La fusion des musées d’art fait grincer des dents

Le ministre de la Politique scientifique, Paul Magnette, a présenté le nouveau mode de fonctionnement des établissements scientifiques fédéraux pour les trois années à venir. Ils seront regroupés en différents pôles pour favoriser les synergies. La fusion du Musée royal des Beaux-Arts, de l’Institut du Patrimoine artistique (l’IRPA) et des Musées du Cinquentenaire au sein du pôle « art » fait des vagues dans le secteur culturel.

Le ministre Paul Magnette et le président du comité de direction de la Politique scientifique fédérale, Philippe Mettens, ont signé mardi midi à Bruxelles le contrat qui réforme le secteur en profondeur. Le contrat prévoit en effet la mise sur pied de pôles administratifs et le développement de synergies pour plus d’efficacité.

Ce contrat qui a fait l’objet, rappelle le ministre, d’une consultation approfondie de l’ensemble des acteurs concernés précise les objectifs assignés au département de la Politique scientifique pour les trois années à venir.

Cinq »pôles »

L’IRM, l’Observatoire royal et l’Institut d’aéronomie spatiale formeront ainsi le pôle « espace » et n’auront plus qu’un seul et unique directeur.

Idem pour le Musée des Beaux-Arts, l’Institut du Patrimoine artistique (l’IRPA), et le musée du Cinquantenaire au sein du pôle « art ». Il y aura aussi un pôle « documentation » (Archives du royaume et Bibliothèque royale) et un pôle « nature » avec le Museum des sciences naturelles et le Musée de l’Afrique centrale de Tervueren, sans que ceux-ci n’aient directement un directeur unique.

Cette réforme vise la mutualisation accrue des coûts de fonctionnement et de réaliser toutes les potentialités de collaborations, souligne Paul Magnette. Elle doit aussi permettre de s’intégrer plus facilement dans la dynamique européenne et internationale en matière de recherche, embraie Philippe Mettens, qui insiste sur l’importance de la création d’un pôle « espace » par exemple.

L’exemple du Musée Magritte

Le patron de l’administration de la politique scientifique veut aussi décloisonner les collections pour créer de nouveaux ensembles plus cohérents. On a fait ça par exemple avec le Musée Magritte: en réunissant le patrimoine existant dans nos musées et en le mettant dans un lieu visible.

Le succès était au rendez-vous. D’où l’idée de reproduire le schéma pour d’autres collections.

Mais l’idée fait peur à beaucoup d’acteurs du milieu culturel. Le Musée Magritte a vu le jour grâce au soutien financier d’une entreprise privée, GDF-Suez.

A terme, Georges Vercheval, de l’Asbl Culture et démocratie, redoute une privatisation de nos musées. Myriam Serck, ancienne directrice de l’IRPA, estime que c’est « un peu du vent de dire que cela suggérer des liens nouveauxLes liens entres les scientifiques existent depuis toujours« . Myriam Serck craint que les institutions scientifiques perdent leur identité et elle redoute les partenariats prévus avec le secteur privé, notamment pour le nouveau musée d’art moderne, qui fera prévaloir les expos « phares« , grand public.

Ecoutez le reportage de Daphné Van Ossel.

 

RTBF, JFH avec D. Van Ossel et Belga,  mardi 10 juillet 2012 

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