Avis de fermeture

Le Musée d’Art Moderne est fermé depuis le 1er février.

Hibernation prolongée ou euthanasie?

Monsieur le Directeur a reçu quelques uns d’entre nous pour expliquer ?, dialoguer ? ou comme il l’a rappelé en nous quittant, juxtaposer deux monologues….

Monsieur le Directeur nous a rappelé l’histoire du Musée d’Art Moderne, “Son histoire.

Il dit regretter la fermeture mais avoir été contraint à poser ce geste fort pour réveiller les diverses instances somnolentes, hésitantes, qui l’entourent : ministres, admninistrations, gent politique et autres acteurs y compris le personnel.

Par des images fortes, il nous a expliqué au cours de cet entretien ce qu’était devenue, avant son arrivée, la présentation de la section art moderne dans les sous-sols de ce puits de lumière, à ses yeux, peu conforme à une présentation d’art contemporain : un ensemble relativement poussiéreux ayant généré un kyste qu’il s’est appliqué à extraire du tissu malade.

Ce kyste rassemblait plusieurs œuvres (plus d’une cinquantaine pour un seul artiste) d’un certain Magritte, qui menaçait de phagocyter complètement l’accrochage des œuvres dites modernes.

Pour éviter la contagion il a préféré isoler la tumeur et la livrer à l’attention bienveillante des gardes Securitas au sein d’une muséologie aseptisée d’hôpital de luxe.

Le malade étant soulagé, il valait mieux l’euthanasier dans ce court répit laissé par la maladie.

Il a donc fermé le Musée d’Art Moderne.

L’intérêt immédiat était bien celui de la section“Art Moderne“.

Ce département sera remplacé dans son mausolée par l’enterrement de première classe d’une “prestigieuse“ collection qui, elle, ne craint pas la claustrophobie, car dans un même geste novateur, certain envisage de fermer ce puits de lumière, dont la dangerosité frise celle du Capitole, et qui, si une action diligente n’est pas prise, risque bientôt de ressembler à un tumulus mortuaire plutôt qu’à un puits de lumière.

Monsieur le Directeur a également fait l’apologie d’un Mont des Arts, véritable réseau souterrain (!) que ne renierait pas un conspirateur patenté, déployant d’étonnantes ramifications de l’un à l’autre pôle culturel, un entrelac de connections s’étendant du PBA à la Bibliothèque royale et au MIM (dépendant à titre temporaire de sa tutelle) permettant de circuler au sein d’un ténébreux royaume en toute sécurité et sans trop se mouiller : le Mont des Arts, quel fromage!

Cela faisant, il n’explique pas pourquoi il a choisi de maintenir et moderniser une section “art fin de siècle“.La chronologie est certes aléatoire, et n’a rien à voir avec ses préférences personnelles, ses thèses brillamment réussies, ses publications.

Il aurait pu faire le pari inverse, et réaffecter l’entiéreté du bâtiment de Roger Bastin à une lecture dynamique des collections contemporaines.

Il aurait pu initier une réflexion préalable avec des acteurs du monde culturel.

Ne soyons pas mesquins, respectons le fait du Prince, visionnaire.

Daniel Locus, 10 avril 2011


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