « Art Moderne »

Question écrite de Bert Anciaux (sp.a) du 28 février 2012 au ministre des Entreprises publiques, de la Politique scientifique et de la Coopération au développement, chargé des Grandes Villes « La fermeture de la section « Art Moderne » des Musées royaux des Beaux-Arts à Bruxelles »

Question n° 5-5696 du 28 février 2012 : (Question posée en néerlandais)

La fermeture de la section Art Moderne des Musées royaux des Beaux-Arts à Bruxelles, qui est intervenue voici un an, cause une grande agitation. Ainsi,des actions de protestation sont menées tous les mois et les articles publiés par la presse au sujet de cette fermeture nuisent fortement à l’image des établissements scientifiques fédéraux. La fermeture de la section Art Moderne n’est qu’un exemple des décisions radicales prises par le directeur général des Musées royaux des Beaux-Arts, également directeur général ad interim des Musées royaux d’Art et d’Histoire. Ce directeur ne cesse de faire part de ses nouvelles idées et décisions à la presse. Il semble que ce fonctionnaire ad interim puisse prendre les décisions ad hoc sans la moindre concertation et en toute indépendance.

Le ministre peut-il expliquer comme se déroule la procédure normale de décision d’un directeur général et directeur général ad interim ? Les Musées royaux des Beaux-Arts sont régis par un comité de direction, un comité exécutif et un conseil scientifique. Dans quelle mesure lesdits conseil de direction, comité exécutif et conseil scientifique sont-ils associés aux décisions ? Quelles sont les compétences légales du comité de direction, du comité exécutif et du conseil scientifique ? Qui siège respectivement dans le conseil de direction, le comité exécutif et le conseil scientifique et quelles sont les fonctions précises de ces personnes au sein et/ou en dehors de l’établissement ? Sur quelle base les intéressés sont-ils choisis et pour quelles raisons les a-t-on fait siéger dans le conseil de direction, le comité consultatif et le conseil scientifique ? La désignation de chacun de ces membres a-t-elle été publiée au Moniteur belge ? Depuis quand chacune de ces personnes siège-t-elle respectivement au conseil de direction, au comité exécutif et au conseil scientifique ? Quelle est la durée des mandats de chacun des membres du conseil de direction, du comité exécutif et du conseil scientifique ? Les mêmes personnes peuvent-elles siéger dans le conseil de direction, le comité exécutif et le conseil scientifique ? Dans l’affirmative, le ministre juge-t-il normal que le droit de décision soit centralisé auprès d’un groupe réduit de personnes ?

Réponse du ministre Magnette  reçue le 27 mars 2012 :

Le directeur général des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB) a reconnu une erreur en termes de communication, celle de ne pas avoir réussi à faire passer le message que la fermeture du Musée d’Art Moderne ne signifiait pas la disparition de l’art du XXème siècle des cimaises puisqu’une partie des œuvres ont été redéployées sur les deux étages du Patio, à proximité du Forum, au cœur des MRBAB.

Les collections devraient cependant bientôt occuper un espace plus grand situé dans une aile de l’établissement, appelée « extension », une fois les travaux achevés par la Régie des Bâtiments, à la suite de contacts pris entre mon Cabinet et celui du Secrétaire d’État en charge de la Régie. C’est bien évidemment une solution provisoire en attendant la création d’un nouveau musée d’Art moderne et contemporain qui constitue mon projet de prédilection. Je suis conscient qu’il s’agit là d’un projet à long terme dont la réalisation devrait couvrir une période de 10 à 15 ans.

La fermeture du Musée d’Art moderne avait été notifiée dans le plan de management du directeur général des MRBAB et communiquée au Président du Comité de direction du SPP Politique scientifique et, me dit-on, à mon prédécesseur ayant les établissements scientifiques fédéraux (ESF) dans ses compétences.

Ni le Conseil de direction ni le Conseil scientifique ne peuvent se prévaloir d’aucune compétence sur la question de la fermeture. Il s’agit d’une décision prise en interne par le directeur général, en accord avec le programme qu’il avait établi, et qu’il a mise en œuvre via les responsables des services concernés.

Contrairement au Comité exécutif (réunissant tous les chefs de services) qui est informel, le Conseil de direction et le Conseil scientifique sont dotés d’une base légale.

Les membres du conseil de direction siègent ès qualité, tant qu’ils sont en fonction : ce sont le directeur général et les chefs des différents départements de l’ESF qui seront bientôt remplacés par les directeurs opérationnels et d’appui.

