Coup de griffes

A propos de la fermeture du Musée d’art moderne. Suite.

Le mouvement de protestation porté par la plate-forme musée sans musée / museum zonder muséum ne faiblit pas. Le rendez-vous mensuel des défenseurs d’un musée d’art moderne vivant, à Bruxelles, a donné lieu le mercredi 7 septembre à une partie de tennis drolatique et mémorable. Illustration ludique et incisive de l’immobilité et de l’absurdité muséales, cette performance a vilipendé avec humour les choix – ou les non choix – qui sont à l’œuvre aujourd’hui aux Musées royaux des Beaux-arts. Ce mouvement nous intéresse parce qu’il interroge, bien au-delà d’un contexte politique et culturel particulièrement difficile, la question de la place et de la fonction du musée dans la société contemporaine. Est-ce bien encore, comme le posait l’ICOM (International Council of muséums) en 2007 « une institution permanente sans but lucratif au service de la société et de son développement ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d’études, d’éducation et de délectation. » ? Et si ce n’est plus tout à fait cela, ou pas seulement cela, qu’est-ce ?

Nous vous invitons à participer à ce débat culturel et évidemment citoyen. Son enjeu est rappelé dans le dernier communiqué de la plate-forme musée sans musée / museum zonder muséum: « On nous annonce un nouveau musée d’art moderne et contemporain dans 20 ans : Bravo !? Une solution intermédiaire dès 2012 dans les anciens établissements Vanderborght (à partager avec la Monnaie). Ceux-ci abriteraient un «laboratoire» qui préfigurerait le futur musée d’art moderne et contemporain. Encore bravo ! Nous sommes vigilants et le resterons tant que ces projets ne se transformeront pas en réalités concrètes. Notre demande n’a pas changé. Nous voulons, dès 2012, un redéploiement permanent des collections du XX° et du XXI° siècle. Nous sommes aussi sceptiques. Nous constatons en effet que les musées publics européens sont de plus en plus soumis à des pressions politiques et marchandes (collectionneurs, marché de l’art, tourisme, sous-traitants.. ). Cette double dépendance entrave la liberté et oriente les choix des directeurs de musée. La situation actuelle des MRBAB (Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique), tant dans leurs infrastructures que dans la présentation des collections permanentes d’art ancien et d’art moderne, s’inscrit dans ce contexte général de transformation, voire de dérive. Les musées sont tentés de donner la priorité à l’évènement aux dépens de leurs fonctions de conservation des œuvres et d’exposition du patrimoine au public. Le débat est là. Entamons-le ! »

Nous vous rappelons le rendez-vous fixé par la plate-forme musée sans musée / museum zonder muséum le mercredi 5 octobre prochain à 13 heures, rue de la Régence.
Informations complètes sur le site www.museesansmusee.wordpress.com

Sabine de Ville

La Lettre de Culture et Démocratie

n°56-23/09/2011

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Classé dans Culture et Démocratie, Dans la Presse & les Media, Humeurs

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