Le bon sens à l’oeuvre

Communiqué de MsM/MzM, le 20 février 2012

Depuis la fermeture du Musée d’art moderne, il y a un an, le collectif citoyen MsM/MzM exige (pétition de 3000 signatures, rassemblements, sensibilisation de l’enseignement et des média, des milieux politiques, associatifs, culturels…) le redéploiement des collections des 20e et 21e siècles, dès 2012.

Le 1er février 2012, à l’issue d’une 11e manifestation qui rassemblait près de 200 personnes dans un froid sibérien, la pétition a été remise au directeur général ainsi qu’au ministre de tutelle.

Quelques jours plus tard, le ministre Paul Magnette, en charge de la politique scientifique, a exposé sa vision (La Libre & De Standaard, vendredi 10 février).

  • Il décide d’affecter à l’art moderne un espace qui se trouve dans le musée-même. Réalisation dans un an , un an et demi. Il demandera à la Régie des Bâtiments que la rénovation de ces salles (vides depuis plusieurs années) soit prioritaire.
  • Le projet d’un nouveau grand musée d’art moderne et contemporain est toujours d’actualité ; cela prendra plus de dix ans. Trois pistes sont évoquées : parc du Cinquantenaire, quartier en reconversion ou périmètre du Mont des Arts.
  • Il renonce à la location d’un bâtiment transitoire pour abriter provisoirement les collections modernes.

« Le musée d’art moderne restera au musée des Beaux-Arts » : décision de bon sens et beau gâchis

Le ministre a cherché et a trouvé, dans le Musée même, un espace vide de 3000 à 5000 m2, que le directeur n’avait pas trouvé ! Un directeur a pu décider seul de la fermeture du musée d’art moderne, un ministre décide de l’affectation des salles. Reste donc dans le futur à déterminer qui décide quoi.

Les collections d’art moderne vont donc rejoindre – en 2013 ? – les salles qui au moment de leur inauguration en 1984 ont hébergé les collections du 19e siècle. Une partie de ces collections va constituer (nov. 2012) le Musée « fin de siècle » (fin du 19e siècle !), installé dans le bâtiment du Musée d’art moderne – vidé depuis février 2011 de ses œuvres des 20e et 21e siècles ! L’immeuble Altenloh destiné initialement aux expositions temporaires est transformé depuis 2009 en musée Magritte.

Laisser l’Art moderne et le 19e là où ils étaient, eut été trop simple, sans doute. Est-il tendancieux de voir dans ce ballet disgracieux un gaspillage de temps, d’argent, d’énergie ?

Décision ou promesse ? MsM/MzM fait le pari d’y croire tant la solution paraît empreinte de bon sens. Les rassemblements des premiers mercredis du mois sont dès lors suspendus.

MsM/MzM se réjouit que la priorité soit donnée aux bâtiments de la rue de la Régence et souhaite que les collections y soient redéployées dans les plus brefs délais.

Echaudé par trop de promesses non tenues, MsM/MzM veillera attentivement à l’exécution de cette décision et veillera à ce que ces espaces retrouvés ne constituent pas un pis aller et soient, comme promis par la direction, un « laboratoire » du futur musée d’art moderne et contemporain.

MsM demande que

  • TOUTES les salles des MRBAB actuellement fermées soient ré-ouvertes, afin que les collections des 15e , 16e, 17e, 18e et 19e siècles soient à nouveau présentées aux publics.
  • le redéploiement de l’ensemble des collections dans les espaces disponibles (un second plateau de plus de 3000 m2 est actuellement vide) soit prioritaire et préalable à un découpage thématique.

Musée thématique

Le découpage des collections en quartiers pour n’en garder que les « beaux morceaux » – en l’occurrence les morceaux les plus vendeurs – ne convainc pas :
  • Il rompt le fil de la lecture et présuppose que le visiteur – érudi ou non – possède le récit complet ; alors que les collections des MRBAB sont cousues d’un fil d’or, fil ininterrompu : les « beaux-arts » de nos régions du 15e siècle à aujourd’hui
  • Il oriente et cadenasse la lecture des collections.
  • Il privatise les musées par la création de partenariats « public-privé » exclusifs à l’exemple de celui du Musée Magritte (droits d’entrée distincts, gardiennage privé, etc.).
  • Il rend ces musées délocalisables : un musée d’art moderne par-ci, un musée Bruegel par là, un musée art nouveau ailleurs.

Et l’avenir ?

Certains rêvent d’un « Louvre », d’autres d’un « Guggenheim » , d’autres d’un « Reina Paola »… Rien de tout ça n’intéresse MsM/MzM ! Prendre modèle, c’est déjà être en retard. Il faut le courage d’imaginer un musée fédéral original, adapté aux collections et au service des publics. Il faut une vision. Et certainement pas la vision d’un seul. Accepter, à ce stade, de ne pas savoir. Il faut interroger et débattre : quelles collections ? quels publics ? quel projet ? quelle muséologie ? MsM/MzM veut contribuer à concevoir avec sérieux et inventivité, le musée contemporain à venir. MsM/MzM a entamé ce débat et le poursuivra.

MsM/MzM reste sur la brêche

Heureux des avancées, MsM/MzM défendra le temps qu’il faudra, une solution qui rende avec audace, exigence et inventivité, l’ensemble des collections à leurs publics.

MsM/MzM, véritable mouvement citoyen, est une force vive, une chance inouïe pour un Musée en quête de dialogue… Il peut être un levier efficace pour l’élaboration d’un musée d’art moderne et contemporain ancré dans la société.

 

Ces questions seront abordées lors d’un débat ouvert à tous, à l’ARBA/ESA, 144 rue du Midi, 1000 Bruxelles, le mardi 28 février à 18h.


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