Le Conseil scientifique est composé, pour moitié, des membres du conseil de direction et, pour moitié, de personnalités scientifiques externes à l’établissement appartenant au monde académique ou scientifique ayant une expérience en rapport avec les missions de l’établissement. Ces membres externes, comptant autant de francophones que de néerlandophones, sont nommés par le Roi sur proposition du Ministre, sur base des noms repris sur la liste double établie par le directeur général de l’établissement. Les membres externes ont un mandat de quatre ans renouvelable.  Le président du Conseil scientifique est choisi parmi eux, et la vice-présidence revient de droit au directeur général.  Les arrêtés de désignations sont publiés au Moniteur belge.

De plus, la commission de gestion est composée de membres, nommés par le ministre, pour un mandat de quatre ans (renouvelable). Les arrêtés de nomination sont publiés au Moniteur belge. Certains membres siègent avec voix délibérative, d’autres avec voix consultative : le directeur du conseil scientifique et le secrétaire choisi par les membres du personnel du Service public de programmation (SPP) ou de l’établissement.

Les membres avec voix délibérative sont :

  • les membres de droit (le directeur général de l’ESF, qui en est le vice-président, et le comptable);
  • un membre du personnel scientifique de l’établissement, choisi par le directeur général dans l’autre rôle linguistique que le sien;
  • deux membres désignés par le Président du comité de direction du SPP, un fonctionnaire de la classe A4 qui devient le président de la commission, et un agent de niveau 4 appartenant au service financier;
  • quatre experts externes (deux francophones, deux néerlandophones) ayant une expérience en management : deux d’entre eux sont choisis directement par le ministre et les deux autres sur base de la liste double établie par le directeur général.

Requalification  : demande d’explications 5-1974

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Sénat 27/3/2012 : La réorganisation des musées fédéraux

Question de Bert ANCIAUX (sp.a)  au ministre des Entreprises publiques, de la Politique scientifique et de la Coopération au développement, chargé des Grandes Villes : « Les plans de grande envergure relatifs à la réorganisation des musées fédéraux bruxellois »

Question n° 5-5700 du 28 février 2012 : (Question posée en néerlandais)

Dans De Standaard et dans La Libre Belgique du 10 février 2012, le ministre s’exprime pour la première fois sur l’avenir des musées fédéraux. Comme le laisse supposer le titre de l’article publié par De Standaard « En als we hier nu eens een Louvre maken ? » (Et si nous créions un musée du Louvre?), il envisage un projet de grande envergure – voire, selon certains, mégalomane – qui doit principalement se situer dans le quartier du Mont des Arts. Il s’agit d’un musée d’Art moderne et contemporain, consolidé par la collection d’art de Dexia, à installer au sein du bâtiment occupé par la Cour constitutionnelle (renseignements pris, il semble que les services concernés n’en soient absolument pas au courant!); un musée des Primitifs flamands à Rubens pour lequel aucun lieu n’est renseigné ; un musée Fin de Siècle qui ouvrira en novembre dans les MRBA à Bruxelles ; un musée art nouveau dans le bâtiment Old England (MIM) ; un musée Magritte déjà abrité par les MRBA à Bruxelles. Le MIM doit ensuite déménager vers le Dexia Art Center tout près du Théâtre de la Monnaie, où « une Cité de la Musique » peut voir le jour. Dans ce scénario, le MRAH devrait être comparable au Quai Branly parisien. Le ministre déduit « de ses contacts » que l’idée de travailler avec une structure centrale gagne du terrain . Il ressort des deux interviews que le directeur général ad interim serait à l’origine de cette idée. En effet, une semaine plus tôt, il avait annoncé un scénario semblable pour les musées fédéraux dans Le Soir (4 février 2012). De plus, les initiatives prises par le directeur ad interim dans cette fonction pour empêcher la poursuite du projet des salles art nouveau et art déco belge, correspondent parfaitement à la façon de voir à laquelle le ministre souscrit à présent.

À quel point le ministre juge-t-il ces projets réalistes ? Comment entrevoit-il la division des grands musées en petits d’un point de vue structurel ? Indépendamment du coût de la rénovation et l’aménagement des bâtiments, le ministre est-il réellement convaincu que le fonctionnement des différents sites permettra de générer des économies ?

