Un grand musée d’art moderne !

Le grand projet d’un “Guggenheim” à Bruxelles commence à s’ébaucher.

Ce mercredi à 13h, comme chaque début du mois, une manifestation se tiendra devant le musée des Beaux-Arts à Bruxelles, pour protester contre la fermeture sine die du musée d’Art moderne. Les manifestants font signer une pétition : « Refusons la fermeture du musée d’Art moderne ! Ce musée nous appartient. »

Une des réponses de Michel Draguet, le directeur du musée qui décida de cette fermeture, est la nécessité de lancer un vaste projet de construction d’un nouveau musée d’art moderne, avec un geste architectural fort, et qui abriterait les collections d’art moderne et contemporain. Ce projet sort un peu du brouillard. C’est Alain Courtois (MR), l’homme de la candidature belge au « Mundial » de football, qui a lancé l’idée d’un « Guggenheim à Bruxelles » pour y attirer des visiteurs et accroître son statut de capitale de l’Europe. La ministre Laruelle, le directeur de l’administration (Mettens) et Michel Draguet suivent son initiative avec sympathie, même si celle-ci, dans le meilleur des cas, ne verrait le jour que dans dix ans au plus tôt. Ce n’est donc qu’une réponse certes ambitieuse, mais encore fort incertaine et très lointaine aux demandes des milieux artistiques contestataires.

Alain Courtois avance dans son idée : il a mis sur pied un « groupe opérationnel » et, en juin, il installera ce qu’il appelle un « comité de patronage » avec une brochette de très grands industriels belges qui viendraient à titre personnel comme soutiens au projet. Car ce musée, équivalent du centre Pompidou de Metz ou du Louvre à Lens, devrait être entièrement financé par le privé (sponsors, mécènes). Ce comité permettrait aussi de donner plus de crédit à ce qui n’est encore qu’une idée.

Un tel musée aurait 10 000 m2, coûterait 65 à 70 millions d’euros et dépendrait des musées fédéraux. Il serait, statutairement, une annexe des musées royaux des Beaux-Arts (comme le musée Magritte), accueillant ses collections d’art moderne et contemporain « et, sans doute, des collections venues de collectionneurs privés qui ont déjà marqué leur intérêt ».

Entretemps, Alain Courtois et son petit groupe ont déjà recherché un lieu d’implantation. Ils ont passé tout en revue, depuis le siège de Fortis, à côté de Bozar, jusqu’à celui de la CGER rue Fossé aux loups ou Tours&Taxis. Le lieu le plus beau, le plus fou, serait dans le parc du Cinquantenaire, sur une grande dalle qui serait placée sur la trémie (l’autoroute urbaine) qui troue le parc. Mais la dalle représenterait un surcoût de 15 millions d’euros. Mais là, le musée serait, en plus, au cœur du quartier européen. La ville de Bruxelles propose plutôt le Heysel. Un autre lieu possible serait au boulevard Pacheco, à côté de l’immeuble Dexia et du Passage 44, en face de l’ex-Cité administrative rénovée.

Pour Courtois, il faut d’abord trouver ce terrain qui serait cédé au musée par un bail emphytéotique.

Le lieu déterminé, la structure juridique fixée (le musée resterait de la compétence fédérale même s’il s’autofinancerait entièrement), la base des collections fixée, un comité de patronage institué, Courtois confierait alors le projet à un grand cabinet d’audit pour qu’il réalise un « business plan » : Y a-t-il de la place à Bruxelles pour un musée comme ça ? Comment devrait-il être défini ? Serait-il « rentable » ? Car trouver l’argent pour construire un musée est plus simple que de le faire ensuite vivre et croître. Alain Courtois espère avoir ce « business plan » à l’automne 2012 pour pouvoir avancer. Le temps peut-être aussi d’avoir un coup de pouce du fédéral (par exemple, sous forme de « tax shelter », avantage fiscal, aux investisseurs).

Guy Duplat. La Libre. Mis en ligne le 01/06/2011

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