Bruxelles-Bilbao, même combat ?

Tout projet de nouveau musée doit d’abord faire l’objet d’un débat public dans lequel le point de vue régional doit s’affirmer.

L’ARAU s’étonne que la Région laisse faire les choses à l’envers : laisser imposer une implantation dans les esprits avant de débattre du projet culturel, social, et urbanistique. La Région a elle-même perçu les enjeux des projets culturels, comme elle l’indique dans le Plan Régional de Développement de 2002 : « Un projet culturel fort est celui dans lequel la communauté urbaine se reconnaît. Cela suppose l’inscription du projet culturel au cœur de la ville et passe par la capacité à dessiner des parcours urbains. »

Depuis un an (fermeture temporaire du Musée d’Art Moderne pour rénovations), on assiste  à un  déferlement d’effets d’annonces dans les médias pour légitimer l’idée d’un « effet Bilbao » sur la capitale européenne.

Le syndrome de Bilbao se caractérise par la promotion d’un  » geste architectural fort « , via la création d’un nouveau musée d’art moderne et contemporain,  pour dynamiser (l’image de) la ville et la placer dans une compétition inter-villes.  Ce recours au musée Guggenheim de Bilbao comme projet exemplaire pose question  à travers l’instrumentalisation qui en est faite, car elle met en avant la seule success story du musée sans rappeler ni le contexte urbain de Bilbao, ni le rigoureux encadrement urbanistique dont il a fait l’objet dans la ville industrielle basque.

Aujourd’hui, les projets annoncés, divers, contradictoires, et néanmoins très précis, sont de grande ampleur. Si les bienfaits économiques et touristiques sont déjà extrapolés dans les articles et interviews, le projet urbanistique en tant que tel n’a pas fait l’objet de débats du côté des pouvoirs publics… entre autres parce qu’il n’existe pas encore.  Ne doit-il pourtant pas être à la base de toute réflexion ? Malgré ce flou, une implantation : sur la trémie recouverte du  Cinquantenaire, semble déjà décidée, la planification élaborée, les partenariats préparés… Dans la presse de 2011, un concours d’architecte a même déjà été annoncé pour janvier 2012 !
L’ARAU souhaite donc :

  • faire  un point  sur les mésaventures historiques et actuelles de la collection d’Art moderne ;
  • démontrer que si l’on veut importer un « effet Guggenheim »,  l’implantation ne devrait pas être celle du quartier européen, ni celle du Heysel ;
  • pointer la précipitation et le danger d’un concours d’architecture international ;
  • réaffirmer sa position pour une déconcentration des institutions muséales et contre un zoning touristico-muséal ;
  • et enfin se demander quel peut être le rôle de la Région bruxelloise dans ce projet.

Plan de l’analyse :

  • De la performativité des déclarations dans la presse de 2011. Mise en place d’un  » grand projet  » par des effets d’annonces successifs.
  • Petite charade : fantôme, de poche, caché, virtuel, enfoui : qui ai-je été et qui suis-je encore?
  • L’appel à Bilbao : un archétype aux supers pouvoirs ?
  • Le zoning des musées sur le Mont des Arts : pourquoi et comment s’en détacher
  • Quel est (peut être) le rôle de la Région bruxelloise dans ce dossier ?
  • Le concours d’architecture : la (mauvaise) charrue avant les bœufs

ARAU –  Publié le 31 janvier 2012

L’analyse complète en PDF

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Classé dans Actualités, Institutions & associations culturelles

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