Le ministre a-t-il une idée du nombre d’années qui seront nécessaires pour réaliser ce projet ? Les collections qui doivent être abritées ailleurs, ne pourront-elles entre-temps être accessibles au grand public ? Pour la section art moderne et contemporain, le ministre a élaboré une solution provisoire mais la collection art nouveau ne sera-t-elle pas accessible au grand public durant toutes ces années?

Le ministre a-t-il une idée globale des coûts de l’ensemble du plan ? Celui-ci concerne en effet l’aménagement d’un espace muséal au sein de la Cour constitutionnelle, la transformation du musée des instruments de musique en musée d’art nouveau, la rénovation du Dexia Art Center et le réaménagement du MRAH. Le site du parc du Cinquantenaire est confronté à de graves problèmes étant donné qu’il a été négligé par l’autorité durant des années, problèmes auxquels il convient de remédier d’urgence car les œuvres d’art sont en réel danger. Le ministre compte-t-il attendre ?

Le ministre présentera-t-il un plan par étapes sur la réalisation de ce projet à grande échelle ?

Juge-t il raisonnable de fermer, douze ans après son ouverture, un musée aussi populaire que le MIM qui a accueilli 150 000 visiteurs en 2011 ? Il faut savoir que la restauration et l’aménagement spécifique du musée des instruments de musique, en ce compris l’aménagement d’une salle de concert, a coûté près d’un milliard de francs belges!

Le ministre ne juge-t-il pas préférable d’exécuter maintenant ce qui peut l’être avant d’élaborer des plans sauvages dont il est manifeste qu’ils ne sont que pure spéculation et ne seront jamais concrétisés, ne fût-ce que pour des raisons budgétaires ?

Le ministre estime-t-il qu’il est réaliste de tout concentrer autour du Mont des Arts au détriment d’autres sites importants, par exemple celui du MRAH (site du parc du Cinquantenaire), pour ainsi dire démantelé par ce projet et dont la survie est lourdement hypothéquée ?

Qu’en est-il de l’ancrage historique de la collection art nouveau du parc du Cinquantenaire dont les premiers achats datent de 1894 et s’inscrivent dans une politique muséale destinée, tant à l’époque qu’actuellement, à donner une image complète des arts décoratifs de nos régions à partir du 11ème siècle ?

Le ministre n’estime-t-il pas que montrer la collection art nouveau du MRAH au parc du Cinquantenaire serait une option moins compliquée ? Elle est abritée historiquement dans le bâtiment, sur le site de grandes expositions internationales de la fin du 19ème siècle, où se trouve également le pavillon Horta-Lambeau, à l’état d’abandon, tout près du square Ambiorix et de l’avenue Palmerston qui abritent d’importants bâtiments art nouveau (entre autres Horta) et à proximité de la maison Cauchie et du Palais Stoclet ? Est-il réaliste de vouloir vider le centre ville bruxellois et faire du parc du Cinquantenaire un pôle d’attraction touristique supplémentaire ?

Réponse du Ministre Magnette reçue le 27 mars 2012 :

Mes projets de modernisation des établissements scientifiques fédéraux (ESF) sont ambitieux sans être mégalomanes. J’appréhende sans crainte ce chantier, comme je l’ai déjà dit en Commission de la Chambre lors de la présentation de ma note de politique générale avant que la presse ne rende compte de mes propos.

Mon ambition s’inscrit dans la continuation des actions déjà entreprises par les ESF, comme par exemple :

  • l’inauguration le 20 octobre 2010 par la Bibliothèque royale de Belgique du LIBRARIUM, un espace permanent de découverte des cultures du livre et de l’écrit ;
  • la rénovation et l’intégration en 2003 des hôtels Gresham et Argenteau (les 7 et 9 de la rue du Musée) aux autres constructions qui composent les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB), et l’ouverture en 2009 du Musée Magritte ;
  • la rénovation en 2007 de la « Galerie des dinosaures » (la plus grande d’Europe) à l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique et l’ouverture, en 2009, de la « Galerie de l’Evolution » afin de commémorer le 200ème anniversaire de la naissance de Charles Darwin, et les 150 ans de la première parution de son ouvrage emblématique « De l’Origine des Espèces ».
  • • L’acquisition par l’Observatoire royal de Belgique, à l’occasion de l’Année Internationale de l’Astronomie 2009, d’un planétaire numérique permettant d’accueillir les visiteurs dans une salle de projection totalement reconfigurée, disposant d’un équipement de pointe constitué par huit vidéoprojecteurs de dernière technologie couvrant l’entièreté du dôme ;
  • d’autres projets sont en phase de concrétisation comme le master plan au Musée royal d’Afrique centrale et la création du musée Fin-de-siècle museum (titre de travail).

