‘Un musée ce n’est pas qu’un bâtiment’

Il y a un an, la « Herbert Foundation », créée à partir de la collection d’art contemporain d’Anton et Annick Herbert, s’ouvrait au public. Un espace industriel rénové de 2 000 m2, sur la « Coupure » le long d’un canal à Gand, pour découvrir, étape par étape, des artistes de cette exigeante, mais mythique collection.

Annick et Anton Herbert sont considérés comme une référence absolue pour les collectionneurs de l’avant-garde. Mais jusqu’alors on ne pouvait que rarement, sur invitation spéciale, voir les 400 œuvres entreposées à Gand dans une ancienne usine désaffectée.

(…)

Crédit: Laura Hanssens

Ils viennent de montrer l’ensemble de leur collection, hors de la fondation, « pour la dernière fois », au Mumok à Vienne, en dialogue avec les oeuvres de ce musée d’art contemporain, attirant 50000 visiteurs. Une partie de l’exposition portait sur Marcel Broodthaers, l’homme par qui ils eurent la révélation de l’art contemporain en 1968.

Pour Vienne, ils ont pris comme affiche de l’expo, une œuvre de Broodthaers de 1971, « Musée d’art moderne à vendre pour cause de faillite ». « Car, explique Anton Herbert, la question du musée telle que la posait Broodthaers reste actuelle. A Bruxelles, Michel Draguet, directeur du musée des Beaux-arts, cache depuis trois ans notre patrimoine moderne et contemporain pour le remplacer par un musée appelé Fin de siècle. Broodthaers en aurait fait ses choux gras. A Vienne, cela a choqué. Aujourd’hui, on essaie de sauver la face et on parle d’un nouveau musée au Vanderborght (inadéquat) ou au magasin Citroën (ndlr : inscrit dans la déclaration gouvernementale bruxelloise). Mais l’essentiel n’est pas là, il faut trouver une équipe, un homme qui porte un projet, un second Paul Dujardin qui ne ferait que ça Les politiciens rêvent à un nouveau Guggenheim mais ce n’est pas cela un musée, c’est un programme, des expos, des archives. Les succès du Mumok, du Ludwig à Cologne, du Wiels à Bruxelles tiennent aux hommes qui les mènent et qui croient que l’art contemporain enrichit l’époque où on vit. La mentalité belge actuelle n’y est pas très favorable. Nous sommes trop entiers et nous avons choisi la voie la plus difficile : faire notre Fondation et l’ouvrir au public. »

(…) 

La Libre. ABONNÉS. RENCONTRE DE GUY DUPLAT.  Publié le mercredi 16 juillet 2014.

‘Un musée ce n’est pas qu’un bâtiment’.

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Dans la Presse & les Media, La Libre, Uncategorized

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s