NOTE DE POLITIQUE GÉNÉRALE. 2015

CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS DE BELGIQUE, 8 décembre 2014, NOTE DE POLITIQUE GÉNÉRALE. La Politique scientifique

LA POLITIQUE SCIENTIFIQUE PASSE LA VITESSE SUPÉRIEURE

Introduction

La politique scientifique englobe la recherche scientifique fondamentale et appliquée, mais également les collections d’objets d’art et d’histoire naturelle, les artefacts, livres et documents. Une politique scienti- fique bien étayée peut former un moteur du pays et, par une collaboration internationale énergique, susciter une réelle dynamique. Les points d’action d’une telle politique scientifique globale dynamique en 2015 comprennent entre autres: devenir un acteur entreprenant à l’échelle nationale, mais également régionale et internationale; nouer des alliances avec d ’autres établissements scientifiques, le monde de l’enseignement et des entreprises; organiser une concurrence constructive entre les différents acteurs scientifiques; opter résolument pour le développement du talent et les industries créatives et favoriser l’intégration active des instituts dans leur environnement.

A. — LES ÉTABLISSEMENTS SCIENTIFIQUES FÉDÉRAUX

1. Recherche

Par notre politique, nous renforcerons la position des Établissements Scientifiques Fédéraux (ESF). Ils seront le moteur de la politique scientifique. Nous nous engageons fortement au profit de la recherche fondamentale. Les ESF, à leur tour, doivent pouvoir affirmer leur statut d’organismes modernes et d’inter- locuteurs crédibles.

La collaboration entre les ESF améliorera leur efficience et leur performance, mais renforcera également leur expertise scientifique ainsi que leur savoir destiné au grand public. L’exposition en cours aux Musées Royaux d’Art et d’Histoire, consacrée à l’art rupestre de la grotte de Lascaux, est un bel exemple de col- laboration entre cet ESF, l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique et un partenaire privé étranger. L’exposition présente les collections archéologiques et atteste des connaissances scientifiques des deux établissements. On s’efforcera de développer le par- tage des connaissances dans le même état d’esprit. Les ESF deviendront des plates-formes de rencontres et d’échanges d’informations entre établissements scientifiques et autres institutions.

J’ai déjà lancé la concertation avec les ESF afin de fixer leurs priorités. J’évaluerai les résultats de ce questionnaire en 2015 et l’implémenterai si nécessaire.

2. Numérisation

Les musées fédéraux détiennent de vrais trésors scientifiques et culturels. Mais tant qu’ils ne sont pas consultables sur Internet, ils sont pour ainsi dire inexis- tants pour l ’ensemble de la société.

L’implémentation du programme Digit 03 sera poursuivie, de façon à accélérer le processus de numérisa- tion des collections fédérales. Il facilite la consultation et garantit surtout la protection d’œuvres et de pièces fra- giles ou anciennes. Je songe notamment aux nombreux manuscrits et enluminures précieux de la Bibliothèque Royale de Belgique.

Le système Open Access vise à mettre en ligne les publications scientifiques afin qu’elles soient consultables plus facilement et par le plus grand nombre. En cas d’évaluation positive, le projet pilote sera encore étendu en 2015 à d’autres ESF, pour que leurs publications puissent également être mises en valeur et les résultats de recherches diffusés de façon plus ciblée.

3. Collaboration internationale

Les ESF contribuent au rayonnement international de notre patrimoine scientifique et culturel. L’Institut Royal du Patrimoine Artistique se profile comme un acteur international qui collabore également avec les instituts des autres niveaux de politique en Belgique. Le projet de restauration de l’Agneau Mystique illustre parfaitement l’encadrement efficace mené par des spécialistes nationaux et internationaux. Le processus de restauration au musée des Beaux-Arts de Gand est en outre visible par le grand public, ce qui crée une plus-value éducative, mais aussi publicitaire.

Les ESF qui ont une fonction muséale lanceront des projets d’exposition s’appuyant sur leurs propres collections, dont la spécificité et la haute qualité sont reconnues. Ces projets artistiques belges doivent également pouvoir être exposés par des musées étrangers. Cela renforcera l’image des ESF et permettra de réaliser des économies financières. Des colloques consacrés à des sujets pour lesquels les chercheurs des ESF sont réputés mettront le travail scientifique des chercheurs des différents ESF en valeur à l’échelle internationale. (…)

4. Activités pour le public

La recherche fondamentale et la recherche appliquée ont une valeur économique, mais également sociétale. Elles aboutissent à des réalisations qui améliorent à la fois la cohésion et les conditions de vie matérielles de la société. Les sciences humaines jouent ici un rôle de premier plan: elles renforcent l’être intérieur au niveau sensoriel, intellectuel et émotionnel.

Les Établissements Scientifiques Fédéraux doivent assumer des missions sociales et légales. L’ouverture au public en est une, et non des moindres. Les groupes plus précaires doivent continuer à pouvoir compter sur cette attention spécifique.

Cette ouverture au public peut prendre différents visages. Communication, promotion, marketing, contacts avec la presse et relations publiques, éducation, diffusion d’informations, muséologie, accueil, tourisme, événements: autant de domaines qui en font partie. Ils amènent le visiteur à réfléchir sur le patrimoine, la nature, l’art et la culture, dans un esprit d’humanisation et de création de sens. Ces deux notions sont étroitement imbriquées à la fois dans l’enseignement, la recherche et la société. Les ESF détiennent à ce niveau les connaissances requises. J’inciterai les ESF en 2015 à poursuivre leur ouverture au public, dans un cadre budgétaire plus restreint. Les grands événements publics de qualité permettent aux initiatives plus modestes de continuer à vivre. Avec les directeurs des ESF, je veillerai à ce que les moyens disponibles à des fins éducatives soient affectés de façon rationnelle. Le questionnement critique quant à la finalité des activités doit être permanent.

