Communiqué de MsM, 22 octobre 2012

Le collectif MsM/MzM reste vigilant : trop de questions n’ont pas reçu de réponses.

Il attend que le ministre affirme clairement et fermement que les droits du public, bafoués par l’arbitraire du directeur général, sont au centre de ses préoccupations et que l’accessibilité de l’ensemble des collections est sa priorité.

Il maintiendra une pression, si nécessaire par de nouvelles actions, pour obtenir que les projets concernant les institutions concernées soient soumis à un vrai débat démocratique.

Le 1er février 2012 (un an après la fermeture du musée d’art moderne), le ministre Paul Magnette avait reconnu, devant Musée sans musée, que la situation des collections d’art moderne des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique n’était pas satisfaisante et ne pouvait se prolonger. La présentation des collections, réduite à la formule minimale du « Patio » improvisée par le directeur général, se révélait à ses yeux insuffisante. Les protestations assidues de Musée sans musée ne furent sans doute pas étrangères à la volonté affirmée par le ministre de faire avancer significativement les choses dans un délai rapproché. Les engagements pris par le ministre avaient amené le collectif MsM/MzM à déclarer une trêve dans ses manifestations contre la fermeture du Musée d’art moderne.

La presse avait largement relayé cette décision : l’art moderne resterait au Musée où les collections seraient à nouveau exposées dans un délai d’un an, un an et demi.

Lors d’une entrevue le 20 septembre avec le cabinet du ministre, le collectif MsM/MzM a été informé que cette solution était inapplicable : les salles des « extensions » (inaugurées en 1974 mais fermées depuis plus de 10 ans !) que le ministre avait en vue demandent en effet une rénovation lourde qui n’est pas envisageable pour le moment.

La solution qui est maintenant annoncée, « à moyen terme », est celle des anciens établissements  Vanderborght, que le cabinet du ministre considère comme aptes à répondre aux besoins. La Ville de Bruxelles mettrait le bâtiment gratuitement à la disposition de la Régie des Bâtiments, à charge à celle-ci de procéder aux travaux nécessaires. Environ  6.000 mètres carrés seraient disponibles pour accueillir non seulement les collections d’art moderne écartées par le directeur général, mais aussi une partie des réserves du Cinquantenaire. Vu le côté temporaire de la solution, un minimum de travaux seraient prévus. Aucun délai n’est pour autant fixé, aucune date n’est donnée, ni pour la mise en route ni pour l’achèvement des travaux. MsM/MzM considère donc cette solution avec scepticisme.

Que se passera-t-il réellement dans ce bâtiment ? Pourquoi le directeur général parle-t-il de « Postmodern Lab Museum » ? Que recouvre la dénomination « art moderne et contemporain » ? Les vastes collections d’œuvres du XIXe mises à l’écart depuis plusieurs années seront-elles exposées ? À quoi ressemblera un Musée d’art moderne et contemporain dont seront exclues la période « fin de siècle » ainsi que les œuvres de Magritte ?

Le collectif MsM/MzM persiste à dénoncer la désinvolture avec laquelle M. Draguet a créé de toutes pièces le problème de l’accessibilité des collections d’art moderne. Cette faute du directeur général s’ajoute à bien d’autres négligences qui lui sont imputables dans la gestion des Musées dont il a la responsabilité, telles les défaillances de plusieurs systèmes de climatisation qui ont endommagé des dizaines d’œuvres anciennes et la fermeture des salles contenant l’exceptionnelle collection d’esquisses de Rubens retirées à la vue des visiteurs depuis plus d’un an et demi.

Par ailleurs, le collectif MsM/MzM dénonce l’inadéquation des réformes structurelles contenues dans le « Contrat d’administration » du 7 juin 2012. Il s’associe aux critiques nombreuses formulées à propos du « pôle art » visant à rassembler sous la houlette d’un seul directeur les Musées royaux des Beaux-Arts, les Musées royaux d’Art et d’Histoire et l’Institut royal du Patrimoine artistique. Il s’oppose aux projets délirants de création de nouveaux musées thématiques impliquant des déplacement injustifiés de collections et des transformations lourdes totalement irréalistes, et qui ne répondent ni à des programmes scientifiques fondés, ni aux nécessités d’économie et de rationalisation que le « Contrat d’administration » prétend défendre.

« A long terme », la construction d’un « vrai » musée d’art moderne et contemporain est toujours d’actualité. Il n’est pas temps encore, apparemment, de savoir ni où, ni quand, ni comment. MsM/MzM soulève les questions de sa localisation, de son appellation, de sa mission et déplore l’incongruité qu’il y a de faire appel à des architectes-vedettes pour esquisser des bâtiments à construire alors que l’on n’a pas encore défini le contenu et le rôle que le nouveau musée est appelé à jouer à Bruxelles en tant qu’institution fédérale. Par contre, il estime qu’il est impératif de désigner dès maintenant une personnalité reconnue dans le monde de l’art moderne et contemporain pour piloter la création de ce Musée.

 

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Un commentaire  ici ou un e-mail : mail@msm-mzm.be

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1 commentaire

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Une réponse à “Communiqué de MsM, 22 octobre 2012

  1. Il faut que ce musée d’art contemporain retrouve rapidement sa place dans un projet réaliste, muséologique et de bon sens. Il faut que la gestion muséale aux normes internationales et actuelles remplacent l’événementiel hasardeux et polymorphe.

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