La malédiction du musée

Cela tombe mal. Nous avions déjà annoncé depuis longtemps l’annulation de l’expo Klimt/Hoffmann/Stoclet au Cinquantenaire et, plus récemment, celle de l’expo « Le surréalisme à Paris » au musée des Beaux-Arts. Mais la conjonction des deux, jointe aux travaux qui n’en finissent pas dans ces musées et à la fermeture sine die du musée d’Art moderne, a brusquement jeté une lumière crue sur Michel Draguet, directeur des deux musées. Et cela au moment où le nouveau ministre, Paul Magnette, devrait bientôt décider du nouveau directeur au Cinquantenaire ( Draguet ou Constantin Charriot) et sur le dossier du futur possible musée d’Art moderne. Car comment peut-on décommander si tard ce qui devaient être les deux expos phares du début d’année? Il faut distinguer les cas.

Le principal responsable de l’annulation de l’expo Klimt/Hoffmann est à chercher dans la famille Stoclet. (…)

L’autre cas est plus curieux. D’abord, le conservateur Frédéric Leen avait expliqué que des prêteurs de cette expo qui avait commencé à Bâle, au Beyeler, ne voulaient plus prêter leurs œuvres à Bruxelles. Curieux, car une telle expo se prépare des mois à l’avance avec des contrats clairs. L’argument a changé avec Michel Draguet, expliquant qu’il restait assez de prêteurs (la Tate, le Reina Sofia, etc.) mais que le problème était budgétaire. « Le surréalisme à Paris » aurait représenté un investissement de 2 millions d’euros. Certes, l’expo aurait généré des rentrées mais, nous dit-il, il aurait fallu 300000 visiteurs pour la rentabiliser et « je ne pouvais prendre ce risque au moment où, fin janvier, nous serons en séminaire pour étudier les économies drastiques qu’on pourrait nous imposer ; on parle de 5 à 20 % en moins sur 3 ans ». Il réfute aussi l’explication basée sur le mauvais état de nombreuses salles en attente d’être rénovées par la Régie des Bâtiments. Il reste qu’il est dommage qu’en une année, on ait fermé le musée d’Art moderne et organisé aucune expo d’envergure. « Tout est mis sur le second semestre, nous dit-il, avec l’expo Jordaens et l’ouverture du Musée fin de siècle. » Faudra-t-il un jour suivre le Boijmans Van Beuningen ? Pour sa grande expo Van Eyck, privé de subventions publiques suffisantes, il en est réduit à faire la quête auprès du grand public pour trouver 1,4 million d’euros !

La malédiction du musée

Guy Duplat, La Libre, Mis en ligne le 21/01/2012

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