5. Patrimoine immobilier

Les bâtiments hébergeant les différents Établissements Scientifiques Fédéraux sont des témoins de l’histoire et de la grandeur de notre pays, mais leur état actuel est souvent déplorable. Le patrimoine classé doit être restauré aussi rapidement que possible. Nous avons l’obligation de protéger ce patrimoine pour les générations actuelles et ultérieures, afin de pouvoir à nouveau exposer et conserver sans risque les œuvres d’art, documents, objets de sciences naturelles et autres. Ainsi épargnés des contrariétés, les visiteurs et les membres du personnel pourront consacrer leur attention aux pièces d’exposition de valeur. Une première réunion avec le ministre chargé de la Régie des Bâtiments, consacrée à cette problématique, a déjà eu lieu.

L’accord de gouvernement stipule en outre que “La rénovation et l’entretien des infrastructures de valeur existantes ont priorité sur les nouvelles initiatives.”

Le problème d’un musée d’art moderne, contemporain et actuel est connu de tous. Le musée existant a été fermé et vidé de son contenu en 2011. Cette décision était injustifiée: les artistes ont soudainement perdu une scène importante et le public, une collection appréciée. Plusieurs pistes sont aujourd’hui envisagées et avan- cées dans les médias: mais pour moi, celles d’autres bâtiments, considérés comme des enveloppes plus importantes que les collections qu’ils sont censés abriter, ne sont pas une priorité. Elles ne reposent pas sur une recherche préparatoire fondée de l’investissement initial et des coûts d ’exploitation ultérieurs. C ’est pourquoi on examine de quelle façon la collection d’art moderne des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique pourrait de nouveau être intégrée dans ses bâtiments.

La préservation du patrimoine architectural de valeur ne va pas sans rénovation ni modernisation. Le Musée Royal d’Afrique Centrale en est un excellent exemple. Cet établissement prépare impatiemment sa réouverture en 2017, après des années de préparation fertile. Cet institut renommé a développé une vision claire pour traduire ses idées envers le grand public. Il montre qu’un ESF est en mesure de mener à bien un projet complexe par le biais d’une méthode bien planifiée.

L’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique procède à la rénovation systématique de ces salles en suivant une vision bien établie.

6. Situation financière et perspectives

Décidée à continuer d’assumer ses engagements financiers envers la politique scientifique, l’autorité fédé- rale ne peut néanmoins cacher qu’il faudra se montrer plus parcimonieux envers les moyens publics. Je suis malgré tout convaincue que des mesures judicieuses permettront d’améliorer la qualité et l’efficacité de la recherche et de l’ouverture au public.

En faisant une nouvelle fois confiance au secteur privé, je compte à nouveau encourager sa participation au financement de la politique scientifique. Par des accords administratifs, les ESF seront entraînés à prendre des initiatives en ce sens. Dans ce cadre, je veux valoriser le mécénat par un positionnement plus constructif des autorités fédérales et des ESF.

Les canaux de financement traditionnels, comme le sponsoring et le sponsoring médiatique, devraient idéalement évoluer vers des partenariats structurels durables basés sur le long terme. La confiance mutuelle peut être mieux soutenue et en sortir renforcée.

Une forme plus modeste de collecte de fonds, comme la méthode de crowdfunding, ouvre des opportunités pour impliquer davantage le grand public au fonctionne- ment des Établissements Scientifiques Fédéraux. Une étude du bureau de consultance KPMG du 27 novembre dernier en a d’ailleurs révélé le potentiel.

7. Le SPP Politique Scientifique et les Établissements Scientifiques Fédéraux

Supprimer le Service Public de Programmation Politique Scientifique ne signifie nullement rogner sur la recherche scientifique, bien au contraire.

Nous voulons tisser une relation de confiance entre les autorités fédérales et leurs instituts scientifiques. En ce sens, nous supprimons des structures adminis- tratives superflues et évoluons vers des organisations modernes et transparentes. Par les accords administratifs conclus à cet effet, nous accordons l’autonomie nécessaire en échange d ’objectifs clairement définis. Nous faisons ainsi confiance au management pour mener une politique rationnelle. En outre, l’expertise du personnel sera pleinement estimée et mise en valeur.

Un dialogue avec les directeurs généraux des Établissements Scientifiques Fédéraux nous permettra de dresser l’état de leur fonctionnement, leurs ambitions, leurs besoins et leurs préoccupations. La spécificité de chaque ESF sera respectée. Ils auront la possibilité de devenir des instituts du XXIe siècle et d’optimaliser leur ancrage sociétal. Nous attendons surtout de chaque direction des efforts pour résoudre ensemble les problèmes, faire prospérer chaque établissement et en améliorer la performance. C’est une nette rupture avec le passé.

(…)

Conclusion

La politique scientifique fédérale se trouve devant de grands défis. Des choix clairs exprimés dans cette note de politique permettront, avec le soutien de tous les ac- teurs, d’opérer à court terme le revirement nécessaire. Il doit être clair pour chacun que la politique scientifique est une priorité pour ce gouvernement.

La secrétaire d’État à la Politique Scientifique, Elke SLEURS

 

http://www.dekamer.be/FLWB/PDF/54/0588/54K0588036.pdf

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