La deuxième phase de modernisation que je souhaite mettre en œuvre vise à donner plus de visibilité aux riches collections « Art nouveau » de nos ESF. Le rayonnement international de ce style emblématique de la Belgique n’est plus à démontrer. Sa présentation serait mise en valeur et son attractivité accrue si le musée Fin-de-siècle museum et le musée « Art nouveau » (situé dans un bâtiment de même style, le « Old England ») formaient à terme un seul et même parcours.

Par ailleurs, je suis convaincu de l’idée de créer une « cité de la musique au cœur de Bruxelles, au Dexia Art Center ex établissements Vanderborght, en accord avec la Ville propriétaire des lieux. Ce bâtiment hébergerait à terme les collections du Musée des instruments de musique et les deux étages supérieurs pourraient être occupés par le Théâtre royal de la Monnaie, donnant ainsi aux deux institutions la possibilité de créer et d’exploiter de nouvelles synergies.

Le point faible des Musées royaux d’Art et d’Histoire est sans conteste son manque d’identité. Sa fréquentation relativement faible en témoigne. Ses collections recèlent pourtant de véritables trésors. Mon but est d’y créer un musée des Civilisations qui mettrait en exergue les influences des autres civilisations dont a bénéficié l’Europe et la manière dont elle a pu les faire rayonner. Ce serait un musée unique au monde auquel pourrait contribuer le Musée royal d’Afrique centrale.

De plus, je suis d’avis que Bruxelles a besoin d’un musée d’art moderne et d’art contemporain. Ce musée pourrait valoriser, outre les collections « art moderne » et « art contemporain » des MRBAB, la collection art de Dexia Banque Belgique, première collection privée de Belgique, qui, si elle était mise en dépôt au terme d’une convention, doterait Bruxelles d’un important musée d’Art moderne et contemporain avec, comme fil conducteur, la création belge. On aurait ainsi quelques grands musées axés sur nos points forts : les primitifs flamands, le « Fin de siècle », l’art nouveau, l’art moderne et contemporain et le musée Magritte.

Comme je l’ai déjà dit, je veillerai par ailleurs à ce que la collection d’art moderne soit entretemps accessible aux visiteurs aux MRBAB et à ce que les redéploiements et les décloisonnements des collections ne viennent pas compliquer la recherche effectuée sur les œuvres ni mettre en danger leur bonne conservation.

Evidemment, tous ces projets ont un prix qui pourrait être amorti par la réputation de « ville de musées » que Bruxelles pourra acquérir et par l’attractivité touristique qu’une telle image peut générer. Dans l’immédiat, et plus concrètement, les directeurs discutent de ce qui pourrait être mutualisé pour les dix ESF et géré par l’administration de la Politique scientifique fédérale. Par ailleurs, des projets de recherche pourraient être menés, par pôle, et/ou en collaboration avec nos universités. Les économies drastiques qu’on pourrait leur imposer pourraient être contrebalancées par le mécénat, le sponsoring et le cofinancement de certaines activités avec le Fédéral (Régie des Bâtiments, Beliris, …), la Région de Bruxelles-Capitale et la Ville de Bruxelles.

Pour toutes ces raisons, je ne peux pas donner, à l’heure actuelle, une estimation précise des coûts de ce projet ambitieux, ni présenter une chronologie précise. Tout au plus, puis-je annoncer à ce stade l’ouverture à la mi-novembre du musée Fin-de-siècle museum. En ce qui concerne l’exposition des collections d’art moderne et contemporain des MRBAB, j’espère pouvoir convaincre la Régie des Bâtiments d’achever en priorité, d’ici un an ou un an et demi maximum, les travaux de désamiantage entamés dans les salles situées derrière le grand hall et appelées « l’extension ».

Enfin la question de la structure administrative (coupole ou fusion totale ou partielle) du pôle « Art » doit être rapidement tranchée afin de progresser plus rapidement dans les projets à plus long terme : définition d’une thématique pour les MRAH, projets concernant l’affectation de bâtiments comme l’Old England et le Dexia Art Center, création d’un nouveau musée d’art moderne et contemporain, …

Requalification : demande d’explications 5-1978

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