Réforme des musées: une modernisation qui inquiète

  • La réforme des musées prévue dans les années à venir concerne les musées des Beaux-Arts, du Cinquantenaire et de l’Irpa
  • Lundi, les 700 employés des musées fédéraux ont pu assister à une séance d’information sur leur avenir, c’est-à-dire sur la réforme dans les années à venir des musées des Beaux-Arts, du Cinquantenaire et de l’Irpa. La direction a expliqué qu’elle comptait les décloisonner, les harmoniser, et les rationaliser. Ce qui n’est pas encore très concret, et c’est d’ailleurs ça qui inquiète.

    Qui va devoir déménager, et comment ? Certains métiers risquent-ils de disparaître ? Pourra-t-on exposer plus de collections dans des bâtiments regroupés en un même pôle thématique ? Si le personnel comprend l’importance de consolider et de moderniser les musées d’art, il redoute surtout les effets pervers de la réforme. Alain Corton, des Musées Royaux d’art et d’Histoire, au Cinquantenaire, déclare : « Il y a de moins en moins de statutaires, ça c’est vrai. J’espère en tout cas qu’on gardera le personnel. Une des craintes est que la création de ces pôles efface l’identité de chaque musée en particulier. »

    Quant au spectre de la privatisation des musées fédéraux, Myriam Dhondt, des Musées Royaux des Beaux-Arts, espère ne pas devoir en arriver là. Elle commente : « Je pense plutôt au partenariat privé-public qui peut être vraiment porteur. »

    Côté direction, on se veut rassurant. Philippe Mettens, Président du Comité de direction de la politique scientifique fédérale, explique : « Le but n’est absolument pas de faire des économies, en tout cas des licenciements. L’objectif est avant tout d’optimiser l’ensemble des missions.’’

    Le secteur public pourra-t-il financer cette réforme ? Michel Draguet, directeur général des Musées des Beaux-Arts, souligne : « On n’a jamais de garantie pour rien, quoi qu’on entreprenne. Ce que je peux dire, c’est que le budget est énorme. Mais tout ne se fait pas en un an. »

    « Cette réforme est pharaonique et coûtera une fortune sans garantie de résultats », nous ont confié des travailleurs sous le couvert de l’anonymat. Il s’agit de témoins discrets qui redoutent les représailles de la direction.

    Audios : Écoutez Philippe Mettens, président du Comité de direction de la politique scientifique fédérale

    Jean-Claude Hennuy, RTBF, mardi 4 septembre 2012 à 11h31, 

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Une réponse à “Réforme des musées: une modernisation qui inquiète

  1. « Être gouverné, c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni titre, ni la science, ni la vertu… Être gouverné, c’est être à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C’est sous prétexte d’utilité publique et au nom de l’intérêt général être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre réclamation, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale ! »
    [Pierre Joseph Proudhon, Idée générale de la révolution au XIXe siècle, 1848]

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