Musée cherche sponsors !

Philippe Courard cherche des sponsors pour déménager les collections d’Art moderne.

Le débat lancinant sur la réouverture du musée d’Art moderne de Bruxelles fermé il y a deux ans pour donner la place à un futur musée « Fin de siècle » (qui s’ouvrirait cet automne) avance à petits pas. On vient de connaître l’avis de l’Inspection des Finances (IF) sur un déménagement des collections aux ex-magasins Vanderboght pour un coût de dix millions d’euros. L’avis approuve le principe du projet mais pointe les risques financiers pour le musée et demande qu’il y ait des sponsors pour payer la facture. Le nouveau ministre de tutelle, Philippe Courard, s’affiche, nous dit-il, comme un « pragmatique » avec une priorité : déménager les collections au Vanderboght. Mais il lui faut pour cela, suivant l’avis de l’IF, trouver des sponsors privés, sans doute pour près de dix millions d’euros. « Je n’ai pas encore discuté vraiment avec Michel Draguet, le directeur du musée, mais il semble qu’il ait déjà des contacts possibles. » Quant au musée définitif, « c’est pas demain la veille, ajoute le ministre, j’y suis favorable mais cela prendra beaucoup de temps, parler de dix ans est trop optimiste. Ne disons pas que le Vanderboght c’est du transitoire. »

Pas de quoi rassurer ceux qui veulent un retour rapide à un musée au-delà des expos limitées organisées dans la Patio du musée des Beaux-Arts. Ce mercredi à 13h, le mouvement spontané « musée sans musée » né lors de la fermeture du musée d’Art moderne, reprend ses rassemblements devant les portes du musée avec comme slogan : « 2 ans de fermeture, 3 ministres, 100 promesses, O solution. »

Michel Draguet est plus optimiste, ou volontariste, et souligne pour nous que l’avis de l’IF et d’abord un « oui » à ce projet même s’il est assorti d’un « mais » qui pointe les risques financiers, demandant de chercher des appuis privés. Michel Draguet dit que maintenant, on peut avancer en relançant ce projet à la Régie des bâtiments, pour arriver devant le gouvernement et y obtenir que ce projet soit prioritaire (avec l’appui partiel de sponsors). « On a bien trouvé des millions pour réaménager le musée de Tervuren », dit-il. Et pour le musée définitif, il dit qu’il continue à avancer. On sait qu’une étude est en cours pour choisir le site de ce nouveau musée : il y a le parc du Cinquantenaire qui a les faveurs de Michel Draguet ou alors la porte de Ninove où un futur musée viendrait renforcer l’attractivité d’un quartier qu’on annonce en renouveau. « Le seul lieu qui a un dossier clair est celui du Cinquantenaire, répond Michel Draguet. J’attends les autres pour que le bureau MacKinsey puisse les étudier. Mais cela suit son cours. »

Dans un communiqué, Philipe Courard confirme que sa priorité est celle du Vanderboght, appartenant à la Ville de Bruxelles et situé au bout des Galeries du Roi et de la Reine. Il rappelle que la Ville a marqué un accord de principe – qu’il conviendra de confirmer sous cette nouvelle législature communale – sur le fait de prêter le bâtiment (bail emphytéotique à titre gratuit), à charge pour le Fédéral de le rénover. La surface, répartie sur 5 niveaux, atteint 6680 m² et 1550 m² de réserves. Cela permettra d’exposer les collections des XXe et XXIe siècles, d’organiser des expositions temporaires et des activités pédagogiques et éducatives, d’installer un art/bookshop, ainsi qu’un espace événementiel et des bureaux. La rénovation coûterait donc 10 millions d’euros. L’IF a rendu vendredi dernier son avis qui « ne formule aucune opposition de principe sur le projet ». Mais, et c’est essentiel, « il conditionne cependant notamment son avis à l’organisation d’un sponsoring pour le financement des travaux », poursuit le ministre.

Il faut donc trouver un sponsoring difficile dans le climat actuel sur la plus grande partie [?] de ces dix millions d’euros. « Comme ce fut par exemple le cas avec le Musée Magritte », dit Courard. Aucun calendrier n’est annoncé. Mais surtout, rien n’est dit dans le communiqué concernant la construction d’un musée nouveau, d’un grand architecte, dans lequel viendraient ces collections (le Vanderboght abriterait alors les collections du musée des instruments de musique (MIM). Le danger est donc que le provisoire devienne définitif et que le musée reste au Vanderboght qui n’est pourtant pas idéal pour un tel musée. D’autant plus que pour le musée définitif, il faudrait encore faire appel à des sponsors pour des montants bien plus importants. Les sponsors seront-ils prêts à payer deux fois ? Mais Michel Draguet est bien déterminé à se battre sur les deux fronts.

Guy Duplat, La Libre, Mis en ligne le 06/02/2013

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